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Professionnalisation : de délégué à directeur, un nouveau métier

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 Hier « cheville ouvrière », aujourd’hui « chef d’orchestre » : ainsi peut-on résumer le glissement du poste de délégué départemental Ufolep vers celui de directeur.

 

À l’origine, les délégués départementaux Ufolep et Usep étaient des enseignants « mis à disposition » par le ministère de l’Éducation nationale. Après 1986, ceux-ci devinrent ensuite majoritairement des « détachés », nouveau statut qui ouvrait la voie au recrutement de personnels issus de la filière sport. Tandis que la « double casquette » Ufolep-Usep devenait l’exception, les tâches sont aussi devenues plus complexes, les responsabilités élargies, les équipes plus fournies. Le délégué, exécuteur des décisions du comité directeur départemental, s’est ainsi mué en directeur à part entière.

« Il faut jongler entre la gestion des salariés et des bénévoles, le suivi de la vie statutaire et de la vie sportive, les arrêts de travail et les problèmes en tout genre qui peuvent apparaître au sein d’une association ou d’une commission sportive, énumère Élodie Gouriou, « directrice » de l’Ufolep Loire-Atlantique. Autant de petits ou gros problèmes à régler sans délais, en lien avec les élus du bureau ou du comité directeur. Plus les sollicitations des partenaires, les demandes de subventions, la veille sur les appels à projets et le suivi de la communication, newsletter et réseaux sociaux, afin de faire savoir tout ce que fait l’Ufolep ! »

 

L’aiguillon du sport société

Au tournant des années 2010, l’échelon national de l’Ufolep a lui-même encouragé la professionnalisation des équipes, indispensable au développement des activités et au déploiement des dispositifs Toutes Sportives, UfoStreet ou Primo-Sport, puis à celui du réseau des Maisons sport santé. « Trois profils de métier se sont dégagés, résume Adil El Ouadehe, DTN adjoint de l’Ufolep : ceux de directeur-directrice, de chargé de mission-agent de développement et d’éducateur-éducatrice. Ceci avec une exigence de polyvalence dans les équipes resserrées. » En parallèle, le duo délégué-assistante, autrefois majoritaire, a considérablement régressé, et le modèle du délégué isolé ne demeure que dans une douzaine ou une quinzaine de comités.

Certains traits du métier demeurent toutefois, à commencer par celui d’être un professionnel engagé, qui s’implique pleinement dans sa fonction, ne compte pas ses heures et s’engage affectivement. Si l’étendard laïque est moins mis en avant aujourd’hui, l’attachement au sport pour tous et l’idéal d’une société bienveillante et solidaire restent un ciment.

Cet attachement va souvent de pair avec une pérennité dans le poste. Jérôme Léger est aux manettes depuis douze ans en Pas-de-Calais et travaillait auparavant pour la délégation départementale de la Ligue de l’enseignement. Élodie Gouriou, qui fête ses dix ans à la tête du comité de Loire-Atlantique, y débuta comme éducatrice sportive et possède un passé de gymnaste rythmique à l’Ufolep. Et dans le Gard et le Var, autres comités en pointe sur le sport société, Florian Bailly et Olivier Durand s’apprêtent respectivement à boucler leur onzième et quinzième année comme directeur départemental… Cet engagement de long terme contribue au rayonnement de ces comités.

 

Montée en compétences

L’élargissement des responsabilités pose toutefois la question de la montée en compétences. « La gestion des ressources humaines est particulièrement complexe. C’est pourquoi je viens de repartir en formation, afin de sécuriser le comité et mes pratiques » confie Jérôme Léger. « Dans mon parcours d’étudiante en management du sport, j'ai acquis quelques connaissances en analyse financière, mais rien sur la gestion RH et la direction d’équipe, lui fait écho Élodie Gouriou. Je me suis formée sur le tas, en profitant des compétences existant au sein de la délégation de la Ligue de l’enseignement et en m’appuyant sur la plateforme d'Hexopée, la structure qui accompagne l’Ufolep en matière d’emploi. Il m’arrive aussi de questionne d'autres collègues directeurs. »

« Devoir effectuer des dizaines de tâches et aborder autant de sujets dans la même journée peut rendre schizophrène si on n’y est pas préparé », résume Élodie Gouriou. Ce qui, heureusement, n’est pas le cas. Ph.B.

