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À La Réunion, le trail autrement

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Depuis quinze ans, l’Ufolep permet à 400 personnes d’accompagner les concurrents de la Diagonale des fous sur leurs derniers kilomètres. Et s’apprête à lancer son propre trail.

Si la légende de la Diagonale des fous s’est propagée depuis longtemps par-delà les océans, à La Réunion tout le monde connaît le Somin Grand Raid. « C’est en 2012 que l’association organisatrice s’est affiliée à l’Ufolep Réunion, par nécessité de placer les contrôles antidopage sous l’égide d’une fédération sportive agréée, rappelle le président départemental Gilles Elma. En contrepartie, nous avons proposé d’associer une randonnée "sportive et populaire" au Grand Raid, dont la Diagonale des fous n’est que la plus longue et la plus exigeante des courses qu’il réunit1. Ni compétition ni classement, mais une façon de participer "autrement", en accompagnant et en encourageant les derniers concurrents quand ils puisent au plus profond d’eux-mêmes pour terminer. »

La proposition de l’Ufolep est accueillie avec enthousiasme et l’association Grand Raid propose d’ouvrir les 20 derniers km à un millier de marcheurs. Ce sera finalement 400, « ce qui est largement suffisant ».

Parmi les candidats au Somin Grand Raid, on trouve à la fois des randonneurs locaux et des accompagnants de concurrents, voire aussi des coureurs qui n’ont pu s’inscrire ou ont abandonné l’année précédente au contrôle de La Possession et tiennent à finir le parcours, même si c’est l’année suivante et en marchant. « Qui ils soient, il faut voir leur joie d’entrer dans le stade de La Redoute, à Saint-Denis, puis de franchir la ligne d’arrivée. Eux aussi ont fait "leur" Grand Raid. Il y a aussi les fidèles, présents tous les ans, et bien sûr les bénévoles et les salariés du comité, mobilisés dans la bonne humeur générale », décrit Gilles Elma.

À l’image de la formule du Somin – emprunt au créole réunionnais –, l’Ufolep Réunion misait jusqu’à présent sur la randonnée, avec pour manifestation phare « Faites de la Randonnée » en novembre, qui permet à 500 personnes – licenciées ou non – de s’aventurer sur les pentes désolées du volcan du piton de la Fournaise. Mais l’engouement pour les courses nature a incité le comité à organiser le 14 septembre la première édition du « Trail autrement » avec le concours de l’association Canne en fleur. Initialement consacrée à la pratique de la canne de combat, celle-ci s’est en effet ouverte à la randonnée et au trail. « Ce sera un trail différent, sérieux mais pas trop, intégrant les principes du développement durable et de l’inclusion, explique Alain Descorsier, en charge de la discipline à l’Ufolep Réunion. L’objectif est de lancer une dynamique et de susciter la création d’associations principalement dédiées à l’activité. »

La Réunion pourrait ainsi montrer le « somin » à d’autres comités, d’Outre-Mer comme de « France hexagonale ». Ph.B.

 

(1) Outre la Diagonale des fous qui traverse l’île du sud-est au nord-ouest sur 170 km, de Saint-Pierre à Saint-Denis en passant par le Piton de la Fournaise et les cirques de Cilaos et de Mafate (170 km et 10 500 m de D+), il s’agit du Zembrocal (course à quatre de 151 km), du Trail de Bourbon (100 km), de la Mascareignes (73 km) et de la Métis (50 km).



Trail : évitez la course aux anti-inflammatoires !

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Ils ont pour nom Voltarène, Profenid ou Apranax et ont été retrouvés dans les urines de la moitié des participants testés l’an passé sur le Festival des Templiers, à la demande des organisateurs. Ce chiffre, proche des données recueillies sur l’Utra-Trail du Mont-Blanc en 2023, traduit la banalisation d’une automédication visant à prévenir la douleur.

