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Amélie Oudéa-Castéra: "Mes priorités pour le CNOSF"

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Élue présidente du Comité national olympique et sportif français en juin, quelle impulsion l’ex-ministre des Sports entend-elle lui donner dans un contexte politique et budgétaire difficile ?

 

Amélie Oudéa-Castera, vous avez été élue en juin présidente du Comité national olympique et sportif français en promettant un CNOSF « fort, utile et moderne ». En quoi le CNOSF a-t-il besoin d’être modernisé ?

Comme toute organisation, le CNOSF a besoin d’être modernisé au quotidien dans ses façons de travailler et de communiquer, afin d’être lui-même un vecteur de modernisation du sport français, notamment en l’aidant dans sa transformation économique et sa transition écologique. Il s’agit aussi de contribuer à faire du sport un vecteur de modernisation sociale et d’inclusion, ainsi qu’à accélérer les transitions digitales en identifiant les outils et bonnes pratiques mis en œuvre dans certaines fédérations, pour mieux les transposer ailleurs. Par exemple en matière de mensualisation du paiement des licences ou de grilles digitales pour la réservation des installations ou la mise en relation avec des partenaires. Enfin, le CNOSF doit renforcer sa capacité de prospective, avec la création d’un conseil confié à un binôme homme-femme d’élus référents en la personne de Frédéric Paquet et de Dominique Carlac’h. L’objectif est d’anticiper l’évolution des pratiques à cinq ou dix ans.

 

Vous évoquiez aussi l’enjeu de « réussir le passage d’une nation de grands sportifs à une grande nation sportive ». Quelle place accordez-vous aux fédérations multisports comme l’Ufolep, à l’approche loisir, dans cet objectif de développement de la pratique auprès de tous les publics ?

Une place centrale : c’est l’une des raisons pour laquelle j’ai souhaité recréer le « collège des affinitaires », qui s’est réuni pour la première fois le 12 novembre, au siège du CNOSF, sous sa nouvelle appellation de conseil des fédérations affinitaires, multisports, universitaires et scolaires (Famus). « Une grande nation sportive », cela implique en effet de développer la pratique loisir, notamment auprès des jeunes, dans les clubs et en travaillant plus étroitement avec les fédérations scolaires et universitaires. Il s’agit de parler à des couches de la population parfois moins actives, en leur proposant un sport inclusif. J’ai besoin pour cela de l’ADN des fédérations affinitaires et multisports. Celles-ci sont aussi implantées dans le monde de l’entreprise, en particulier la FSGT, la Fédération du sport travailliste et la Fédération du sport d’entreprise. D’autres, à l’instar de l’UCPA, sont tournées vers les sports de nature. L’Ufolep et la Fédération sportive Léo Lagrange sont également très impliquées dans l’éducation populaire, qui est aussi un axe important pour développer le sport dans les territoires.

 

Le développement des affinitaires et multisports est cependant entravé par la Loi Lamour de 2003, qui permet d’obliger une association à licencier tous ses membres auprès de la fédération délégataire de son activité, même s’ils n’ont qu’une pratique loisir. Quelle est votre position sur ce point ?

Je souhaite que le conseil des affinitaires et multisports permette d’aplanir les choses là où il y a des différends et de dépasser des incompréhensions nées souvent d’un décalage de culture. Je ne vois pas les fédérations membres du CNOSF comme concurrentes entre elles, mais conjointement engagées dans le développement du nombre de pratiquants et de pratiquantes. Sans ignorer les difficultés et les frictions – par exemple en gymnastique –, je suis persuadée que ces différends pourront être résolus par un dialogue ouvert et constructif.

 

Vous annonciez l’organisation d’une grande consultation de terrain sur « l’avenir du sport et le club de demain ». Qu’en est-il ?

Cette démarche se déroulera en deux temps. Mardi 18 novembre, j'ai tout d’abord présenté au Salon de maires un plaidoyer adressé aux élus locaux et décliné à travers une série de conférences. Ceci pour les convaincre de bâtir avec nous, en dépit des contraintes budgétaires, un nouveau « pacte sportif territorial ». Le deuxième temps prendra place au second semestre 2026, avec la rédaction d’un Livre Blanc en amont de l’élection présidentielle du printemps 2027. À cette occasion, nous auditionnerons les candidats pour partager avec eux leur vision de l’héritage des Jeux de 2024, de ceux de 2030, et la façon dont ils envisagent de construire une « grande nation sportive ».

 

Vous évoquez l’élection présidentielle, dont il n’est pas certain qu’elle mette fin à l’instabilité politique actuelle. Ce contexte, qui pèse sur la continuité d’action du ministère des Sports, est-il de nature à renforcer le rôle du CNOSF ?

La stabilité du CNOSF est en tout cas un atout pour le sport français, en permettant d’ancrer des réformes et des transformations dans la durée, avec des équipes qui sont un point d’appui pour les fédérations. Et, dans la perspective des Jeux de 2030, le CNOSF apporte à la fois de la continuité et son expérience des grands rendez-vous olympiques.

 

Les difficultés budgétaires ont eu raison de l’héritage des Jeux et, en juillet, le CNOSF publiait un communiqué titré : « Le sport sacrifié par le gouvernement : un contresens historique ». Ces prises de position, renouvelées mi-octobre à la veille du débat budgétaire à l’Assemblée nationale, ont-elles eu un effet ?

