Du 31 juillet au 9 août, l’Ufolep a déployé sa palette d’activités dans l’enceinte du château de Vincennes (Val-de-Marne) lors d’un Festival européen du sport adossé à Paris 2024.
Célébrer et pratiquer, avec d’un côté des écrans géants permettant de vibrer aux épreuves retransmises en direct, et de l’autre un large panel d’activités sportives : c’est ce qu’a proposé durant les Jeux olympiques le site animé par l’UCPA dans l’enceinte du château de Vincennes1. Dans le cadre de cette fan zone, du 31 juillet au 9 août l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) a animé avec dix partenaires européens2 et l’Ufolep un Festival du sport. Le site était accessible de midi (9 heures le week-end) à 23 heures, les activités Ufolep-Insep s’interrompant pour leur part à 18 heures.
Équipe mixte. L’équipe Ufolep mobilisée pour l’occasion associait des membres de la direction nationale et des animateurs et animatrices professionnels et bénévoles des comités franciliens, venus avec leur propre matériel. Ceci avec la contrainte d’avoir à monter et démonter chaque jour les structures gonflables, pour une affluence moyenne de 300 personnes, entre touristes français et étrangers et groupes d’enfants des centres de loisirs.
Activités. La palette des sports proposés par l’Ufolep et ses partenaires était large : badminton, basket-ball, basket-fauteuil, boccia, chase-tag, cécifoot, danses urbaines, dodgeball, escrime, football et pana, goal-ball, gymnastique, handball, hockey, mölkky, para-badminton, para-escrime, pickle ball, rugby, rugby-fauteuil, saut à la perche, savate, sports d'opposition, street work out, tennis, tambourin, volley-ball, volley assis... Plus des jeux traditionnels, des démonstrations de riders et des animations breakdance et sport santé. Un vrai programme olympique bis !
Espaces. Les activités s’enchaînaient sur quatre espaces distincts : jeux et sports traditionnels d’Europe (comme du football gaélique) ; associations (avec Play International, Sport dans la ville, la Fondation Alice Milliat, la Pride House, etc.) ; multisport et activités innovantes ; et enfin des jeux en accès libre, pour lesquels il fallait toutefois, comme pour les autres espaces, préalablement s’inscrire avant de pratiquer par exemple du baby-foot géant à 8 contre 8. Ces deux derniers espaces étaient animés par l’Ufolep, avec le souci de permettre une pratique intergénérationnelle enfants-parents.
Centres de loisirs. Après les centres de loisirs de Saint-Mandé, Bondy et Charenton les jours précédents, le vendredi 2 août après-midi c’était au tour de celui de Joinville-le-Pont de plonger dans cette ambiance olympique 48 enfants. Répartis en groupes, ils ont pratiqué successivement trois activités parmi le laser run, la danse, le foot-panna et le tir à l’arc.
Voisins et touristes. Le lendemain samedi, le public réunissait cette fois des Vincennois et des voisins des communes proches et des touristes étrangers et français. Un melting-pot franco-européen bien dans l’esprit de la grande kermesse que furent l’espace de deux semaines les Jeux olympiques de Paris !
Kid Bike. Un parcours kid bike était proposé aux plus jeunes. Ce matin-là, après avoir choisi sa monture parmi un large éventail de vélos et draisiennes, casque sur la tête le petit Siméon est le premier à s’élancer, fort des conseils prodigués par les animateurs Ufolep. Mis en confiance, il effectue ensuite le parcours en autonomie et en respectant parfaitement code de la route, tandis que maman immortalise ce moment en le filmant avec son smartphone.
Au pied du donjon. La fan zone était implantée dans l’enceinte du château de Vincennes, forteresse médiévale qui abrite le service historique de la Défense. C’est le plus grand château royal subsistant en France, avec son donjon haut de 52 mètres et sa splendide Sainte-Chapelle achevée au XVIe siècle. Sans même visiter l’un ou l’autre, évoluer à l’ombre de ces témoins du passé conférait un relief supplémentaire aux ateliers sportifs.
Rosemary Paul-Chopin
(1) En collaboration avec la Ville de Vincennes, le ministère des Armées et le Centre des monuments nationaux (le site est à la fois militaire et patrimonial), avec le soutien de la Métropole du Grand Paris et de la région Île-de-France.