Or même s’ils ne sont pas interdits par les règlements antidopage – à la différence de la cortisone et de ses dérivés –, la prise de ces anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) est « potentiellement dangereuse, surtout dans les conditions physiologiques très particulières des trails, en particulier ceux de longue durée et à fort dénivelé » alerte le Dr Jean-Jacques Pik, élu national et membre de la commission médicale de l’Ufolep. Jean-Jacques Pik préconise donc « une interruption, au moins douze heures avant le départ, d’un traitement prescrit dans des conditions standard1 », et « aucune prise en cours d’épreuve, ni dans les douze heures qui suivent l’arrivée ». Ce fervent adepte du running invite aussi tout compétiteur à se demander s’il est raisonnable de prendre le départ s’il éprouve « une douleur qui ne semble pas céder avec du paracétamol ». Tout en prenant en compte « la psychologie du sportif qui s’est préparé depuis des semaines à cette épreuve ». Ph.B.

 

(1) Jean-Jacques Pik soulève aussi le cas particulier de l’Ibuprofene (Advil, Nurofen), en vente libre à 200 mg comme antalgique simple et non comme AINS alors qu’il en est très proche.



L’Ultra-Trail du Mont-Blanc s’est-il perdu ?

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Vitrine de la discipline en France, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc est devenu une marque commerciale en rupture avec l’esprit nature et libertaire des origines.

 

« De la construction du mythe à l’incarnation d’un avatar de l’hypermodernité » : le sous-titre donné par le sociologue Olivier Bessy à son ouvrage 20 ans d’UTMB1 résume le regard critique que beaucoup portent sur « un évènement marchand qui se perd dans la surenchère ».

« Au départ, rappelle la journaliste Patricia Oudit2, l’UTMB, l’Utra-Trail du Mont-Blanc, c’est une course de 170 kilomètres créée en 2003 à Chamonix par Catherine et Michel Poletti. Aujourd’hui, il s’est mué en un groupe, achetant ou franchisant des compétitions, pour devenir le plus gros circuit de courses d’ultra-trail au monde : 51 évènements appelés World Series dans 28 pays annoncés en 2025, rassemblant 165 000 participants3. »

En 2003, ils étaient 633 pionniers au départ de l’UTMB, dont seulement 67 rallièrent l’arrivée. Deux ans plus tard ils étaient trois fois plus et le nombre de finishers multiplié par dix. La participation continuant à progresser de façon exponentielle, les organisateurs ont d’abord limité les inscriptions à 2 500 personnes pour éviter les bouchons sur les sentiers, puis lancé des courses parallèles. À la règle du « premier arrivé, premier servi » s’est également substitué un tirage au sort, puis aujourd’hui un système de qualification par points à glaner dans les épreuves labélisées UTMB partout dans le monde…

Le mastodonte né du mariage de la PME Poletti avec géant américain du triathlon Ironman n’hésite pas à racheter ou à étouffer les épreuves restées cantonnées à leur terroir d’origine. L’ogre UTMB a même voulu avaler les Templiers, autre évènement emblématique de l’utra-trail, qui réunit en octobre plus de 10 000 participants. Identifié aux Grands causses aveyronnais, le Festival des Templiers a lui-même évolué et quitté en 2009 la commune de Nant pour Millau, préfecture de l’Aveyron, plus apte à héberger la masse des participants.

Face à la « course au dossard » effrénée qui risque de dénaturer l’esprit des origines, ce sont toutefois les amateurs de trail qui ont la clé. Il leur suffit de cesser de se focaliser sur les épreuves les plus fameuses et d’aller à la découverte des organisations à taille humaine qui animent les territoires. Ph.B.

(1) Paru en août 2024 à compte d’auteur (19 €) : www.olivierbessy.com

(2) Le Monde du 17 novembre 2024.

(3) En 2025, 25 000 demandes, pour cinq fois moins de places, ont été enregistrées pour les trois courses principales : l’UTMB (176 km, 9 900m en D+), la Courmayeur-Champex-Chamonix (101 km ; 6050 D+) et l’Orsières-Champex-Chamonix (57 km, 3 500 D+).