Oui ! Vous avez vu que la copie budgétaire a été significativement revue. On redoutait une baisse de plus de 18 % des crédits budgétaires, or celle-ci est finalement inférieure à 5 % et s’accompagne d’une stabilisation des taxes affectées au sport français. Les lignes commencent aussi à bouger concernant la suppression du Pass’Sport pour les 6-13 ans. La ministre des Sports a elle-même déclaré que c’était peut-être une erreur et se dit prête à réviser cet arbitrage pour la saison prochaine. J’ai également un point de vigilance concernant les postes de conseillers techniques et sportifs. J’ai demandé qu’on revoie la copie afin que nos fédérations ne soient pas privées de ressources qui leurs sont essentielles, tant pour le haut niveau que la pratique sportive du plus grand nombre. Auditionnée à l’Assemblée nationale et au Sénat, j’ai martelé l’importance de continuer à soutenir le sport français, avec un souci d’efficacité de la dépense publique, sachant qu’un euro dépensé dans le sport, ce sont treize euros d’économisés pour les dépenses publiques, notamment en matière de santé.

 

Face à des coupes budgétaires qui se répercutent sur les collectivités locales, fédérations et les associations sont invitées à revoir leur modèle économique en diversifiant leurs ressources. Mais cela est difficilement envisageable pour les petites associations à vocation loisir qui composent le tissu d’une fédération comme l’Ufolep : comment le CNOSF peut-il les aider ?

Le plaidoyer auprès des élus locaux les concerne directement : il vise à assurer la continuité de l’appui aux associations et de l’investissement dans les infrastructures qu’elles utilisent au quotidien.

Le CNOSF entend aussi les aider en portant, à son échelle, une ambition et des financements en faveur des bénévoles. Grâce à des partenariats, le CNOSF animera durant l’olympiade un programme en faveur du bénévolat sportif, en rendant plus visible l’offre de formation et en favorisant la reconnaissance des acquis dans l’exercice des responsabilités associatives. Nous continuerons parallèlement l’essaimage de programmes tels que celui des 300 femmes dirigeantes, qui aujourd’hui se déploie dans les territoires pour que nos fédérations puissent être au rendez-vous de la parité dans les régions en 2028.

 

Au-delà de la parité, quelles actions comptez-vous mener en matière de lutte contre les violence sexistes et sexuelles ?

Nous allons mettre en place une « Fondation pour un sport sans violence » qui financera des actions de sensibilisation et d’éducation. Cette fondation affectera aussi aux fédérations des ressources humaines, via du mécénat ou du mécénat de compétences, leur permettant de gérer plus rapidement les dossiers disciplinaires en cas de violences sexistes ou sexuelles.

 

Quel bilan tirez-vous de la première Fête du sport du 14 septembre dernier, dont l’écho a pâti de l’incertitude politique liée à la chute du gouvernement Bayrou ?

Un bilan globalement positif, grâce à la mobilisation des athlètes et à un temps de célébration où 50 fédérations ont présenté aux Franciliens leurs activités et proposé des initiations. En revanche, même si plus de 2 000 actions ont été labellisées par nos comités départementaux et régionaux, la Fête du sport a très peu rayonné en région, parce que les collectivités territoriales n’ont pas été suffisamment « embarquées » par le gouvernement. Je souhaite que cela soit corrigé pour 2026 et que dans nos villes et villages la Fête du sport du 14 septembre devienne l’équivalent, pour nos clubs et associations, de la Fête de la musique du 21 juin pour le monde culturel.

 

Pour revenir aux Jeux d’hiver 2030, en quoi les fédérations multisports et affinitaires, non concernées par le haut niveau et souvent réservées à l’égard de l’évènement et de son impact environnemental, peuvent-elles y avoir leur place ?

Nous avons initié des contacts en ce sens avec le directeur héritage et durabilité des Alpes 2030. Il est déjà entré en contact avec Arnaud Jean (Ufolep) et Cécile Lagier (Léo Lagrange), qui co-président le conseil des affinitaires et multisports, afin de concevoir ensemble des programmes et des actions permettant de faire découvrir et aimer la montagne aux jeunes qui ne la connaissent pas. Propos recueillis par Philippe Brenot

 

Quel programme pour l’année à venir ?

 La présidente du CNOSF dévolie son agenda pour les douze prochains mois.

« Le bénévolat et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles seront les deux chantiers de la fin d’année 2025.

» Début 2026, après la séquence des vœux, un colloque réunissant des professeurs de médecine et des universitaires sera consacré au sujet de la transidentité dans le sport. Celle-ci soulève beaucoup de questions, tant dans le haut niveau que dans la pratique pour tous, entre soucis d’équité et d’inclusion.

» Viendront très rapidement, du 6 au 22 février, les Jeux d’hiver de Milan, avec l’ambition que la France soit dans le top 5 olympique avec une délégation d’environ 160 athlètes, la plus nombreuse jamais réunie. Dans la foulée, le retour de la délégation sera l’occasion de fêter à Albertville (Savoie) celui du drapeau olympique en France.

» Je me rendrai ensuite à La Réunion et à Mayotte pour contribuer, à notre niveau, à la reconstruction de ce département si durement touché en décembre dernier par le cyclone Chido.

» Au printemps, la question de la modernisation économique fera l’objet d’un temps fort, parallèlement à une initiative sur l’emploi sportif, avec la forte volonté de développer sa féminisation.