 

La nécessaire confiance des élus. « La solidité du binôme président-directeur est déterminante, et au-delà les rapports étroits avec les élus départementaux, souligne Jérôme Léger, directeur de l’Ufolep Pas-de-Calais. Rien n’aurait été possible sans la relation étroite nouée avec Michel [Coeugniet] puis avec Natacha [Mouton-Levreay], ni sans la montée en puissance des élus dans leur prise en compte de l'évolution du modèle et des responsabilités qui vont avec. J’insiste sur ce point : il y a toujours une prise de risque à se développer. Celui-ci a beau être calculé, mesuré, réduit le plus possible, il demeure. D’où l’importance de la relation directeur-élus et du rapport de confiance noué entre nous. »



Professionnalisation : des comités Ufolep de plus en plus étoffés

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Fini le temps où les délégués départementaux Ufolep œuvraient en solo. Ils dirigent désormais des équipes renforcées pour répondre à la fois aux besoins des associations et aux enjeux sociétaux, à travers le sport.

 

« Profession : délégué départemental » : c’était en février 2000 le titre du dossier de En Jeu. On y découvrait le quotidien de la déléguée Ufolep de l’Hérault, Caroline Deleuze, qui posait aussi en photo avec quatre emplois-jeunes de son équipe. Un modèle d’organisation novateur : dans une majorité de comités Ufolep, la doublette délégué-assistante administrative demeurait la règle.

Aujourd’hui, l’Ufolep Hérault compte 161 salariés, équivalant à 79 temps plein, placés sous la direction de Yannis Figeac, qui n’est autre que l’un des jeunes gens sur la photo de l’époque, l’expérience en plus.

« J’ai débuté à l’Ufolep il y a tout juste trente ans comme militaire en service civil, rappelle Yannis, avant de faire partie de la vague des emplois-jeunes et d’enchaîner avec un poste d’adulte-relais. Une fois en CDI, j’ai été animateur sportif, préparateur physique, médiateur, directeur de colonie de vacances, formateur et responsable de formation, puis directeur adjoint quand Caroline est tombée malade, et à présent directeur. Et cela m’aide considérablement de connaître l’ensemble des métiers existant au sein du comité. »

L’exemple de l’Hérault est à la fois révélateur et atypique : révélateur en ce qu’il constitue un exemple frappant de la mutation opérée en trois décennies par les comités départementaux Ufolep ; et atypique parce qu’aucun autre n’emploie autant de personnes. Cette singularité s’explique par le fait que le comité gère cinq accueils de loisirs sans hébergement (ALSH) dans les quartiers de Montpellier et coordonne les temps périscolaires dans 19 écoles de la ville, après avoir remporté en 2019 l’« appel à marché » lancé par la mairie.

« Cela représente une centaine d’animateurs à temps partiel intervenant midi et soir, quatre jours par semaine, explique Yannis. S’y ajoutent les équipes des centres de loisirs, nos éducateurs sportifs spécifiquement investis dans les quartiers et sur le sport-santé, et aussi un agent de développement chargé de la vie fédérale. » Ce dernier s’efforce notamment d’établir des passerelles avec le socio-sportif, comme lorsque des membres d’une association de bozendo interviennent en centre de loisir, ou qu’un club cyclo sensibilise les enfants à la sécurité routière.

 

Sur le terrain social

C’est aussi par l’intermédiaire du sport société, et plus encore du sport santé, que le comité du Pas-de-Calais s’est développé ces douze dernières années, jusqu’à compter 30 salariés. Parmi eux figurent huit alternants en master Staps APA (activité physique adaptée) et cinq chargés de mission, délocalisés dans autant d’agglomérations. « Nous nous sommes développés en maillant progressivement le territoire. Ainsi sommes-nous présents sur le Boulonnais, le Calaisis, le Béthunois, l’Arrageois, Lens-Liévin et Hénin-Carvin, ainsi que sur deux communautés de communes rurales », explique le directeur départemental, Jérôme Léger. Arrivé en 2014, il a accompagné la croissance des effectifs puisque l’équipe de son prédécesseur comptait seulement quatre personnes, délégué compris.

« Notre projet repose sur deux axes : la politique de la Ville, qui concerne beaucoup de territoires en Pas-de-Calais, et la santé, avec trois Maisons sport santé, ou Ufo3S, qui couvrent un bassin d’un million d’habitants [1,5 million pour l’ensemble du département, NDLR] », souligne Jérôme Léger.