Trail : parcours prévention santé, fausse bonne idée ?

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Mis en place par la FFA en 2024, le Parcours prévention santé (PPS) consiste en de courtes vidéos en ligne (trois minutes en tout) censées responsabiliser le sportif face aux risques de santé liés aux courses hors stade et aux trails. Le PPS découle de la loi de 2022 visant à démocratiser la pratique du sport en France et se substitue, pour tout majeur, au certificat médical d’aptitude à la pratique. Cela concerne deux millions d’inscrits et 10 000 courses. Concrètement, tout participant.e doit se connecter sur une plateforme dédiée dans les trois mois précédant sa ou ses compétitions, afin d’obtenir une attestation avec un QR code.

Cette disposition a pour conséquence la non prise en compte des licences Ufolep (et FSGT1, FSCF1, FF Triathlon…) pour les manifestations « ouvertes » organisées ou autorisées par la FFA. Elle contrevient ainsi à la convention liant nos fédérations depuis 2006 et permettait à nos licenciés de participer aux courses FFA1 sans besoin d’effectuer d’autre démarche.

Le plus dommageable est que cette mesure n’encourage pas la pratique licenciée. De surcroît, un licencié Ufolep doit renouveler la démarche plusieurs fois par saison quand un licencié FFA ne doit l’effectuer qu’une seule fois. Toutefois l’Ufolep a bon espoir que cette disposition pénalisante soit adaptée après la phase de test qui s’achevait fin avril.

 

(1) Concernant les épreuves Ufolep, le code du sport continue de prévaloir : acceptation du questionnaire de santé, d’une licence sportive mentionnant la discipline pratiquée (quelle que soit la fédération) ou d’un certificat médical de moins d’un an.



Le trail Ufolep trace son chemin partout en France

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Partout, des associations Ufolep organisent des épreuves plus ou moins exigeantes. Quatre exemples départementaux.

 

En Charente, la 19e édition du Trail des Gorges du Chambon et du Montbronnais, organisée par l’Ufolep Team 16 Club Multisport, se déroule le 21 septembre, avec un ultra de 86 km et 2700 D+ ouvert à la participation en duo.

Dans le Jura, la 20e édition du Trail des reculées organisé par l’Amicale laïque lédonienne a réuni le 6 avril près de 2 000 concurrents, dont le président national de l’Ufolep. Avec en prime les animations du « village » installé dès le samedi dans le centre de Lons-le-Saulnier, dont un « troc-trail ».

Dans la Nièvre, Morvan Oxygène propose le 28 juin à Château-Chinon son premier Trifolium trail, avec des épreuves de jour et une de nuit et pour mots d’ordre « convivialité », « écoresponsabilité » et « économie », en référence à un coût d’inscription minimum.

Dans les Yvelines, l’hiver a vu se succéder le 8 décembre le premier Trail des Arpents (17 et 35 km en vallée) organisé en vallée de Chevreuse par Alternature 3R, puis le 9 février à Gambais la Trace des Loups (15 et 30 km) balisée par la Wolf Gamb Team, et le 16 mars le traditionnel Trail d’Auffargis (26 km 700D+ et 45 km 1200 D+) proposé par ASR Trail.



Une brève histoire du trail

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Le trail, abréviation francophone de l’anglais trail running (course sur sentier), trouve ses origines dans la tradition britannique des courses en montagne. Dans les années 1970, sa pratique se structure et se diffuse parallèlement à la vogue des courses sur route, compétitions à l’appui. En 1977 aux États-Unis, Gordy Ainsleigh vient ainsi à bout des 160 km de la mythique Western States Endurance Run.

Outre la distance, le dénivelé et la technicité des chemins entrent en compte dans la difficulté des parcours. Les organisateurs peuvent aussi imposer une barrière horaire et déclarer hors course les concurrents trop attardés. Le trail revendique par ailleurs sa proximité avec la nature et son souci de réduire le plus possible l’impact du passage des coureurs.