» Enfin, après la Journée olympique du 23 juin et la deuxième édition de la Fête du sport, le temps viendra de défendre les propositions de notre Livre Blanc rédigé en vue de l’élection présidentielle. »

 



« Noir.e.s en Bleu » de Claude Boli, un beau-livre entre histoire et sociologie

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« Monsieur, en équipe de France, les Blacks, ce ne sont pas des Français, ce sont des immigrés. Ils viennent tous d’Afrique. Ce ne sont pas des vrais Français ? » Ce livre est le prolongement de la réponse pédagogique que Claude Boli fit à l’interpellation narquoise de ce gamin à qui il faisait visiter le Musée national du sport, à Nice, dont il est le directeur scientifique. Une interpellation qui faisait écho aux paroles de Jean-Marie Le Pen, Georges Frêche ou Alain Finkielkraut, qui s’interrogeaient en 2005-2006 sur la représentativité d’une équipe de France « black-black-black ». Noir.e.s en Bleu est à la fois un beau-livre par sa riche iconographie et son texte ciselé, et un ouvrage de sociologue et historien. Ce qu’est Claude Boli, 57 ans, accessoirement petit frère de Basile et Roger, ex-joueurs de l’OM et du RC Lens.

Après avoir insisté sur le milieu et la reproduction sociale, puis évoqué la diffusion du football en Afrique Noire et outre-mer, Claude Boli déroule portraits et témoignages, de Raoul Diagne, fils d’un notable sénégalais et administrateur colonial, premier « Noir en bleu » en 1931, à Élodie Thomis, martiniquaise née en 1986 dans les Hauts-de-Seine. Au passage, il déconstruit les stéréotypes qui ont longtemps collé aux crampons des footballeurs de couleur – vifs et puissants mais nonchalants et peu stratèges – et explique que « parler des Noirs (…) c’est faire référence à une catégorie imaginaire, à des personnes dont l’apparence est d’être noires, et non point à des personnes dont l’essence serait d’être noires ».

De Lucien Cossou, originaire de l’actuel Bénin, surnommé le « Ben Marek d’Endoume » pour sa couleur de peau, sa finesse technique et ses racines marseillaises, on retiendra aussi cette prédiction : « En 1970, lors d’un stage d’entraîneurs à la Fédération, Georges Boulogne, sélectionneur national, avait dit une chose qui m’avait marqué. Il avait affirmé qu’après l’ère des joueurs polonais et hongrois la prochaine vague serait celle des joueurs africains. » Ph.B.


Noir.e.s en bleu, Claude Boli, Solar, 240 pages, 35 €.

L’été à Porquerolles en 17 photos de Vincent Delerm

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« Alors voilà, après toutes ces années, réunir 17 images des étés à Porquerolles. » C’est ainsi que Vincent Delerm a annoncé sur Instagram la parution du livre-accordéon où figure cette silhouette de jeune homme jonglant avec un ballon. Parallèlement à sa carrière musicale, le chanteur mène en effet une discrète carrière de photographe. Dans le même esprit, il agrémente son nouveau spectacle de petits films tournés par lui-même. L’auteur de La Natation synchronisée et du Cœur des volleyeuses y confie aussi son goût pour le sport, de l’athlétisme au ping-pong en passant par le football. Un intérêt qui transparait dans les ombres d’un soir d’été, sur une île de la Méditerranée. Ph.B.


Porquerolles, photographies de Vincent Delerm. Leporello dans son étui, 17 photographies recto-verso, format 7 x 11 cm, Polka, 15 €.

EPS, sports et territoires : pistes une politique sportive locale

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 À l’approche des élections municipales, cet ouvrage propose des pistes pour mener une politique sportive éducative au sein de sa commune ou de sa collectivité. Il explore pour cela les liens entre EPS, sports et territoires dans le contexte post-Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, et décrypte les logiques de coopération entre école, fédérations, clubs et collectivités locales. Pensé pour les élus, cadres territoriaux, professeurs d’EPS et étudiants, il se propose d’aider à construire une politique sportive éducative associant impact social et développement territorial.


EPS, sports et territoires, agir pour une politique sportive éducative, sous la direction de Thomas Riffaud et Bruno Lapeyronie, 174 pages, 45 €.

Finisher de la Race Across America à 70 ans passés : Dominique, l’ultracycliste

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Président de club et animateur du cyclisme Ufolep dans le Rhône-Métropole de Lyon, Dominique Briand, 20 000 km par an au compteur, est spécialiste de la longue distance.

 

C’est la dernière ligne ajoutée à son palmarès. En juin, Dominique Briand est devenu le premier finisher de la Race Across America (RAAM), catégorie plus de 70 ans. « La limite était de 13 jours, j’en ai mis 12 et 9 heures, en gérant », précise l’instituteur à la retraite, qui avait l’expérience de deux précédentes éditions, en duo en 2005 sous le nom d’équipe des Crazygones1, puis en solo en 2009. « Cette année-là, j’avais souffert aux trois points d’appuis que sont les pieds, les mains et la selle. Cette fois, j’avais des chaussures adaptées, des prolongateurs de guidon plus efficaces, et mon assistance me collait de la double peau sur mes irritations fessières » explique prosaïquement le président du Sporting Cyclo Manissieux, club Ufolep qui tire son nom d’un quartier de Saint-Priest, en banlieue de Lyon.

 

Trois heures de sommeil

À la différence des « ultra » européennes, disputées en autonomie, la RAAM se court avec assistance : en l’occurrence 8 personnes et une voiture suiveuse en permanence, pour un budget de 30 000 € réuni avec l’aide de sponsors et un coup de pouce de 250 € du comité Ufolep du Rhône au regard de son investissement associatif. Ainsi a-t-il pu tenir « une moyenne de 406 km/jour, en m’accordant 3 heures de sommeil à l’hôtel en fin de nuit, et de temps à autre des micro-siestes de 10 minutes dans la voiture ».