De manière encore plus volontariste que dans l’Hérault, l’objectif affiché est de favoriser la passerelle vers la vie associative. « Nous avons pour règle de fédérer tous nos publics. Ainsi, les 2 000 personnes qui suivent nos séances d’activités adaptées sont toutes licenciées. Et, toujours dans cette idée de passerelle vers nos clubs, notre chargé de développement fédéral anime un incubateur associatif. »

 

Plus de quarante salariés à gérer

Parmi les comités Ufolep les plus étoffés, celui de Loire-Atlantique relève d’un modèle encore un peu différent. Comme dans l’Hérault, les débuts de la professionnalisation remontent aux années 1990. Et comme en Pas-de-Calais, celle-ci a pris une dimension nouvelle avec la création de deux Maisons sport santé.

En dix ans, l’équipe départementale « resserrée » est passée de 8 à 14 personnes. On y trouve différents profils : des éducateurs sportifs (chargés, par exemple, de la formation professionnelle ou du développement de la pratique du vélo) ; deux chargés de mission sport-santé ; des alternants en master activités physiques adaptées ou préparant un brevet professionnel1 ; une assistante administrative et une chargée de communication (partagées avec la Ligue de l’enseignement) ; deux chargés de mission « animation du réseau » et « sport et citoyenneté » ; et enfin deux collègues qui gèrent le planning et assurent la coordination pédagogique de la trentaine d’éducateurs sportifs à temps partiel. Avec ceux-ci, qui assurent 300 heures d’animation par semaine, l’Ufolep Loire-Atlantique emploie en tout 49 personnes, pour 19 équivalents temps plein.

« L’une des contraintes fortes est le renouvellement de nos éducateurs et éducatrices, avec un turn-over d’environ 30 % d’une année sur l’autre, indique la directrice départementale, Élodie Gouriou. Au lendemain de la crise sanitaire, ce fut particulièrement compliqué : au lieu de choisir parmi les CV, c’était à nous d’aller chercher des gens qui, de surcroît, avaient des réticences à s'engager à l’année sur un créneau donné. D’où, parfois, l’impossibilité de répondre aux demandes des associations pour encadrer leurs activités. »

Autre problème, l’adéquation des candidats avec des pratiques de loisir centrées sur la forme et le multisport. « Habitués à encadrer en club, beaucoup de jeunes diplômés Staps avaient une entrée très compétitive qui ne correspondait pas à nos programmes, explique Élodie Gouriou. Ils avaient aussi parfois du mal à s’adapter au public enfant de nos écoles de sport. D’où la création d'outils pédagogiques et la nécessité de les former à nos conceptions, avec un rendez-vous mensuel de formation continue. C’est ce qui nous permet de posséder une équipe dynamique et compétente. »

 

Le sport société pour moteur

Dans une majorité de comités, c’est avant tout le développement des actions sport société qui a conduit aux nouveaux recrutements. C’est le cas en Seine-et-Marne, où Adrien Cousseau anime une équipe mixte de 11 salariés, contre 7 il y a quatre ans. Très expérimentées, la directrice administrative et son adjointe suivent la vie fédérale, tandis que 4 agents de développement, également éducateurs et éducatrices sportives, pilotent chacun un dispositif sociosportif. Deux éducateur-trices et deux alternant.es en master VHMA (Vieillissement, Handicap, Mouvement, Adaptation) et en formation BP Jeps1 complètent la troupe. « Bien que nous dépendions de subventions publiques pour 28 % de notre budget, ces emplois sont désormais pérennes, estime Adrien Cousseau. Nous avons su multiplier nos financeurs. Ils sont aujourd’hui une douzaine, ce qui nous permet de ne pas dépendre d’une aide en particulier. En parallèle, les prestations représentent 22 % de nos ressources. »

Outre la recherche de financements, le directeur s’occupe des relations avec les partenaires et du suivi de la vie statutaire, en plus de l’animation d’équipe et de la supervision de ses collègues. « Dans la mesure du possible, je participe aussi aux travaux de nos six commissions sportives et aux réunions des clubs. Et j’assiste aux compétitions du week-end, quand ma propre pratique le permet ! Je m’efforce tout particulièrement d’être présent au moment des récompenses. »

La même dynamique a joué en Ille-et-Vilaine où, après plusieurs années en solo, Nicolas Béchu a été rejoint en 2005 par un éducateur sportif socio-sport, puis en 2020 par un second plutôt sport santé, et récemment par deux autres, plus un apprenti. « Pour compléter notre équipe de six salariés à plein temps, nous recherchons à présent une personne à 24 heures par semaine pour la comptabilité-administration » précise-t-il. Avis aux intéressés…

Cette évolution s’observe aussi dans de plus « petits » comités. Comme dans les Vosges, où Victor Demange partage son temps entre l’Ufolep et l’Usep et quelques missions « Ligue », mais est désormais épaulé par deux chargés de mission : l’une, identifiée sport santé, pilote notamment le Mouv’Truck qui va au-devant des publics dans les villages et les quartiers, tandis que son homologue sport société déploie des dispositifs et est également formateur PSC (premiers secours civiques).