En France, bien que le trail soit éloigné de sa culture, la Fédération française d’athlétisme a obtenu en 2008 la délégation du ministère des Sports pour organiser la pratique et les compétitions, et classifié les courses selon leur difficulté : trail découverte (moins de 21 km), trail court (de 21 à 42 km), trail (plus de 42 km) et ultra trail (plus de 80 km). Les portions goudronnées ne doivent pas dépasser 25 % pour les deux premières distances et 15 % pour les plus longues. Toutefois, la majorité des pratiquants ne sont pas licenciés et de nombreuses associations organisatrices ne sont pas affiliées à la FFA, les compétitions les plus emblématiques relevant des entreprises privées.

Économiquement, le trail est aussi devenu un marché porteur : selon l’enquête menée en 2023 par l’Union Sport & Cycle, un utra-traileur dépense plus de 1 100 euros par an pour s’équiper. Dans le sillage de Kilian Jornet ou François d’Haene, les trailers les plus en vue bénéficient ainsi de contrats de sponsoring, avec pour marques phares Hoka, Millet ou Salomon.

 



Trail : relancer Se’Coureur

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Expérimenté en 2015 dans les Pyrénées-Atlantiques puis élargi à l’ensemble du réseau Ufolep, le dispositif Se’Coureur facilite les premiers secours en s’appuyant sur les concurrents titulaires du PSC1 ou possédant de compétences médicales. « En échange de leur disponibilité pour porter assistance à toute personne blessée ou en difficulté, l’inscription est gratuite. Mais le développement du dispositif a été freiné par l’absence de croisement numérique du listing des Se’Coureurs avec celui des engagés, ce qui alourdit la gestion, explique Stéphane Lalanne, qui anime l’équipe pédagogique nationale en charge du secourisme. L’EPN n’étant pas identifiée à la course à pied, la communication n’était pas non plus optimum et il sera sans doute plus facile pour le nouveau GT trail de communiquer en direct vers les clubs. »



Le trail Ufolep, ou comment fédérer hors des sentiers battus

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Les associations Ufolep sont de plus en plus nombreuses à pratiquer le trail, désormais identifié par un code activité distinct de celui des courses hors stade et accompagné par un groupe de travail national. Objectif : mieux fédérer la discipline en développant notamment l’approche éducative auprès des enfants.

C’est en 2015, à l’âge de 29 ans, que Loïc, alors pratiquant et coach d’athlétisme, s’est mis au trail. « Pour rompre la monotonie des tours de piste, explique-t-il, j’ai commencé à emmener les enfants courir en milieu naturel. C’étaient les débuts de la popularisation du trail et, l’année suivante, j’ai fondé ma propre association, avec une école de trail en parallèle de la pratique adulte. Je me suis moi-même pris au jeu et, après de premiers essais sur des distances de 8 à 10 km, poussé par l’envie de se dépasser que favorisent les entraînements en groupe, je suis passé à des épreuves plus longues. Aujourd’hui je participe à des 100 km en y prenant un immense plaisir. »

Certes, tous les « traileurs » n’ont pas la condition physique ni la fibre associative aussi développée que Loïc Blanchet, délégué Ufolep de la Gironde, dont l’association Fronsadais sport nature compte 105 licenciés, dont la moitié d’enfants. Son itinéraire personnel n’en illustre pas moins le vif engouement pour la course nature à fort dénivelé, dans le sillage des épreuves emblématiques que sont Les Templiers à Millau (Aveyron), l’UTMB à Chamonix (Haute-Savoie) ou la Diagonale des fous à La Réunion.

 

Groupe de travail

Depuis deux ans, en plus de la case « course hors stade », les associations Ufolep peuvent ainsi cocher « trail » dans leur formulaire d’affiliation : 133 l’ont fait cette saison, pour 1 516 licenciés, tandis qu’on estime à 25 000 les adeptes engagés dans les multiples épreuves organisées sous la bannière de la fédération1.