Il faut aussi beaucoup aimer pédaler. Pour Dominique Briand, l’histoire a commencé avec le vélo acheté à 17 ans après un job d’été. Puis un jour, mû par le souvenir de balades en voiture avec ses parents, ce passionné de cartes routières s’embarque dans une équipée de 140 km en vallée d’Azergues, au nord-ouest de Lyon. « Sans entraînement, c’était trop. Mais si j’ai une qualité c’est bien l’obstination, l’opiniâtreté. » Quelques années plus tard, rebelote : sur un coup de tête il s’inscrit à la Marmotte, redoutable cyclosportive alpestre. « J’ai terminé dans un état second, en me promettant de revenir mieux préparé. Et j’ai enchaîné 13 éditions. »

Dominique partage sa passion avec son épouse, Anne-Marie2, licenciée au Feyzin Cyclo, tandis qu’il rejoint le Sporting Cyclo Manissieux, davantage tourné vers la compétition et les cyclosportives. Il s’attaque ensuite à l’ultradistance, avec trois éditions de Paris-Brest-Paris (vainqueur en 2003) et Bordeaux-Paris. Après quelques Nationaux Ufolep en ligne, depuis dix ans Dominique est surtout assidu à celui de contre-la-montre, remporté en 2024 dans sa catégorie d’âge. Il ne dédaigne pas non plus l’itinérance, à l’exemple de la Race Across France, une course format « backpacking », bagage accroché sous la selle. L’hiver, il entretient sa condition à ski de fond et participe régulièrement à la TransJurassienne et au Marathon de Bessans, en Maurienne.

 

Animateur du cyclisme Ufolep

Cette frénésie sportive va de pair avec un engagement bénévole. Président de son club depuis trente ans, Dominique Briand a longtemps présidé la défunte commission départementale cyclo et continue d’animer dans le Rhône-Métropole de Lyon un cyclisme Ufolep qui, à son grand dépit, se réduit aujourd’hui à deux associations où seuls les compétiteurs sont licenciés. « Et encore, nous sommes contents de conserver des adhérents, quand on voit se constituer sur Lyon des groupes Strava3 qui comptent jusqu’à 100 ou 150 personnes. Ce cyclisme de réseaux sociaux interroge sur l’esprit associatif et le bénévolat, alors que de mon côté c’est la croix et la bannière pour trouver des signaleurs pour le "chrono" que j’organise avec mon club. »

Dans l’immédiat, la saison du Crazygone et de son club s’est achevée fin octobre. Quant à se réinscrire à la RAAM pour traverser à nouveau les États-Unis d’Ouest en Est en affrontant sur 4 850 km le cagnard des déserts californiens, des cols à plus de 3 000 m d’altitude, la solitude des plaines du Midwest et les pentes des Appalaches, a priori c’est non. « Mais on ne sait jamais. Si à 75 ans j’ai encore la forme pour devenir le premier à terminer dans la catégorie… » Philippe Brenot

 

(1) « Gamins fous » en anglo-lyonnais. (2) Anne-Marie Chaize-Briand a présidé pendant 13 ans le Feyzin Cyclo. (3) Strava est une application running, vélo et randonnée.

 

  • 13 h 15 le dimanche. L’exploit de Dominique Briand sur la Race Across America a donné matière à un documentaire dont la diffusion était prévue cet automne, dans la case de reportage « 13 h 15 le dimanche » qui prolonge sur France 2 le journal télévisé de Laurent Delahousse.


L’émancipation de femmes de Mayotte en BD

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Il est rare qu’une élue Ufolep soit citée dans une bande dessinée. C’est moins surprenant quand celle-ci se veut un outil d’éducation populaire. Commande de la préfecture de Mayotte et de la direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité, La voix des Jasmins conte l’émancipation de quatre femmes à différents âges de la vie. Fayida la collégienne s’oppose à ses parents pour obtenir le droit de jouer au handball au lieu de rester cantonnée aux tâches ménagères. La jeune Zawadi surmonte la honte d’une grossesse non désirée l’ayant conduit à la prostitution. Hidaya la trentenaire ose divorcer d’un mari violent. Et Baraka la grand-mère apprend à lire et écrire sur le tard et s’inscrit dans la foulée aux activités sportives animées par Naoilou Yahaya, élue nationale et présidente de l’Ufolep Mayotte... Cet ouvrage scénarisé par l’écrivaine et enseignante de lettres Charifati Soumaila est diffusé par l’intermédiaire d’associations locales, dont celles de l’Ufolep et de la Ligue de l’enseignement.

La voix des Jasmins (chemins de femmes), éditions du Signe, 2022, 56 pages. www.editionsdusigne.fr


La voix des Jasmins (chemins de femmes), éditions du Signe, 2022, 56 pages.

La résilience de l’Ufolep Mayotte, un an après le cyclone Chido

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Après les accueils collectifs de mineurs et la formation, le comité accompagne la relance des associations, explique la présidente du comité, Naoilou Yahaya.

 

Naoilou Yahaya, le 14 décembre dernier le cyclone Chido ravageait l’île de Mayotte. Un an après, avez-vous pu réinvestir vos locaux, très endommagés ?

Oui, après plusieurs mois où nous avons travaillé depuis le garage de notre siège de Dembéni. Notre assurance a fonctionné pour racheter ordinateurs et mobilier, mais celle de notre propriétaire était aux abonnés absents, ce qui a retardé les travaux.

 

Vous avez également dû reconstituer votre équipe…

Pour raisons personnelles et familiales, cinq des dix salariés de l’équipe ont en effet dû quitter leur poste. C’est donc avec une équipe réduite que nous nous sommes relancés, grâce aux fonds débloqués pour nous permettre d’accueillir les enfants qui se retrouvaient sans école et sans enseignants. Heureusement, tous nos salariés étaient titulaires du Bafa. Cela nous a permis d’être immédiatement opérationnels. C’est aussi pourquoi l’Ufolep est encore là quand d’autres associations ont jeté l’éponge.