 

Poste à responsabilités

Dernier exemple : dans la Vienne, après être resté seul jusqu’en 2022 Paul Cordeau peut désormais s’appuyer sur quatre éducateurs sportifs, garçons et filles. Si chacun est en charge d’un dispositif sociosport (Toutes Sportives, À Mon Rythme, Ufostreet et Primo-Sport), tous effectuent aussi des prestations extérieures : sport en entreprise, préformation aux métiers du sport au Creps2 et pour le Cdos3, etc., ou interventions en milieu carcéral pour Yohan, par ailleurs adulte-relais4 dans les quartiers et animateur e-sport. « Ces recrutements ont répondu à une charge de travail en nette augmentation, entre opportunités de développement et sollicitations croissantes de nos partenaires, explique Paul Cordeau. Ils s’inscrivent aussi dans une stratégie de renforcement de notre présence sur le territoire. Notamment à Châtellerault, deuxième plus grande ville du département après Poitiers. »

Issu de la filière Staps APA et ex-éducateur auprès d’enfants en situation de handicap IME et dans les quartiers, Paul assume de son côté le suivi des 50 sessions annuelles de formation aux premiers secours et celui des 80 clubs et 2 000 licenciés, « y compris la saisie des licences en l’absence de tout personnel administratif ». Plus la recherche et le suivi des subventions, la vie statutaire, la gestion des ressources humaines… Le tout avec la charge mentale de réussir à pérenniser les emplois de ses éducateurs-chargés de mission.

« À l’image de notre trésorier, les élus du comité directeur me font une entière confiance, précise le directeur. Le corolaire, c’est que ces responsabilités sont parfois lourdes à porter. » Même si elles font aussi l’intérêt d’un métier qui, en une trentaine d’années, a considérablement évolué. Philippe Brenot

 

(1) Un BP Jeps (brevet professionnel jeunesse, éducation populaire et sport), option activités physiques pour tous.

(2) Creps : Centre de ressources, d’expertise et de performance sportive.

(3) Cdos : Comité départemental olympique et sportif.

(4) Un adulte-relais remplit des missions de médiation sociale et culturelle.

 

Des effectifs en nette progression. En 2024, les comités Ufolep employaient l’équivalent de 588 salariés à temps plein (contre 318 en 2017), et les associations Ufolep 14 660 ETP. Par ailleurs, les comités Ufolep n’auraient pu autant renforcer leurs équipes sans les dispositifs publics d’aide à l’emploi : emplois-jeunes puis emplois d’avenir (aujourd’hui disparus), postes Fonjep (jeunesse et éducation populaire), adultes-relais (dans le cadre de la politique de la Ville), et aujourd’hui emplois sportifs qualifiés (ESQ) et emplois socio-sportifs via l’Agence nationale du sport. « Ces deux derniers dispositifs représentent actuellement près de 80 % des aides publiques à l’emploi dont bénéficient les comités et les associations Ufolep », précise Adil El Ouadehe, DTN adjoint de l’Ufolep.



Le Winter Tour de retour dans les Yvelines

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Depuis le 6 janvier et jusqu’au 5 mars, l’Ufolep des Yvelines accueille en semaine les enfants des centres de loisirs et de l’Usep autour de 9 activités, explique la déléguée départementale, Élise Steinmetz.

 

Élise Steinmetz, le Winter Tour en est à sa 5e édition : quel est son principe et comment est-il né ?

Il trouve son origine dans l’installation des bureaux du comité dans l’École régionale du premier degré (ERPD) de La Verrière. Cet établissement propose un internat pour écoliers et collégiens et ses infrastructures se prêtent à l’accueil de groupes autour de pratiques physiques et sportives. Et tout notre matériel est sur place ! Soutenu financièrement par la commune et les services départementaux de Jeunesse et Sports, le Winter Tour faisait également sens au lendemain de l’épidémie de Covid.

 

Quel est le principe ?