(2) Centre olympique de Berlin, Institut du sport d’Irlande, Centre d’Alt Rendiment Barcelone, Centre de haute performance de Kuortane (Finlande), Centre de développement de la Confédération sportive suédoise, Centre d’Alto Rendimiento do Jamor (Portugal), Institut de haute performance sportive du Luxembourg, Académie sportive nationale Vassil Levski (Bulgarie) et Centre olympique de Voralberg (Autriche).
« J’ai toujours vécu le sport comme vecteur d’intégration, notamment dans les vestiaires de football de la banlieue parisienne », explique Bernard Pouget, 62 ans, qui a grandi à Champigny (94) avant de s’établir à Athis-Mons (91), puis de s’exiler sur les terres bretonnes de son épouse pour élever cinq enfants à l’air marin. Le titi parisien rejoint alors le Stade Lamballais, club apôtre du beau jeu et de l’autogestion des joueurs1, où il pratique et s’investit comme dirigeant.
Responsable régional du Crédit social des fonctionnaires – organisme qui joue notamment le rôle de courtier pour faciliter leurs transactions immobilières –, il croise la Ligue de l’enseignement des Côtes-d’Armor, dont il intègre le conseil d’administration en 2009. Cinq ans plus tard, son expérience associative et ses compétences financières en font l’homme de la situation pour redresser les comptes d’un comité Ufolep très endetté.
Sous sa présidence, ce redressement financier s’accompagne du développement du secteur sport société (UfoStreet, Maison Sport Santé à Dinan, interventions en milieu carcéral, etc.), parallèlement à une pratique sportive associative traditionnelle dominée par la gymnastique bien-être. « Le comité, dont l’image avait été écornée, a aujourd’hui retrouvé la confiance des acteurs publics et des partenaires, et peut s’appuyer sur une équipe de salariés qui représente 7 ETP (équivalent temps plein) », précise-t-il.
Le vice-président de l’Ufolep Bretagne a intégré le groupe de travail « région » et suivra plus précisément celle des Pays-de-la-Loire. Et aussi la commission nationale football, où il compte présenter les expérimentations menées en Côtes-d’Armor sur le foot féminin et le foot en marchant. Ph.B.
Athlète et rugbyman dans sa jeunesse, Rémi Callegari, 73 ans, est venu à l’Ufolep par ses filles, licenciées de gymnastique à L’Espérance de Champs-sur-Marne, dont il devient président à l’âge de 30 ans. « Pas tout à fait un hasard puisqu’un de mes oncles dirigeait un club de gym au Blanc-Mesnil », explique celui qui a achevé sa carrière à Air France à la maintenance en ligne des Boeing, responsable du service chargé d’analyser les pannes et d’organiser les dépannages à Roissy et dans toutes les escales du monde.
Investi dans un premier temps au sein des commissions départementale et régionale gym, puis auprès des comités de Seine-et-Marne et d’Île-de-France, Rémi Callegari assume la présidence de l’Ufolep 77 depuis 2017. « Au sein du comité directeur national, je serai chargé du multisport et du suivi des régions Nord-Pas-de-Calais et Bourgogne-Franche Comté », explique-t-il. « Il s’agit aussi de m’intégrer à un collège d’élus soudés par leur expérience commune. Et j’ai vite pris conscience des différents points de vue qui peuvent exister au sein d’un mouvement comme la Ligue de l’enseignement, débats qui font écho pour moi à ceux que peut avoir un responsable sportif avec une équipe municipale ou un conseil départemental. »
C’est par la marche nordique que Christine Clément, 51 ans, infirmière anesthésiste à l’hôpital d’Angoulême, arrive en 2013 à l’Ufolep. Cette ancienne nageuse et licenciée de sport scolaire (handball et basket à l’UNSS) avait auparavant toujours eu une pratique sportive associative et connaissait l’Ufolep, par son père rugbyman Ufolep à Souillac (Lot) durant ses années étudiantes…
Dès 2016, Christine Clément devient animatrice, puis formatrice, et intègre la commission nationale et le comité départemental de la Charente. Secrétaire de son association Nordic Charente (110 licenciés), elle en prend la présidence l’an passé. « Ma candidature au comité directeur national était une façon d’aller au bout de mon engagement à l’Ufolep, au nom de valeurs humanistes et citoyennes dans lesquelles je me reconnais, dans la continuité de ce que je vis localement. J’espère apporter mes connaissances au sein de la commission médicale, tout en continuant de m’investir auprès marche nordique. Et je suivrai l’activité Sam-Clap, sachant que le modélisme est un domaine neuf pour moi ! »
Christine Clément attend avec impatience les Journées fédérales du Pradet, en octobre, pour mieux connaître le réseau Ufolep. Encore dans une position d’« observatrice », elle dit avoir été « impressionnée » par l’aisance des élus plus expérimentés lors du séminaire de juillet. « Mais à l’avenir je compte aussi défendre mes petites idées ! »
Élu en avril à l’Assemblée générale de Lille, Patrick Jany succède à Henri Quatrefages dans l’animation politique du pôle « sport société » de l’Ufolep.