 

L’organisation des courses de pneus a aussi été un symbole fort…

Oui, avec les qualifications dans toute l’île en mai et la finale en juin. Il faut savoir ce que cela représente pour les enfants mahorais ! Cela a contribué à leur rendre le sourire, en donnant le sentiment que l’île se redressait.

 

Et la formation ?

Nous avons récupéré nos locaux le 5 septembre, mais il a encore fallu attendre l’agrément de notre centre de formation côté normes de sécurité. La formation, c’est notre ADN ! Chaque année, des dizaines de jeunes trouvent aussitôt un emploi après l’obtention du CQP ALS (certificat de qualification professionnelle d’animateur de loisirs sportifs). Nous avons bénéficié du soutien de la préfecture, de la Fondation de France et de l’Ufolep, mais la formation est notre principale source de financement interne et nous permet de moins dépendre des aides.

 

Comment la cagnotte solidaire lancée par l’Ufolep auprès de son réseau, et qui a recueilli 41 027 €, est-elle utilisée ?

Cette grande solidarité, dont nous nous sentons redevables, nous aide à reconstituer notre tissu associatif en offrant l’affiliation et la licence aux 30 associations et aux 854 adhérents que nous fédérions en 2024-2025. Après Chido, seules nos trois associations de trail avaient repris leurs activités. Les autres n’avaient pu se relever, tant les bénévoles étaient touchés dans leur vie quotidienne. La préoccupation était d’abord de trouver un toit pour sa famille.

 

Arnaud Jean s’est déplacé fin septembre à Mayotte…

Sa venue nous a permis de rencontrer ensemble tous nos partenaires : préfecture, Drajes, Agence régionale de santé, communes et intercommunalités… Ceci avec le poids d’un président national et de ce que cela signifie en termes d’engagement de la fédération.

 

Peut-on envisager un retour à la normale pour début 2026 ?

Nous l’espérons pour janvier-février. Notre équipe salariée de dix personnes sera au complet et nous espérons que nombre de nos associations auront repris leurs activités, tandis que de nouvelles toquent à la porte. Parallèlement, nous avons organisé un Ufostreet sur deux semaines en octobre, et pendant les vacances de décembre nous proposerons des « Olympiades vacances », parallèlement à nos accueils collectifs de mineurs. Recueilli par Ph.B.



La boxe, engouement et représentations

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D’où vient l’engouement actuel pour la boxe ? Y a-t-il un décalage entre la pratique en club et l’image qu’elle renvoie ? Et quelle parenté avec le MMA ? Le regard de l’éducateur sportif Karim Aiouaz, fondateur à Tarbes (Hautes-Pyrénées) de l’association Poing d’1 Pacte 65, affiliée à l’Ufolep.

 

Engouement. « À 56 ans, je suis assez âgé pour me souvenir de l’engouement suscité par la série des films Rocky I, II, III et IV dans les années 1980. Les salles étaient bondées, puis il y a eu un reflux. Aujourd’hui, la boxe et les sports de combats bénéficient d’une grande médiatisation via les réseaux sociaux et la télévision, et d’une aspiration des gens à se sentir plus fort, plus à même d’affronter les défis de la vie. »

Fantasmes. « Il y a parfois un décalage entre les représentations des jeunes et la pratique au sein du club. Il y a beaucoup de fantasmes, en particulier en milieu carcéral et dans les centres éducatifs fermés dans lesquels nous intervenons, mais aussi chez certains jeunes qui viennent à la salle en pensant pouvoir "taper", se bagarrer. La plupart comprennent très vite notre approche et intègrent nos valeurs, et les autres partent. Nous travaillons par exemple sur la "confiance réciproque" : accepter de se faire toucher. L’un des exercices consiste à baisser la garde, bras le long du corps, en offrant son visage aux poings de l’adversaire, qui doit toucher sans faire mal ni provoquer la moindre sensation de tension, pas même le réflexe de fermer les yeux. Les jeunes comprennent immédiatement qu’on est dans la coopération, la bienveillance, et non dans l’affrontement. »

MMA. « Le Mixed Martial Arts, qui associe boxe, judo, karaté et jujitsu, c’est tout à fait autre chose que la boxe anglaise amateur que nous pratiquons. En boxe, on ne frappe pas un adversaire au sol, et au-delà du résultat sportif il y a une dimension esthétique, d’où ce qualificatif historique de "noble art", avec des gestes techniques et des esquives qui en font un spectacle où la dimension artistique a aussi sa place. Gagner, mais avec des règles codifiées et avec l’art et la manière1. »

(1) Outre les gants et le protège-dents, les boxeurs amateurs sont également munis d’un casque.



Avec Poing d’1Pacte, 350 licenciés Ufolep sur les rings à Tarbes

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Fondée il y a dix ans par l’éducateur sportif Karim Aiouaz, l’association Poing d’1Pacte 65 utilise la boxe comme outil éducatif et de médiation, en lien avec la ville de Tarbes (Hautes-Pyrénées) et d’autres acteurs locaux.

 

Karim Aiouaz, comment est née l’association Poing d’1Pacte 65 ?