À la journée ou la demi-journée, nous proposons aux groupes différentes activités : escalade, biathlon avec tir laser, street hockey, mini-golf, curling, avec pour nouveautés de l’année du quidditch (d’après le sport pratiqué par Harry Potter à l’école des sorciers) et le sauv’game : un jeu de piste où il faut résoudre des situations d’accident de la vie courante, très inspirée des « gestes qui sauvent » enseignés à l’Ufolep. Les activités sont au choix, avec des rotations toutes les heures. Celles-ci sont animées par les salariés du comité et/ou par les enseignants et les éducateurs Usep.

Et le public ?

Sur le temps scolaire, il s’agit principalement de classes de l’ERDP de La Verrière et de quelques autres écoles du département. Et le mercredi et lors des vacances scolaires, nous accueillons les enfants de centres de loisirs affiliés à l’Ufolep. Nous invitons également d’autres structures partenaires sur des créneaux dédiés : patients des hôpitaux, bénéficiaires du dispositif Toutes Sportives, activités estampillées « sport en famille », etc. Tout cela tourné vers la découverte d’activités.

 

Le tarif ?

Outre l’affiliation, le tarif d’inscription est de 30 € par date et par groupe de 12 enfants. Les réservations se font en ligne ou via un QR-code.

 

Est-ce la vocation d’un comité Ufolep d’organiser un tel rendez-vous ?

Oui ! Cela s'inscrit parfaitement dans notre mission de favoriser l’accès du plus grand nombre aux activités physiques et sportives. C’est aussi une façon de développer notre offre locale, en s’appuyant de surcroit sur des activités peu médiatisées. Enfin, côté communication, c’est une vitrine pour l’Ufolep et la palette des activités qui sont proposées.

  

Un Summer Tour a également vu le jour sur le même modèle…

Oui, dès 2022, pendant les vacances d’été. Les activités varient un peu, avec par exemple du chase tag (un jeu de « chat » avec obstacles) et piscine. Et après l’introduction du mini-golf l’été passé, nous réfléchissons à quelle nouvelle activité proposer. Nous avons encore un peu le temps… Propos recueillis par Ph.B.



Stéphane Beaud, un regard sociologique sur l’actualité sportive

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Prendre du recul sur l’actualité sportive : c’était la vocation de la fenêtre mensuelle offerte jusqu’en juin 2025 au sociologue Stéphane Beaud dans Sud-Ouest Dimanche.

 

Stéphane Beaud, comment un sociologue devient-il chroniqueur sportif pour Sud-Ouest Dimanche ?

C’était d’une commande du rédacteur en chef qui venait de créer la page « sport et culture », où j’ai écrit en alternance avec, entre autres, un romancier et un documentariste. Il s’agissait de commenter l’actualité sportive avec un certain recul. Il se trouve que, collégien de 3e, je m’imaginais journaliste sportif, et non sociologue. Essayer de comprendre le sport et son environnement social, c’était l’ambition de ces chroniques.

 

Ce rédacteur en chef parle de « dialogue » entre le journalisme et la sociologie…

Journalistes et sociologues ont deux métiers proches, à ceci près que – pour caricaturer – les uns considèrent les autres un peu comme des intellos qui coupent les cheveux en quatre, lesquels sociologues considèrent en retour que les journalistes travaillent souvent trop vite. J’ai toujours adopté pour ma part une position intermédiaire et je me suis nourri de la presse pour mes chroniques. Ce qui nous distingue le plus, c’est que les sociologues s’appuient sur des concepts et ont du temps, tandis que les journalistes sont pressés et écrivent pour le grand public, sans besoin de concepts.

 

A-t-il été facile de se plier à la contrainte de textes courts, sans notes bibliographiques ?

Je me suis plié à l’exercice de tenir en deux feuillets. Cela m’a obligé à être synthétique, avec l’aide de mon relecteur. Mais, à partir de la saison 2020-21, des versions plus longues ont été publiées sur Internet. Ce sont celles retenues dans le livre.

 

Né en 1958, vous avez grandi dans un environnement télévisuel et médiatique où le sport, le football en particulier, étaient quasiment absents. Ils sont aujourd’hui omniprésents : qu’est-ce que cela a changé ?