« Retraité de l’Éducation nationale, j’ai fait l’essentiel de ma carrière comme directeur d’école à Albi, après avoir débuté comme instituteur en milieu rural. Parallèlement, j’étais coordonnateur en éducation prioritaire. J’ai aussi rempli des missions sur le climat scolaire » explique Patrick Jany, 63 ans. Une expérience qu’il mettra à profit dans ses fonctions de vice-président en charge du pôle « sport société ».
« Parallèlement, côté associatif et sportif, j’ai pratiqué le football jusqu’à 25 ans et le volley jusqu’à 40, avant d’entraîner les jeunes de mon club de Saint-Juéry, dont j’étais membre du conseil d’administration. » Patrick Jany est ensuite délégué Ufolep-Usep du Tarn de 1994 à 1997.
Redevenu bénévole, il intègre la commission départementale volley, puis la commission nationale. Président de son comité de 2008 à 2021, il est à présent à la tête du comité Occitanie-Pyrénées-Méditerranée. « Au regard des compétences dévolues aujourd’hui aux régions, je suis convaincu qu’il faut leur donner une plus grande place dans notre organisation interne. C’est l’un des points que je souhaite porter au sein du comité directeur. »
Patrick Jany insiste aussi sur son attachement à l’Ufolep, « une fédération que j’ai appris à aimer », et se félicite de « son évolution récente, en prise avec les enjeux de société ». « On demande aujourd’hui au sport d’être un outil éducatif, de santé, d’insertion. Il peut l’être, et contribuer à améliorer la société. Le sport offre un environnement où l’on peut construire la citoyenneté, en faisant de l’association un lieu de convivialité et d’apaisement. Mais cela exige un accompagnement. »
En charge de l’animation politique du pôle sport société, il voit « beaucoup de chantiers et de partenariats à développer ». « On compte sur nous, dans notre réseau et parmi les bénéficiaires de nos actions : il n’y a qu’à voir l’intérêt rencontré par nos dispositifs et le Festival du sport autrement ! Parallèlement, les politiques publiques rejoignent de plus en plus nos préoccupations et apportent leur soutien à des projets que l’Ufolep est souvent la seule à proposer. » Ph.B.
Les semaines et les mois qui viennent décideront de l’héritage des Jeux olympiques et paralympiques.
Sans céder à l’emphase, on peut affirmer que la parenthèse olympique et paralympique de l’été fut unique et mémorable, tant la ferveur suscitée par le rendez-vous de Paris 2024 fut largement partagée. Derrière les émotions nées du somptueux spectacle offert par les athlètes et les cérémonies d’ouverture et de clôture, ces Jeux ont aussi traduit une vision de notre société. Cette réussite nous oblige et constitue déjà un marqueur fort de la rentrée sportive.
Transformer l’envie. Ces dernières années, et avec plus d’acuité encore ces derniers mois, l’Ufolep a affirmé et préparé sa participation dans la valorisation et dans l’animation de ces Jeux. Notre fédération remplira aussi son rôle dans leur héritage, avec pour premier défi la traduction en une pratique physique et sportive régulière l’envie née par ces Jeux. Les jeunes, tout particulièrement, souhaiteront découvrir les sports où se sont illustrés les champions et les championnes qui leur ont procuré tant d’émotions positives. Et si les fédérations entièrement consacrées aux sports les plus médiatisés seront les premières à en recueillir les fruits, une fédération loisir et multisport comme l’Ufolep en profitera aussi. Il y a trois ans, au lendemain des Jeux de Tokyo, la médaille d’or de l’équipe de France masculine de volley avait favorisé une hausse de 17% de nos licenciés dans cette discipline.