Elle est l’aboutissement d’un parcours personnel et professionnel. Je suis éducateur sportif en boxe depuis 1989, après avoir été international algérien puis entraîneur, directeur technique national et formateur à l’échelle du continent africain pour l’Association internationale de boxe amateur (IBA). J’ai aussi été journaliste en radio et presse écrite et professeur en Staps. Très vite, j’ai pris conscience de l’impact que peut avoir la boxe dans la médiation et la transmission de valeurs et d’un savoir-être, lesquels sont ensuite transférables dans le monde du travail et la vie de tous les jours. La boxe est un formidable support pour travailler les qualités comportementales. Tout en conservant une dimension compétition, j’ai donc rapidement opté pour une approche socio-sportive dans toutes les associations dans lesquelles je me suis investi.

 

Pourquoi à Tarbes ?

Parce que j’y suis arrivé en 2009 pour suivre un master en Staps. L’aventure Poing d’1Pacte 65 a débuté dans une petite salle de quartier, à la demande de jeunes de quartiers prioritaires qui me connaissaient comme éducateur spécialisé. Le projet a ensuite cheminé en lien avec les acteurs locaux, comme le GIP (groupement d’intérêt public) politique de la ville, ou des établissements scolaires qui ont fait appel à moi pour travailler avec les élèves la gestion des émotions et le respect de la règle : autant de facultés que l’on peut développer à travers la boxe en les associant au dépassement de soi et à la valorisation de l’effort physique.

 

Combien de licenciés l’association comptait-t-elle la saison dernière ?

Près de 430. La grande majorité (352 l’an passé) a une pratique loisir à l’Ufolep et les autres (74) sont licenciés FFB et participent à des championnats et tournois régionaux, nationaux ou internationaux.

 

On parle d’une féminisation de la boxe : est-ce le cas à Poing d’1Pacte 65 ?

Nous avons près d’un quart de filles et de femmes, ce qui nous situe dans la moyenne nationale. Plus que de féminisation, je parlerai de démocratisation de la boxe, qui il y a peu était encore perçue comme un sport de « bad boys ». Le public a considérablement changé, avec des collégiennes ou des fillettes de 7 ou 8 ans, et des parents qui accèdent à leur souhait, une fois rassurés par le cadre éducatif et le plein respect de l’intégrité physique de leurs enfants. Ils les encouragent même à persévérer lorsqu’ils constatent que cela favorise la confiance en soi de ceux qui en manquent, ou aide à canaliser l’énergie de ceux qui en ont un peu trop. La boxe est un régulateur comportemental, dès lors qu’on pose un cadre pédagogique, à travers le discours tenu aux enfants, les rituels observés et le sens donné à l’activité. Comme pour un art martial.

 

Les filles ont-elles des attentes différentes, portant par exemple sur l’apparence physique ?

Pas tellement, non. Certaines, d’une nature timide, viennent pour sortir de leur zone de confort. Ce n’est pas facile de mettre les gants et de monter sur un ring, mais elles le font dans l’espoir de se sentir mieux. Il y a aussi du mimétisme : faire comme la copine ou le copain. Et puis notre salle est très accueillante. J’ajouterai que, fille ou garçon, on ne vient pas à la boxe par hasard : certains viennent se « réparer » en se mettant à l’épreuve, même si en boxe éducative on porte des touches, et non des coups. Même si à aucun moment on ne doit repartir avec une sensation de douleur, cela reste un sport intrusif où l’on s’expose et se met à nu. C’est ce qu’ils et elles recherchent : être dans la confrontation, sans animosité. Car nous transformons ce qui est initialement un geste d’agression en un geste sportif dénué de toute émotion négative.

 

Comment le club s’est-il développé ?

Progressivement, avec au début une salle mise à disposition par la commune limitrophe d’Aureilhan. Notre approche éducative a séduit les jeunes et très vite éveillé l’intérêt des éducateurs de rue, des centres médico-sociaux et des établissements scolaires. Au lieu de rester dans notre coin, nous avons participé à des forums d’associations et des évènements professionnels. De même, nous avons joué la carte de « l’aller vers » en nous rendant dans les quartiers, au pied des tours.

 

Pourquoi avoir rejoint l’Ufolep en 2022 ?

Cela faisait sens au regard des valeurs que nous partageons : éducation, intégration, insertion sociale et professionnelle… Cela a coïncidé avec l’entrée dans notre nouvelle salle, mise à disposition par la mairie de Tarbes, qui nous a vraiment donné un coup de « boost ». Les effectifs ont aussitôt doublé et nos actions se sont considérablement développées. Nous sommes ouverts tous les jours de 9 h à 22 h, avec une panoplie d’actions tous publics : personnes âgées, personnes en situation de handicap ou sous main de justice, jeunes en situation de vulnérabilité, détenus… Nous sommes aussi présents sur le sport-santé. Grâce aux financements obtenus et aux ressources internes, l’association s’appuie aujourd’hui sur 7 salariés : un éducateur spécialisé, une médiatrice sportive, une chargée d’insertion, une coordinatrice administrative et financière, deux éducateurs sportifs et moi-même, entraîneur principal et directeur à plein temps.

 

L’Ufolep refuse toute pratique portant atteinte à l’intégrité de l’individu et reconnait exclusivement la boxe éducative. Or Poing d’1Pacte 65 parle de « boxe éducative assaut » quand deux adversaires se confrontent sur un ring sans appuyer leurs coups. La frontière n’est-elle pas ténue avec la boxe amateur ?

D’abord, nous veillons à ce que les groupes de pratique soient homogènes. Un nouveau licencié de 7-10 ans s’entraînera avec des débutants de son âge, et les plus expérimentés sur un autre créneau. Et quand, passé 14 ans, certains manifestent le souhait de passer en boxe amateur, nous sommes très exigeants sur leurs qualités offensives et, surtout, défensives, afin que la transition se fasse en toute sécurité. C’est une minorité, mais en effet la plupart de nos boxeurs amateurs sont passés par la boxe éducative, avec pour certains un rêve olympique. L’un d’entre eux, double champion national, a été sélectionné plusieurs fois en pôle France.