Un groupe de travail national vient également d’être constitué pour développer l’activité, avec pour mission de construire des formations, proposer des outils de communication et faire profiter les associations de services et de partenariats. Dans l’immédiat, il planche sur un Guide des organisateurs. Ce GT trail offre par ailleurs la particularité est de réunir principalement des délégués départementaux qui, à l’instar de Loïc Blanchet*, sont souvent eux-mêmes pratiquants et membres d’une association. D’où une connaissance fine de l’activité et de la façon dont elle s’est développée sur leur territoire.

« En Dordogne, explique Patrick Mans*, aujourd’hui délégué de Nouvelle-Aquitaine, dès les années 2000 nous organisions dans le Sarladais le Trail des Picadis2 avec un foyer rural qui souhaitait faire connaître son territoire. Et lorsque j’ai créé en 2019 l’association Sport Nature des Côteaux avec des amis, je courais depuis déjà dix ans avec la section trail-marche nordique de l’amicale laïque de Saint-Astier. »

Pour étoffer la participation sans balisage supplémentaire, les clubs organisateurs de randos VTT ont aussi pris l’habitude d’y greffer un trail loisir n’exigeant pas d’appliquer les règlements techniques de la Fédération française d’athlétisme. Enfin, ces dernières années, « la pratique et l’offre d’épreuves ont explosé ».

En Dordogne comme ailleurs, nombre d’associations sont en effet organisatrices. « Cela les identifie à un territoire, avec un nom et une formule qui les distinguent », explique Patrick Mans. Le Relais des Potos organisé par son club en son fief de Saint-Jean-d’Estissac s’affiche ainsi festif et convivial, avec final nocturne ponctué d’un banquet façon irréductibles gaulois.

 

Montagne et tourisme

La pratique du trail exige toutefois un minimum de relief. Aussi recense-t-on moins d’adeptes dans les « plats pays » comme la Beauce, les Landes ou le Médoc. Pour changer de la montée-descente des côteaux de la Dordogne ou de la Garonne, les traileurs du Fronsadais sport nature de Loïc Blanchet s’offrent aussi quelques week-ends au Pays basque. S’ils le souhaitent, qu’ils sachent qu’à l’occasion de l’une de leurs virées ils pourront participer en juillet à la première édition du trail Ufolep d’Iholdy, entre Saint-Palais et Cambo-les-Bains.

Toujours dans les Pyrénées-Atlantiques, mais côté Béarn cette fois, deux autres épreuves Ufolep proposent de découvrir les vallées de l’Ouzoum et d’Ossau. « Nous proposons aux associations la prise en charge du dépôt des dossiers sur la plateforme préfectorale et du prêt du matériel : arches, barnum, chasubles, bidons et dossard "pucés" pour le chronométrage. Plus l’offre assurance », détaille le délégué départemental, Stéphane Lalanne.

Après quinze éditions, le comité a en revanche passé le relais du Tour de l’Ossau, « lancé à l’époque pour accompagner l’essor de l’activité et travailler les questions d’environnement avec le Parc national des Pyrénées ». En lieu et place, il propose depuis cette année à Gelos, près de Pau, un trail nocturne hivernal où – c’est la touche Ufolep – les participants ne paient aucun engagement mais font un don aux Restos du cœur.

Plus à l’est, l’Ufolep Ariège fédère pour sa part trois associations, dont l’organisatrice de l’UltrAriège, qui draine 1500 concurrents sur les 6 courses – dont l’une de 170 km – proposées au départ de Guzet avec arrivée à Ax-les-Thermes en passant par les Monts d’Olmes, trois stations habituellement fréquentées par les skieurs ou les curistes.