Certes, comme celles d’autres fédérations nos associations seront parfois limitées par le nombre de créneaux disponibles ou de bénévoles pour les animer. Mais la bienveillance de nos éducatrices et de nos éducateurs, ainsi que l’entrée progressive dans l’activité qu’ils proposent en vertu de notre projet fédéral multisports, sont un atout déterminant pour que l’envie d’un été s’épanouisse dans une pratique durable. Le fait d’avoir accueilli la saison passée plus de 18 000 nouvelles et nouveaux licenciés, de la pratique purement loisir au plaisir de se confronter aux autres dans des formes de compétitions adaptées, n’est-il pas la meilleure preuve du savoir-faire de nos associations ? L’Ufolep sait s’adapter aux aspirations de toutes et tous, jeunes et moins jeunes, et le plan d’accueil spécialement élaboré à la demande du ministère chargé des Sports est un atout supplémentaire pour y réussir.
Partout en France. Il importe également de garantir territorialement la possibilité de pratiquer : en métropole et outremer, en zone rurale, en ville et dans les quartiers populaires. L’Ufolep s’appuie pour cela sur ses 7 200 associations, sur des dispositifs et des évènements comme les tournois Ufostreet, ainsi que sur ses Maisons sport santé, dont 65 sont aujourd’hui implantées dans de territoires prioritaires. Le déploiement de nombreuses activités sportives « au cœur des villages » dans le cadre de la Grande Cause nationale 2024 (lire page 23) est encore venue illustrer la qualité de ce maillage territorial.
Assurance. Cette rentrée sera enfin marquée par les évolutions proposées par notre nouvel assureur et les modalités liées à ce changement. Les nouvelles propositions assurantielles doivent permettre de mieux répondre aux attentes et aux besoins de toutes les associations. Les nouveaux outils numériques sont prêts et, en lien avec le centre confédéral de la Ligue de l’enseignement, de nouvelles fonctionnalités de notre logiciel d’affiliation vont renforcer certaines automatisations, permettre une meilleure ergonomie et simplifier la tâche des bénévoles qui réalisent souvent ce travail administratif avec les comités.
Cette rentrée s’annonce donc passionnante. Alors que notre fédération est plus que jamais reconnue pour son dynamisme et ses engagements citoyens, il nous incombe de transformer la ferveur olympique en idéal sportif et républicain, en faisant rimer dans nos associations plaisir de la pratique et émancipation.
Arnaud Jean, président de l’Ufolep
Écoles, collèges, Savoir Rouler à Vélo : l’Ufolep Creuse est partout, explique sa directrice, Véronique Michnovsky.
Temps périscolaire. « Nous restons sur la dynamique impulsée en 2013, quand furent instaurés les nouveaux rythmes scolaires. Nous avions alors renforcé notre équipe d’éducateurs sportifs pour ajouter ce public à celui des relais d’assistantes maternelles, des écoles de sports, des activités d’expression et des seniors. Pour nos six éducateurs, ces interventions représentent au moins deux heures par jour sur cinq jours, après la classe à une exception près, et sur tout notre territoire sauf à Guéret. Nous sommes bien identifiés par les équipes enseignantes et les élus et, pour cette rentrée, trois écoles supplémentaires nous ont sollicités. Pour y répondre, nous avons réorganisé nos plannings, en bousculant un peu l’horaire des cours seniors ! »
Temps scolaire. « Nous intervenons en temps scolaire pour trois écoles en regroupement pédagogique intercommunal (RPI) à Roches et Clugnat. À la demande des enseignants, nous avons animéun projet pédagogique autour de l’olympisme qu’ils ne se sentaient pas en mesure de proposer seuls. Nous apportons aussi le matériel pour ces séances de 1 h 30 concentrées sur un trimestre et consacrées à la découverte de sports peu connus. Présents lors des séances, en classe les enseignants mènent en parallèle des travaux sur l’olympisme.
Toujours en temps scolaire, nous proposons régulièrement des animations vélo et des initiations aux "gestes qui sauvent" à l’école de Saint-Laurent, près de Guéret. La prise en charge passe par le dispositif Ufobox, avec une prestation facturée à l’école, à l’association de parents d’élèves ou à la mairie. De mon côté, je sollicite des subventions auprès du conseil départemental, de l’Agence régionale de santé, etc. Ces petits montants réunis permettent de boucler le budget. »
Sport au collège. « Nous entamons au collège Martin-Nadaud de Guéret notre 3e année d’intervention sur le dispositif des "deux heures de sport en plus", avec une formule spécifique : non pas 2 h mais 1 h tous les mardis, pour une quinzaine d’élèves de la 6e à la 3e ayant un handicap social, des problèmes de comportement et aucune appétence pour l’activité physique. L’un d’eux est diagnostiqué autiste, un autre souffre de déficience auditive, certains sont des enfants maltraités ou ont des vies compliquées... À la demande de l’équipe pédagogique, nous travaillons sur "l’aller vers", avec une progression de l’individuel vers le collectif et la cohésion d’équipe. Ceci avec l’objectif que ces enfants puissent ensuite pratiquer le sport scolaire à l’UNSS ou rejoindre un club.