 

L’affiliation à l’Ufolep a-t-elle permis des synergies avec le réseau et les partenaires de l’Ufolep ?

Il y en a sans doute à développer à travers certains de nos projets, comme « culture au poing », proposé aux 7-16 ans pendant les vacances scolaires : l’an passé à la Toussaint le thème était « boxe et aventure médiévale » avec, en parallèle d’une pratique de la boxe, la visite de châteaux et une initiation à l’escrime et au tir à l’arc. Une autre fois c’était « boxe et art urbain », avec du skate, du hip hop et du graff. Nous travaillons aussi avec des associations de danse, de cirque, avec pour mot d’ordre l’ouverture culturelle. Et tant mieux si l’un de nos licenciés bifurque ensuite vers la danse ou le basket !

 

Quel type d’actions menez-vous ?

Parmi notre quinzaine d’actions, on peut citer « Poing d’accroche », qui s’adresse aux décrocheurs scolaires. Nous avons également remporté un appel à projet qui vise à remobiliser des jeunes de 16 à 30 ans considérés « incasables ». Dans le cadre d’un consortium avec le GIP politique de la ville, la mission locale et l’association Atrium, nous en accompagnons chaque année 24 sur un semestre, dans le cadre d’un parcours intitulé « Poing d’appui » : ateliers sportifs, participation à des actions solidaires (banque alimentaire, SPA, etc.), séjours de rupture… Les amener à respecter un emploi du temps est un premier pas sur une possible intégration dans le monde du travail.

Nous menons aussi des actions auprès de personnes en situation de handicap et auprès de femmes victimes de violences ou socialement isolées, hébergées en foyer ou aiguillées vers nous par le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CDIFF) ou des cabinets de psychologues. Nous les accueillons gratuitement sur notre atelier « je boxe mes peurs », tourné vers le bien-être physique, la confiance en soi et la résilience.

 

Vous êtes aussi depuis peu co-président de l’Ufolep Hautes-Pyrénées…

Oui, avec mon collègue et ami Romain Rossi, au sein d’un comité directeur où les compétences sont réparties. Cette responsabilité est une opportunité d’élargir la focale au niveau départemental, mais aussi régional et national, et de me familiariser à l’articulation entre l’Ufolep, l’Usep et la Ligue de l’enseignement. Propos recueillis par Philippe Brenot.

 

« Aucune atteinte à l’intégrité physique »

C’est toujours bon de le rappeler : l’Ufolep proscrit toute activité susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique, mentale et psychologique de ses licenciés. C’est pourquoi elle fédère exclusivement la pratique de la boxe éducative, qui permet de développer maîtrise et confiance en soi, respect des autres et équilibre corporel. Cela vaut aussi pour le taekwondo, pratiqué lui aussi sous sa forme éducative, et l’ensemble des arts martiaux où, quand il y a compétition, c’est également dans un but éducatif, convivial et émancipateur.



Le « sport société » Ufolep fait sa rentrée avec ses partenaires

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Les réunions de rentrée autour des dispositifs « sport société », qui ont réuni 280 participants, sont devenus des temps de réflexion partagés avec les partenaires de l’Ufolep, explique Adil El Ouadehe, DTN adjoint de l’Ufolep.

 

Adil El Ouadehe, cette année les « GT » de rentrée organisés du 2 au 8 octobre ont poursuivi leur mue…

Oui. À l’origine ces « groupes de travail » visaient à expliciter les cahiers des charges de nos dispositifs et à échanger en direct avec le réseau. Aujourd’hui, ces dispositifs sont bien maîtrisés par nos comités et nos associations, d’où l’évolution des GT de rentrée vers une réflexion plus thématique et transversale. L’idée est également de ne pas se contenter de la « popote interne » mais de se projeter vers l’avenir avec des apports extérieurs. La commande faite aux intervenants du matin était de défendre des points de vue tranchés, afin de susciter le débat et de nourrir les travaux plus internes de l’après-midi. Ces GT « new look », chacun avec son intitulé, sont des temps d’information et de co-construction.

 

Le public a évolué lui aussi…

Oui, avec un tiers d’associations et de structures affiliées, et deux tiers de représentants de comités.

 

Et côté intervenants ?

Il y en a eu plus d’une trentaine, à commencer par le ministère de la Ville, le ministère des Sports et l’Agence nationale du Sport, le ministère de la Justice et celui de l’Intérieur, la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam)… Et aussi des universitaires et des experts, des associations, et aussi des comités Ufolep témoignant de leur expérience.

 

La première thématique associait « les temps de l’enfant » et sa « protection » : en écho à quels dispositifs ?

Cette première journée faisait à la fois écho au dispositif UfoBaby, à nos actions auprès de la Protection judiciaire de la jeunesse (d’une pratique multisport régulière à la mise en place de séjours) et à la question des violences sexistes et sexuelles. D’où la présence de l’association Colosse aux pieds d’argile aux côtés de SOS Villages d’enfants, de la Fondation de France, du Mouvement du Nid ou du cercle de réflexion Res Sportiva. Être engagé dans une démarche d’éducation populaire ne nous exonère pas de certains protocoles, comme lorsque l’on travaille avec l’aide sociale à l’enfance (ASE). Notre programme de motricité libre UfoBaby s’inscrit lui-même dans un protocole où interviennent aussi les parents. À titre d’exemple, SOS Villages d’enfants, nouveau partenaire intéressé par notre savoir-faire en matière d’organisation d’évènementiels, peut nous faire grandir d’un point de vue pédagogique.

