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Je me souviens du sport : la montagne de Sophie Cuenot

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Chamoniarde d’origine, Sophie Cuenot, 46 ans, vit près de Grenoble où, après avoir été journaliste à Radio France, elle est assistante de programmation des Rencontres Montagnes & Sciences. Elle a publié plusieurs ouvrages aux éditions Guérin, dont Paris camp de basele Roman de Chamonix et récemment une biographie richement illustrée du fameux illustrateur Samivel.

 

Je me souviens de ma première descente de la Vallée blanche, le jour de mes dix ans avec mon père, qui était guide de haute montagne : un parcours initiatique pour tout jeune Chamoniard qui se respecte, tout au moins à l’époque. Ce n’est pas rien de monter au sommet de l’Aiguille du Midi en téléphérique, de descendre l’arête de neige puis de chausser les skis et d’enchainer 2 800 mètres de dénivelé parmi les crevasses de la Mer de glace. C’était début mai. Dans les années 1980, nous avions beaucoup de neige, très tôt et très tard dans la saison... À un moment j’avais eu un coup de mou et, pour me requinquer, mon père m’avait donné quelques gouttes de Ricqlès sur un sucre.

Je me souviens de mon initiation à l’escalade sur la falaise des Gaillands, toujours avec mon père. C’est un endroit magique qui « sent la montagne », avec ce rocher bien propre, près d’un petit lac et face au massif du Mont-Blanc. Mais j’avais une grande appréhension du vide.

Je me souviens du jour où mon instituteur de CE2, guide lui aussi, nous a emmené pour une sortie à skis un peu exceptionnelle, après avoir farté les siens pendant la classe. Chaque semaine nous allions skier, mais cette fois-ci, dans le secteur des Grands Montets, nous étions descendus parmi les sapins jusqu’à la route où nous attendait le bus scolaire. « Surtout, ne dites pas à vos parents que nous étions hors-piste ! », nous avait-il demandé. C’était notre petit secret avec le maître.

Je me souviens du Tour du Manaslu, au Népal, qui reste l’une des plus belles expériences de ma vie. J’adore la randonnée, prendre le temps en montagne.

Je me souviens de Robert Paragot, avec qui j’ai co-signé Paris, camp de base en 2010. Les éditions Guérin, où ma mère travaillait comme iconographe, cherchaient un co-auteur et j’étais journaliste à Paris... À travers lui, la Chamoniarde que j’étais a découvert cette exceptionnelle génération d’alpinistes parisiens qui, après avoir fait la route et dormi dans leur voiture, s’en allaient grimper le lendemain matin. Ils ont aussi réalisé des premières qui ont fait date, dans les Alpes, les Andes et l’Himalaya.

Je me souviens de Samivel car je suis d’une génération qui a grandi avec ses dessins et aquarelles. Chez nos proches, il y avait souvent l’une d’elles au mur, avec ces montagnes blanches et pures où des alpinistes ou des skieurs, des marmottes, des chamois ou des choucas se détachent sous un ciel bleu. Un oncle et une tante possédaient aussi ses albums pour enfants, sans que je fasse le lien entre les deux. Alors, quand il y a trois ans je me suis aperçu qu’aucune vraie biographie ne lui avait été consacrée, je me suis lancée. Si son trait reste familier pour beaucoup d’entre nous, on sait moins que son œuvre artistique va de pair avec son engagement environnemental, lui qui dès les années 1950 alertait sur la fragilité de la montagne.


Samivel, par Sophie Cuénot, Guérin-Paulsen,240 pages, 56 €.

Floriane Moulin, le twirling en famille

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Membre très investie de la commission nationale twirling bâton de l’Ufolep, Floriane Moulin, 43 ans, partage sa passion d’enfance partagée en famille au sein de son club stéphanois.

 

Floriane, dirigeante d’une amicale stéphanoise et élue Ufolep de la Loire, tu es depuis janvier 2025 membre de la CN twirling bâton. Une passion d’enfance ?

On peut dire ça. J’ai commencé à l’âge de 5 ans, un peu par hasard. Membres de la section vélo de l’amicale laïque du quartier de La Terrasse, à Saint-Étienne, nos parents nous ont inscrit ma petite sœur et moi dans cette section récemment créée. Au fil des ans, notre implication dans le club n’a cessé de grandir, jusqu’à ce que nous en prenions progressivement les rênes.

 

Quel est aujourd’hui ton investissement associatif ?