Cela a permis la diffusion dans le grand public d’une culture foot qui n’existait pas alors et se limitait à L’Équipe et à l’hebdomadaire France Football, dont j’étais lecteur. Aujourd’hui, on a pléthore d’informations et j’éprouve une défiance à l’égard de ce qu’est devenu le football : hypermédiatisation, financiarisation, etc. La Coupe du Monde à 48 équipes voulue par la Fifa ne fait qu’amplifier le phénomène. Mais, faute d’enquête, le sociologue ne peut guère aller au-delà de ce constat.

 

En 2010, vous avez dénoncé, dans une tribune dans Libération puis dans un livre, le traitement médiatique de la grève de l’entraînement de l’équipe de France lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, en réaction à l’éviction de l’attaquant Nicolas Anelka, pour des propos tenus dans les vestiaires à l’encontre de l’entraîneur. Pourquoi ?

Je n’étais alors aucunement un sociologue du football mais mes travaux m’avaient conduit à m’intéresser aux classes populaires, avec de longs entretiens menés avec des jeunes des cités HLM. J’ai eu le sentiment que ces joueurs, dont beaucoup étaient issus des banlieues, enfants d’immigrés et de confession musulmane, ont été condamnés par avance. J’ai été frappé par l’hystérie collective qui a saisi les politiques et les médias, et jugé que cela méritait une réflexion approfondie. Il s’agissait de proposer un autre récit en s’intéressant de près à la logique de cette grève. Le voile n’a d’ailleurs été subrepticement levé que huit ans plus tard par l’entraîneur, Raymond Domenech, sur les propos réellement tenus par Nicolas Anelka, et donc sur le scoop foireux de l’Équipe, qui a tordu la vérité. Ces propos tardifs n’ont guère suscité d’écho…

 

Football, rugby, handball, volley : les sports collectifs sont très présents dans vos chroniques…

J’avoue avoir une faiblesse pour les sports collectifs. Une équipe, c’est un groupe social avec quantité d’interactions : rapports amicaux, de rivalité et de jalousie, et aussi d’autorité avec le coach. Mais si l’aviron, pourtant pratiqué par mes cousins à un niveau national, ne fait l’objet d’aucun article, je parle aussi judo, athlétisme, cyclisme, gymnastique… J’aborde également l’environnement du sport et les enjeux institutionnels, à la tête du CNOSF ou des fédérations de rugby et de tennis. Je parle aussi des profs d’EPS et du sport scolaire. 

 

Vous consacrez une chronique au street workout, mais pas au MMA, sport de combat qui séduit les jeunes mais révulse les plus âgés…

Tout simplement parce que j’ai 67 ans et suis, comme vous dites, révulsé par l’utraviolence de ce sport disputé en cage et où tous les coups, ou presque, sont permis. Cette cécité est volontaire.

 

La question du racisme et le procès en légitimité fait aux sportives et sportives de couleur ou d’origine étrangère revient également sous votre plume…

J’y suis en effet très sensible. C’est pourquoi, parmi les quelques textes ajoutés à mes chroniques, figure l’analyse1 du commentaire en ligne sibyllin d’un internaute lecteur du Monde sur la moisson de médailles d’or des judokates françaises Clarisse Abdegnenou, Marie-Ève Gahié et Madeleine Malonga aux championnats du monde 2019. Sans faire d’égo-histoire, le jeune téléspectateur de 10-12 ans que j’étais a été profondément marqué par deux évènements sportifs majeurs : les Jeux olympiques de Mexico 1968, avec le poing levé des sprinteurs noirs Tommie Smith et John Carlos sur le podium du 200 m, en protestation contre la condition des Noirs aux États-Unis, puis la Coupe du Monde de football 1970, avec le triomphe de cette flamboyante équipe du Brésil menée par Pelé. Un vrai choc pour un petit Haut-Savoyard qui n’avait jamais croisé d’étranger ou de personnes de couleur ! Le sport est une activité où l’on peut voir briller des populations noires ou d’origine nord-africaine, et un lieu de brassage social que j’ai moi-même expérimenté quand, adolescent, j’ai joué au football à Sens, dans l’Yonne.

 

Vous travaillez aujourd’hui sur « Une histoire populaire du football en France » pour France Télévisions. Où en est ce projet de documentaire ?

Nous sommes en tournage et, ce matin même [fin janvier, NDLR], j’avais un entretien avec une supportrice de l’AS Saint-Étienne. Cela ira de l’épopée des Verts au PSG d’aujourd’hui. Comment la France est-elle devenue en cinquante ans un pays de football ? Il s’agit de raconter cette histoire avec une ligne d’analyse précise. Propos recueillis par Philippe Brenot

 

(1) Parue dans le quotidien en ligne AOC Media.