 

Vendredi 3 octobre, le thème était « santé et intégrité ». Y était-il question du programme À Mon Rythme et des maisons sport santé Ufolep ?

Oui, et aussi de Toutes Sportives et du plan fédéral contre les violences sexuelles et sexistes (VSS), dans une acception de la santé intégrant les dimensions physique, mentale et sociale. Aujourd’hui à l’Ufolep, les VSS sont essentiellement abordées par le prisme de la vérification de l’honorabilité des animateurs. Cela n’empêche pas les agressions, d’où l’idée d’établir une « cartographie » des situations à risque pour que les associations réfléchissent à leurs modes de fonctionnement, et si besoin les fassent évoluer. Comme pour les autres journées, c’était plénière le matin, dans une logique d’échanges visant à éclairer et inspirer, et l’après-midi des ateliers pour « solutionner » et construire.

 

Lundi 6 octobre, que recouvrait « l’animation des territoires ?

Le fil rouge était : comment les thématiques nationales de l’Ufolep s’incarnent-elles dans chaque territoire ? Le comité de l’Yonne a par exemple présenté sa stratégie de déclinaison du programme Ufostreet, menée en partenariat avec le concessionnaire Ford local. La communication du représentant de Decathlon Pro a aussi permis de montrer qu’un partenaire commercial n’est pas juste un prestataire : celui-ci a expliqué comment s’appuyer sur un magasin, mais aussi donné son avis sur les synergies locales. Quant à l’Agence de la cohésion nationale des territoires (ANCT), observateur privilégié, elle est repartie avec l’idée de travailler sur le public des seniors dans les quartiers politique de la ville (QPV) et dans les zones de revitalisation rurale (ZRR).

 

Il y a été aussi question de « transition écologique »…

Oui, avec la Fondation européenne pour le climat, partenaire de l’Ufolep pour le développement d’un réseau de ressourceries sportives et sociales et d’un tout nouveau projet sur le vivre-ensemble en milieu rural, en réponse à la progression de l’extrême droite sur ces territoires.

 

Mardi 7 octobre, avec « inclusion et citoyenneté » on était dans l’ADN de l’Ufolep…

Nous avons notamment traité de l’intégration des migrants qui composent le public du dispositif Primo-Sport, développé avec le soutien historique de l’Offi, l’Office français de l’immigration et de l’intégration, et du ministère de l’Intérieur. Au-delà des aspects pratiques, le nouveau format de GT a permis de travailler sur le sens de nos actions.

 

Ces rendez-vous se sont achevés mercredi 8 octobre avec « l’insertion sociale et professionnelle », qui se déclinent notamment par les « parcours coordonnés » destinés aux décrocheurs scolaires intéressés par les métiers du sport et de l’animation…

Oui, avec pour nouveaux partenaires France Travail (ex-ANPE et Pôle emploi) et l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (UNHAJ). France Volontaires, les Clubs régionaux d’entreprises partenaires de l’insertion (CREPI), l’Institut de l’engagement et la Fondation pour le sport inclusif ont également présenté leurs actions en faveur des jeunes et des publics éloignés de l’emploi. En bonus, à la pause repas nous avons fait se rencontrer les représentants de terrain de France Travail et les comités Ufolep, ce qui localement a déjà eu un effet d’accélérateur sur les projets.

 

Et s’il fallait tirer un bilan ?

On s’interroge toujours quand on change une formule. Dans celle-ci, la parole est donnée aux partenaires, davantage qu’à la fédération. Or nos comités s’y sont pleinement retrouvés, avec des éclairages et des réponses à des questions qu’ils se posent sur le terrain. Nous n’avons même pas abordé les cahiers des charges des dispositifs : la projection d’une diapositive sur les aides fédérales a suffi.

 

Et côté partenaires ?

Ils voient la façon dont nous fédérons nos relais de terrain : 280 participants sur cinq journées, c’est conséquent ! Nos partenaires prennent ainsi conscience de la densité et de l’engagement du réseau Ufolep : qui nous sommes, comment nous travaillons, quelle est notre pédagogie et notre dynamique de projet.

 

Paroles de partenaires

OFFI : « Grâce à des partenaires comme l’Ufolep, qui facilite l’accès [des primo-arrivants] aux structures sportives, lieux de partage et de vivre ensemble, la pratique concrète et régulière de la langue française et l’acquisition des valeurs de la République et de nos codes sociaux s’en trouvent renforcés. » Jean-Dominique Fabry, pôle partenariat de l’Office français de l’immigration et de l’insertion

CNAM : « Merci à Cécile Pereira Couthinho d’avoir représenté la Caisse nationale de l’Assurance Maladie lors de cette table ronde sur la santé des femmes et plus particulièrement les plus éloignées du système de santé. » Frédéric Napias, sous-directeur.

DECATLHON PRO. « Des échanges riches en apprentissage pour continuer à développer des solutions clé en mains pour faire vivre les évènements sportifs et des solutions innovantes comme le design actif pour aménager durablement nos territoires et encourager la pratique du sport au quotidien. » Sylvain Lemaire, responsable partenariats collectivités et enseignement.

UNHAJ. « L’Union nationale pour l’habitat des jeunes travaille depuis près de deux ans avec l’Ufolep et plusieurs adhérents ont déjà construit des projets communs autour de l’inclusion par le sport. Un partenariat à mettre en œuvre partout sur le territoire ! L’Ufolep sera présente au Village des initiatives lors de notre congrès à Lille [mi-novembre, ndlr], une occasion de les rencontrer. » Facebook Unhaj.



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