L’animation se fait en collaboration avec les professeurs d’EPS, l’éducateur Ufolep étant l’élément extérieur apportant de nouvelles pratiques. Une heure, cela suffit à leurs yeux pour des enfants très peu sportifs.
Dans le cadre du projet, nous avons initié le principe d’une sortie commune avec d’autres collégiens bénéficiant du dispositif selon une formule plus classique : 2 heures de mono-activité, football et basket, pour des jeunes souvent déjà licenciés à l’UNSS. Alors qu’à l’Ufolep nous proposons du multisport avec une visée pédagogique particulière. » Recueilli par Ph.B.
L’Ufolep du Var est l’un des comités engagés dans le dispositif « 2 heures de sport en plus au collège » à Toulon et Hyères. Les détails avec le délégué départemental, Olivier Durand.
Boxe et multisport. « Depuis octobre 2023, nous intervenons au collège de la Marquisanne de Toulon, en prolongement de projets menés auparavant dans le cadre des Cités éducatives. La demande initiale portait sur de la boxe et du parkour, mais au fil de l’année nous avons proposé d’autres activités. Depuis décembre, nous animons aussi trois modules distincts au collège Marcel-Rivière de Hyères. Là aussi, la connexion s’est établie à travers de précédentes collaborations autour du dispositif Sport Déclic et des Cités éducatives. Et, là aussi, la demande de départ concernait la boxe. Nous y avons répondu, mais aussi construit deux autres modules avec l’équipe pédagogique. Le premier module s’est appuyé sur du double dutch (saut à la corde en équipe) et du pannafoot (opposition en un contre un), deux activités du dispositif Ufostreet. Le second module proposait des activités multisports, en lien avec les Jeux olympiques et paralympiques, et s’adressait plus particulièrement aux élèves d’une classe Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire). « Ces actions font d’autant plus sens pour nous qu’elles entretiennent ou renforcent le lien déjà tissés en dehors du collège avec les jeunes de ces quartiers politique de la Ville. »
Décrocheurs. « Nous avons animé en 2023-2024 des séances hebdomadaires de 3 heures de sport à destination de collégiens dans le cadre de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS). Cela passe par des cycles de découverte, dans l’enceinte du collège et hors les murs : sports de combat, de raquette, collectifs, ou encore un cycle paralympique autour du basket-fauteuil et des ateliers sécurité routière. Toujours avec l’idée d’utiliser le sport pour développer les compétences psychosociales de ces jeunes. » Ph.B.
Dans le Gers, Simon Duran est le délégué départemental commun aux deux fédérations.
« La synergie avec l’Usep se traduit notamment par des réponses communes à des appels à projets, que ceux-ci portent sur le sport-santé, le Savoir Rouler à Vélo, ou s’inscrivent dans le cadre de la politique de la Ville », explique Simon Duran. Le sport-santé est ainsi travaillé avec les communautés de communes Gascogne toulousaine et Grand Auch Cœur de Gascogne, avec une continuité pédagogique temps scolaire-temps périscolaire. Même logique pour les cycles d’apprentissage du Savoir Rouler à Vélo, prolongés après la cloche ait sonné. Les animations multisports dans le QPV d’Auch débordent même sur l’extra-scolaire, avec les interventions du samedi matin de l’association Ufosport 32, émanation du comité.
Minibus. Cette synergie s’incarne aussi dans le minibus chargé de matériel multisport qui visite les écoles sous une double bannière. « Généralement, nous couplons une intervention Usep en début d’après-midi et une animation Ufolep après 16 heures, sur des cycles de 6 séances correspondant à une période scolaire », explique Simon Duran. Ceci avec le même éducateur, souvent épaulé d’un jeune volontaire en service civique, comme pour l’apprentissage du Savoir Rouler par les classes engagées dans P’tit Tour Usep.