« Derrière les licenciés, il y a aussi 600 bénévoles et un enjeu touristique qui justifie le soutien de la communauté de communes de Haute-Ariège », souligne le délégué Ufolep, Camille Brunel*. À 38 ans, ce footeux est lui-même devenu adepte du trail et prévoit de bientôt s’engager sur des épreuves où, « au-delà de la poignée de coureurs qui jouent la gagne, tous les autres sont à la fois dans le dépassement de soi, le partage et l’entraide : si je mets dix minutes pour avoir aidé celui qui tombe devant moi ou a un "coup de moins bien", quelle importance ? »

 

Des Alpes au Massif central

Les enjeux touristiques sont également présents dans les Hautes-Alpes. « Les épreuves fleurissent sitôt terminée la saison de ski. De mai à octobre, il y en a au moins une par week-end, souvent en lien avec des communautés de communes ou des offices de tourisme souhaitant animer leur territoire », constate la déléguée départementale Ufolep, Florine Renard*.

La pratique associative est en revanche encore à la traîne. À ce jour, seuls deux clubs Ufolep – Tallard D+ et l’Association sportive et culturelle de La Saulce – proposent l’activité. À l’initiative d’un groupe de marcheurs nordiques d’Ancelle, près de Gap, un troisième s’apprête toutefois à les rejoindre pour organiser un rendez-vous de marche nordique au printemps et un trail en fin de saison : une première édition pour laquelle ces néophytes tablent sur 300 participants.

« Côté pratiquants, le potentiel est là. Mais pour fédérer des associations ou convaincre ceux qui courent de façon autonome d’en créer une, il faudrait pouvoir proposer des formations d’animateur et d’autres services que la seule couverture assurance », estime la déléguée, qui a elle-même fondé il y a quelques années Run in Gréoux dans les Alpes-du-Sud, où elle était précédemment en poste.

Autre configuration dans le Cantal, où la marque Ufolep est mise en valeur par l’Ultra trail du Puy Mary, initié il y a onze ans par l’association Trail Odyssée Montagne, dite TOM 15. « Mi-juin, l’UTPMA attire 3 000 participants sur trois jours. Outre l’épreuve phare, on y trouve des courses aux distances plus accessibles, des randonnées et une "course des super héros" pour les enfants, Pour nous, c’est une vitrine, la reconnaissance d’un savoir-faire et l’occasion d’associer nos associations de randonnée », résume le délégué Ufolep, Philippe Couderc.

 

Fédérer

Bien souvent, à l’Ufolep le trail coexiste avec d’autres sport nature comme le VTT. D’autres associations proposent d’alterner entre course hors stade et trail. « C’est le cas dans la Loire où, en dehors du massif du Pilat [alt. 1 432 m], les reliefs ne sont pas très affirmés, mais où tout est vallonné. Au Running Club Lerptien, près de Saint-Étienne, nous faisons ainsi de la route et du chemin en profitant de la proximité des gorges de la Loire », confie le délégué Ufolep, Mathieu Serre*.

Idem à l’amicale de Renaison, où la section running-course nature-trail-randonnée-marche nordique organise l’automnale « Treille en côte roannaise » avec les producteurs de ce vin AOC : « La formule se veut loisir, solidaire et festive : 42 km en équipe de trois, le dernier relayeur effectuant une quatrième et dernière boucle avec ses coéquipiers. Tu te balades dans les vignes et à l’arrivée tu peux déguster vins et fromages locaux au son d’un orchestre ! »

Mathieu Serre se demande également : « Où commence le trail ? Dès que l’on court dans les chemins ? Quand on ajoute du dénivelé, de la durée ? Quand on met un dossard ? Certains le pratiquent peut-être sans cocher le code activité ! »

Il suffit en effet de chausser une paire de baskets – ou plutôt de chaussures adaptées, légères mais au talon et à la pointe renforcée et à la semelle offrant une bonne accroche – pour pratiquer le trail. Après s’être émancipé des tartans et du macadam, ses adeptes peuvent vivre leur passion en toute liberté et juste s’inscrire à quelques courses pour se fixer un objectif ou par envie de se mesurer aux autres.