 

Sociologue des classes populaires. Stéphane Beaud, 67 ans, est professeur émérite à Sciences Po Lille après avoir enseigné aux universités de Nantes et Poitiers et à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm à Paris. Sa thèse de doctorat à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) portait sur les trajectoires d’ouvriers dans le fief Peugeot de Sochaux-Montbéliard. S’il a poursuivi sur ce terrain (Retour sur la condition ouvrière, 1999, avec Michel Pialoux), Stéphane Beaud s’est plus largement intéressé aux milieux populaires, dont les habitants des cités (Violences urbaines, violence sociale, 2003), notamment à travers le prisme des questions migratoires.

Cela explique sans doute que ce passionné de football, qu’il a pratiqué à un bon niveau, se soit invité dans la polémique née de l’attitude des joueurs de l’équipe de France lors du Mondial 2010 en signant en collaboration avec Philippe Guimard Traîtres à la nation ? Un autre regard sur la grève des Bleus en Afrique du Sud (2011), puis Affreux, riches et méchants ? Un autre regard sur les Bleus (2014). En 2018, Stéphane Beaud a également publié La France des Belhoumi : portraits de famille (1977-2017), consacré à une famille d’origine algérienne1.

(1) Paru à La Découverte comme les deux autres ouvrages précédemment cités.

 


Qu’est-ce que l’actualité sportive ? Un regard sociologique, Le Bord de l’eau, 2026, 230 pages, 18 €. Chroniques parues de décembre 2016 à juin 2025.

Dans « Marty Supreme », Timothée Chalamet à son topspin

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Après l’engouement suscité par les frères Lebrun, le tennis de table connaîtra-t-il une nouvelle poussée d’adrénaline si Timothée Chalamet, déjà vainqueur des Golden Globes, décroche l’Oscar du meilleur acteur pour sa prestation survoltée dans Marty Supreme, sorti en salles en France le 18 février ? Avoir tiré un blockbuster du biopic romancé d’un champion de ping-pong américain des années 1950 a déjà valeur d’exploit. Pour cela, Josh Safdie a dopé son script aux hormones, avant de le mettre en images façon À bout de souffle. « Filmer le tennis de table comme un match de boxe », telle était l’idée. L’atmosphère de tripot des salles newyorkaises est également très convaincante, tout comme la restitution du championnat du monde placée au début du film.

Soutenu par une bande-son carburant aux tubes années 1980 – signés Alphaville, Korgis, New Order, Tears for Fears – le rythme de la partie que joue avec lui-même Marty Mauser, jeune juif du Lower East Side désireux de fuir un destin de vendeur de chaussures, ne se relâche jamais. En revanche, le ping cède bientôt l’avant-scène aux marivaudages électriques du héros (avec Gwyneth Paltrow en icône pas si intouchable) ainsi qu’à ses diverses magouilles. Le pong revient dans un final haletant qui achève de scotcher le spectateur à son fauteuil. D’un ultime smash synonyme de coup d’éclat, l’impudent y lave son honneur bafoué avant de ravaler ses rêves de grandeur.

Dans la vraie vie, Marty Reisman (1930-2012) remporta l’Open d’Angleterre et celui d’Amérique et fut médaillé par équipe aux championnats du monde1. Et c’est bien l’avènement des revêtements en mousse, offrant toute une palette de nouveaux effets, qui scellèrent le déclin de cet inconditionnel de la raquette à picot : un point d’histoire que n’oublie pas Josh Safdie, même si la joute finale avec le champion japonais incarnant cette révolution technique est de pure invention. Ce qui n’empêche pas Marty Supreme d’être un sacré bon film. Ph.B.

Marty Supreme, de Josh Safdie, 2 h 29, distribution Metropolitan Films.

(1) Marty Reisman se reconvertit en directeur de club et signa en 1974 une autobiographie dont s’est inspiré Josh Safdie : The Money Player. The Confessions of Americas Greatest Table Tennis Champion and Hustler.



Une histoire de l’escalade

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« L’escalade est aujourd’hui olympique avec trois disciplines distinctes. Pourtant, il y a soixante ans à peine, il s’agissait d’une activité pour marginaux à la fois alpinistes [et] aventuriers à l’esprit babacool », rappelle cette Histoire de l’escalade qui fait défiler ces six décennies à travers des doubles-pages superbement illustrées. Celles-ci racontent les évolutions d’une discipline « dopée » dans les années 1980 par les premières compétitions et désormais internationalisée, même si dans la mémoire collective elle s’incarne encore dans la figure romantique de Patrick Edlinger, héros de l’escalade libre devenu un mythe grand public après La Vie au bout des doigts et d’Opéra vertical, mémorables films du réalisateur Jean-Paul Janssen.