Vélo. Le vélo est l’activité où le lien est le plus facile à tisser entre l’école et les associations Ufolep locales. « Lorsqu’un club cycliste Ufolep est présent sur le territoire, nous le sollicitons pour renforcer l'encadrement des sorties sur route », précise Simon Duran. Autre exemple, la journée Kid bike Ufolep organisée fin juin à Montégut était ouverte aux licenciés Usep. « Une dizaine d’enfants des villages alentour, accompagnés de leurs parents, ont participé aux ateliers : une façon de mettre en valeur la vitalité de nos écoles VTT et de donner envie de les rejoindre ! Et, toujours pour favoriser la dynamique école-club, nos formations d’animateurs école de vélo-VTT comportent un module délivrant l’agrément Éducation nationale, indispensable pour accompagner les classes sur la route. » Ph.B.
Avant de présider l’Ufolep, Arnaud Jean fut un jeune professeur des écoles vite embauché par l’Usep Loiret. Aussi est-il bien placé pour évoquer la fibre éducative de la fédération.
Arnaud Jean, les trois derniers présidents de l’Ufolep, Marc Derive (1995-2000), Philippe Machu (2000-2018) et vous-mêmes, êtes « instituteurs » de formation. Est-ce une coïncidence ?
Certainement pas. L’Ufolep conserve un lien fort avec l’éducation, même s’il s’agit davantage de l’éducation populaire, non formelle. L’aspiration éducative de notre projet s’est également longtemps incarnée en des personnes qui baignent dans le champ de l’éducation. Mais cela ne signifie pas pour autant que l’Ufolep est réservée aux enseignants !
Qu’est-ce qui demeure aujourd’hui, dans la culture Ufolep, de la proximité historique de ses dirigeants avec l’école ?
Peut-être la place des sports collectifs, qu’il s’agisse des disciplines traditionnelles comme le football ou le volley ou de celles, plus innovantes, proposées dans le cadre du multisport. Mais cela est aussi vrai pour les fédérations délégataires, où l’on retrouve souvent des dirigeants issus de l’Éducation nationale. Il y a aussi notre volonté de prolonger les acquis de l’EPS, notamment dans les amicales laïques et les cercles périscolaires. C’est enfin notre très fort engagement dans le domaine de la formation, avec pour caractéristique d’échapper au cadre de l’Éducation nationale pour s’adresser à un public de décrocheurs dans nos parcours coordonnés, et l’engagement dans le dispositif Sésame. Nous sommes aussi partenaires des Écoles de la deuxième chance (E2C). D’une certaine façon, l’Ufolep est d’ailleurs elle-même, dans le champ du sport, une sorte d’école de la deuxième chance !
Cette proximité se retrouve-t-elle parmi les militants bénévoles ?
Oui, nombre de dirigeants de terrain sont des enseignants, en fonction ou retraités. Pour prendre l’exemple du Loiret, environ un tiers du comité directeur Ufolep est issu de l’Éducation nationale.
La nouvelle loi sur le sport a ouvert aux associations sportives la possibilité d’intervenir dans les écoles : est-ce un enjeu pour l’Ufolep ?
Non. J’aurais d’ailleurs préféré que l’Usep, avec qui l’Ufolep constitue le secteur sportif de la Ligue de l’enseignement, demeure l’interface et le filtre entre le « sport civil » et l’école. Aujourd’hui, l’Ufolep se développe sans chercher à mettre le pied dans la porte de l’école, à la différence de fédérations qui pourraient y voir un vivier de futurs licenciés.
Justement, quelle est aujourd’hui l’articulation avec l’Usep ?
Elle est très inégale d’un territoire à l’autre. Il existe des collaborations fructueuses, où les associations ou les éducateurs de l’Ufolep participent à l’encadrement du public scolaire, ainsi que des moments partagés entre associations Ufolep et Usep. Mais tout dépend du contexte local, et relève d’un souhait partagé. Même si, bien évidemment, nos deux fédérations partagent de nombreux enjeux de société et de combats citoyens, et que la synergie nationale est forte.
J’ajouterai qu’autrefois les mouvements périscolaires et d’éducation populaire étaient naturellement sollicités pour participer à la formation initiale des enseignants. Ce n’est plus le cas. Au-delà des évolutions de la société, le progressif éloignement de notre fédération avec l’Éducation nationale trouve aussi son origine dans la disparition de ces temps d’échange et d’accompagnement des futurs professeurs des écoles, des collèges et des lycées. Propos recueillis par Ph.B.
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