Question : ces pratiquants sont-ils plus rétifs que d’autres sportifs à la vie associative ou au fait de s’affilier ensuite à une fédération ? « Peut-être ne leur propose-t-on pas d’offre adaptée ! Et si je m’interroge sur l’intérêt de championnats départementaux ou régionaux, l’Ufolep gagnerait en revanche à mettre en avant son savoir-faire éducatif auprès des enfants », estime Loïc Blanchet, avec en tête sa propre école de trail où, au détour des chemins, les enfants découvrent la faune et la flore et s’initient à l’orientation ou à la sarbacane. « À voir leurs parents courir, poursuit-il, les enfants ont naturellement envie de les imiter. À nous de proposer des programmes et des livrets d’activité, avec une progression des compétences, et d’organiser à leur intention de petits rassemblements. » « Pour cela, il faut des éducateurs formés, complète Patrick Mans. Or la plupart des clubs n’en ont pas : c’est pourquoi la formation est l’une des priorités de notre groupe de travail. »

Le délégué de Nouvelle-Aquitaine invite aussi à tenir compte de l’évolution des profils. Non seulement la pratique s’est féminisée (38 % de licenciées à l’Ufolep), mais les vingtenaires et les sexagénaires encadrent désormais la tranche des 30-40-50 ans : « Les seniors ont du temps pour s’entraîner et souvent une excellente hygiène de vie. Du coup, ils sont très performants sur les parcours accidentés où l’on marche vite plus que l’on ne court ! »

« Ce que l’Ufolep peut apporter aux associations, affirme Camille Brunel, c’est l’appui d’une fédération à l’écoute et qui, tout en laissant une grande liberté de pratique, les fait profiter de sa proximité avec les collectivités locales et peut leur ouvrir la porte à des financements. » En Ariège, plusieurs dirigeants d’associations de trail ont ainsi rejoint le nouveau comité directeur et une commission technique départementale a été créée, qui pourra réfléchir à l’intérêt d’un challenge départemental ou d’investir dans du matériel mutualisé pour le balisage ou le chronométrage numérique. Le genre de choses auxquelles les délégués Ufolep amateurs de trail ne peuvent parfois s’empêcher de penser lorsqu’ils partent se vider la tête hors des sentiers battus. Philippe Brenot

 

*Membres du GT trail.

(1) Sur la base d’une enquête qui a enregistré les réponses de 50 comités. Par ailleurs, on compte parmi les 1 516 licenciés Ufolep 573 femmes, et 108 personnes âgées de moins de 18 ans. De son côté, la FFA revendique 35 000 licenciés déclarant pratiquer le trail.

(2) Les « champs », en patois.



Le sport contre l’endométriose

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En appui du récent guide ministériel, le médecin fédéral de l’Ufolep souligne les bénéfices de l’activité physique face aux douleurs provoquées chez les femmes par l’endométriose. 

 

Pathologie longtemps cachée mais dont une femme sur dix est porteuse, l’endométriose est devenue depuis trois ans une priorité en santé du gouvernement, avec pour principales mesures le congé menstruel, l’accès élargi au test salivaire1 pour identifier la maladie et la reconnaissance en affection de longue durée (ALD) par la sécurité sociale.

Définition. L’endométriose se manifeste durant les règles par des douleurs anormalement fortes. Présente normalement en surface de l’utérus, la muqueuse appelée « endomètre » se retrouve alors dans des zones non prévues telles que le muscle utérin (adénomyose), les annexes trompes et les ovaires (endométriose génitale) et des organes périphériques (péritoine, vessie, canal rectal et anal), mais aussi parfois dans le foie, la plèvre des poumons et même le cerveau ! L’endométriose a notamment pour conséquence une moindre fertilité et nécessite alors un accompagnement spécialisé.