De ces précurseurs (Edlinger, son compère Patrick Berhault ou Jean-Claude Royer, « plus célèbre vendeur du Vieux Campeur ») aux figures actuelles (Janja Garnbret, prodige slovène multimédaillée), de nombreux portraits jalonnent cet ouvrage qui réveillera les souvenirs des vieux « bleausards » et révèlera aux jeunes adeptes des salles d’escalade un passé que probablement beaucoup ignorent. Ph.B.

Une histoire de l’escalade, Laurent Belluard et Lucien Martinez, Glénat, 160 pages, 26 €.


Une histoire de l’escalade, Laurent Belluard et Lucien Martinez, Glénat, 160 pages, 26 €.

« À Fond ! » en kiosque pour les Jeux d’hiver

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Lancé en 2022 par abonnement, le magazine de sport pour enfants À Fond ! est distribué en kiosque depuis janvier. Destiné aux 7-12 ans et créé par Myriam Alizon, ancienne journaliste à L’Équipe-Magazine, À Fond ! propose tous les deux mois 60 pages autant ouvertes au sport féminin que masculin, avec des rubriques variées : la grande histoire, le dossier, le reportage, « Quand j’avais 10 ans », etc.). À retrouver ensuite dans le numéro de mars-avril le « sujet » réalisé en janvier au meeting d’athlétisme indoor de Paris par les deux jeunes vainqueurs du concours « reporters d’un jour ».

À Fond, 60 pages, 8,50 €.

https://afondlemag.fr/


À Fond !, 60 pages, 8,50 €.

Le vélo progresse encore trop lentement

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En 2025, la marche en avant de la pratique du vélo a repris de façon homogène : + 5 % dans les grandes villes et les communes intermédiaires et + 4 % en rural, signe d’un rééquilibrage territorial. Les week-ends tirent la dynamique (+ 6 %) et les grands itinéraires progressent (+ 6 % sur le réseau national). Mais le rythme reste insuffisant : atteindre 12 % de part modale du vélo d’ici 2030 nécessiterait des hausses à deux chiffres chaque année. (Source : Réseau Vélo et marche)



Pourquoi les adolescentes zappent le sport

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Le constat n’est pas neuf mais les chiffres sont frappants : en France, 45 % des adolescentes renoncent à la pratique sportive avant l’âge de 15 ans. Ceci « malgré un intérêt réel pour le sport pratiqué », précise l’enquête menée pour la MGEN par l’institut Kantar auprès de 507 jeunes filles de 13 à 20 ans. Principaux freins identifiés : les contraintes sociales, les stéréotypes de genre, un environnement inadapté et une culture de la compétition jugée dissuasive.

Les transformations corporelles liées à la puberté jouent également un rôle majeur : 63 % des adolescentes estiment que la prise de poids ou le développement de la poitrine rendent la pratique sportive moins agréable, et 55 % évoquent aussi les règles. Le sentiment d’insécurité est un autre facteur préoccupant : 55 % des filles ne se sentent pas en sécurité dans certains lieux (vestiaires, trajets) et 42 % déclarent avoir subi des comportements déplacés. À cela s’ajoute la pression des réseaux sociaux et des normes corporelles qu’ils véhiculent.



France TV Sport revient en continu

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À l’occasion de l’ouverture du Tournoi des Six Nations et des Jeux olympiques de Milan-Cortina, France Télévisions a relancé début février sa chaîne numérique France TV Sport, qui poursuivra ensuite sa diffusion en continu. Créée pour les dernières éditions de Roland-Garros et les Jeux olympiques et paralympiques de Paris, la chaîne proposera 2 000 heures de sport en direct, avec la possibilité aux téléspectateurs de réagir avec les experts pendant les JO ou le Tour de France (comme sur la plateforme Twitch), et aussi une émission spécifique, le Live Club. Pour alimenter la chaîne, France Télévisions s’appuiera sur son propre catalogue et sur un accord de co-diffusion avec la chaîne du CNOSF, Sport en France (diffuseur des championnats de France féminins de basket et de volley-ball) et avec Eurovision Sport (qui détient notamment les championnats du monde d’aviron ou de canoë-kayak).



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