L’endométriose est une maladie complexe, liée à l’héritage génétique et à l’environnement. Selon une étude britannique2, la plupart des cas d’endométriose sont également liés à des traumatismes de l’enfance (violences, perte de confiance). C’est aussi une maladie systémique, c’est-à-dire globale, car l’intensité de la douleur affecte les patientes sur le plan de l’énergie physique et du psychisme, avec un fort impact sur la vie quotidienne et professionnelle.

Traitements. Les traitements de l’endométriose sont multiples et peuvent se conjuguer, notamment pour lutter contre les douleurs : arrêt des règles par contraception (de préférence) ou traitement hormonal, prise de médicaments ou utilisation d’un neurostimulateur électrique. Il convient aussi de favoriser une bonne hygiène de vie (sommeil, alimentation saine, éviter alcool et tabac). Une prise en charge par psychothérapie peut également s’avérer nécessaire. Enfin, il est important de lutter contre la sédentarité et de conserver ou de reprendre une activité physique.

Activité physique. Les douleurs et la fatigue générale occasionnée par la maladie peuvent inciter les femmes souffrant de cette maladie invalidante à renoncer à l’activité physique. Or celle-ci sécrète naturellement des substances anti-inflammatoires et des endorphines qui soulagent les douleurs, tandis que l’énergie développée aide aussi à surmonter la fatigue. Tout en luttant contre la sédentarité liée au travail de bureau – se lever régulièrement et marcher dans le couloir –, il convient d’avoir une activité physique, mais adaptée et individualisée : exercices d’endurance progressifs, étirements appropriés aux organes atteints, exercices respiratoires et de posture.

Si l’activité physique est un traitement adjuvant nécessaire au traitement de la plupart des maladies chroniques et au maintien d’un bon niveau de santé, dans le cas de l’endométriose une activité régulière entrainera de réels bénéfices sur l’intensité des douleurs, l’estime de soi et la qualité de vie.

Marie-Christine Favérial-Labuzan, médecin généraliste, médecin fédéral de l’Ufolep

(1) L’endotest, mesure annoncée le 5 mars.

(2) Jama psychiatry, 2024.

 

Bouger contre la maladie. Le guide numérique « En mouvement avec l’endométriose » édité par le ministère des Sports a été réalisé par l’équipe pluridisciplinaire d’une Maison sport santé, en collaboration avec une médecin du sport et gynécologue. Il dispense des conseils adaptés à chaque femme (peu ou pas active ou au contraire pratiquante assidue d’une activité physique ou sportive), avec trois règles d’or : ne pas bloquer sa respiration lors d’exercices de renforcement musculaire (cela augmente la pression intra-abdominale) ; éviter les pratiques nécessitant des sauts (course ou boxe par exemple) ; adapter l’intensité de sa pratique selon la fatigue et les douleurs ressenties.

Un QR code donne accès aux témoignages d’une pratiquante en Maison sport santé et de la basketteuse internationale Sandrine Gruda. Le guide mentionne aussi les associations engagées contre l’endométriose, comme EndoFrance, dont Thomas Ramos est le parrain. Solidaire de son épouse, le rugbyman du Stade Toulousain met en évidence le rôle du conjoint dans la prise en compte de la maladie et de ses effets au quotidien.


Télécharger le guide sur www.sports.gouv.fr

L’Ufolep partenaire des Euro Games Lyon 2025

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« Festival européen du sport, de l’inclusion et de la diversité », les Euro Games Lyon 2025 proposent du mercredi 23 au samedi 26 juillet des épreuves ouvertes à tous dans 37 disciplines. L’évènement est soutenu par les collectivités locales (office municipal des sports, Métropole du Grand Lyon, ville de Villeurbanne), la Dilcrah (délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT) et la Fédération sportive LGBT+. Pour sa part, l’Ufolep, déjà partenaire des Gay Games Paris 2018, contribuera à l’organisation des épreuves de gymnastique, animera un stand dans le « village » installé place du maréchal Lyautey et participera à des conférences.


https://lyon2025.com/

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