Parallèlement à mon activité professionnelle au sein du groupe Casino – et de mon engagement pour préserver cette enseigne stéphanoise historique, fragilisée par des problèmes financiers –, mon emploi du temps associatif est très chargé. Et plus encore depuis les responsabilités prises au sein de la commission nationale twirling bâton, activité pratiquée à l’Ufolep par 1 080 licencié.es, dans 50 associations. Je siège aussi au comité départemental Ufolep de la Loire et j’anime la commission technique en charge de l’activité. Enfin je co-préside la section twirling bâton de l’amicale de La Terrasse1, qui réunit 26 pratiquantes âgées de 6 à 44 ans. Et pour finir je suis coach, sans pouvoir toujours me libérer pour les entraînements du samedi après-midi et du mercredi soir. Les compétitions, elles, se déroulent généralement le dimanche…

 

Votre famille vit donc twirling bâton…

Oui, nous formons un véritable « club-famille » puisque ma fille de 13 ans et ma nièce pratiquent aussi, tandis que ma sœur cogère le club avec moi. Ma mère, qui nous accompagne depuis le début, s’est aussi impliquée de plus en plus, jusqu’à devenir juge. Et, avec le temps, les filles du club qui me suivent depuis que je suis toute petite sont aussi devenues une seconde famille !

 

Jamais de disputes ?

Non, l’entente règne. Nous partageons la même passion : cela crée des liens forts et dépasse la simple amitié. Nous organisons régulièrement des repas et des moments de convivialité. Cela va bien au-delà de l’aspect purement sportif.

 

Et votre fille ? Comment vit-elle cette immersion ?

Elle est née dans cet univers. Après avoir accouché en octobre, j’ai rapidement repris l’entraînement pour revenir à la compétition dès le mois de mars suivant. Dès qu’elle a été en âge de pratiquer, elle s’est naturellement tournée vers le twirling bâton.

 

Est-ce toujours facile de concilier engagement associatif et vie familiale ?

Mon compagnon me dit parfois que je consacre trop de temps au twirling bâton... En revanche, lorsque ma fille, Louise, pratique en même temps que moi, cela facilite l’organisation puisque nous sommes toutes les deux au même endroit, au même moment. Si elle pratiquait un autre sport, là oui ça serait compliqué !

 

Vous avez brillé aux Nationaux, en juin dernier à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme)…

Oui ! J’ai obtenu un titre individuel, en « grande équipe » avec ma sœur, Charlène, et en « intergénération », avec Charlène et Louise, qui par ailleurs a obtenu deux autres titres, en individuel et « petite intergénération ». Nous avons terminé premier club de France, avec un score de 94 sur 100, pour 11 titres sur 16 passages ! Mais, au-delà de la compétition qui est la raison d’être de cet événement, le National c’est un week-end hors du temps, dans notre bulle, et des moments de convivialité qui en font le temps fort de l’année. Recueilli par A.R.

 

(1) Très active, l’amicale réunit plus de 200 licenciés dans 20 sections culturelles et sportives (dans des activités santé-bien-être et d’expression).



L’amicale laïque de la Chevrolière, 80 ans et une vitalité intacte

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Créée en 1946, l’amicale laïque de la Chevrolière, près de Nantes, compte 190 licenciés Ufolep pour 300 adhérents et a su conserver son dynamisme.

 

Bénédicte Benoist, l’Amicale laïque de la Chevrolière fête ses 80 ans, et vous vos 17 ans de présidence…

Oui, ça passe vite ! J’ai rejoint l’amicale laïque au début des années 1990 en accompagnant mon mari, Bruno, au volley-ball. J’avais une trentaine d’années –

 j’en ai 62 aujourd’hui – et jusqu’alors j’étais footballeuse : normande d’origine, j’ai joué au Havre puis avec les Cheminots de Nantes et à Rezé… Mais pas à La Chevrolière. Nos enfants ont également fait partie de l’amicale à travers le sport scolaire : élèves de l’école publique, ils étaient licenciés à l’Usep, qui constitue de longue date une section à part entière de l’amicale. Jeunes parents, nous participions aussi aux fêtes d’école, aux lotos, à la fête de l’Anguille au lac de Grand-Lieu… L’amicale faisait partie du paysage. Mon mari a ensuite pris des responsabilités au sein du volley-ball et moi à titre plus général, jusqu’à assumer la présidence depuis 2009. Je suis également membre et responsable de la section « À son rythme », destinée au public senior.

 

Vous avez aussi créé une section informatique…

Il se trouve que j’étais formatrice informatique à mon compte. Puis, alors que j’avais interrompu mon activité professionnelle après la naissance de notre troisième fille, en 1998, des adhérents peu habiles avec les ordinateurs m’ont demandé de les aider à se débrouiller : « Bénédicte, l'informatique se développe, tout le monde en a besoin, mais on ne comprend pas tout… » D’où l'idée de monter un club, créé en 2000. Je continue de donner bénévolement des cours du lundi au jeudi à une centaine d’adhérents.

 

Justement, combien l’amicale en compte-t-elle en tout ?

Environ 300, dont 190 licenciés à l’Ufolep. Plus les 250 enfants de l’Usep. Cela varie d’une année sur l’autre en fonction de l’engagement des enseignants.

 

Comment l’amicale est-elle dirigée ?

Il existe un bureau, mais c’est le conseil d'administration qui est décisionnaire. Outre les membres actifs et ceux qui assument la présidence ou les fonctions de secrétaire et trésorier, y siègent un responsable par section : aqualudique, volley-ball, tennis de table et À son rythme pour les sections sportives, plus SOS Informatique et l’Usep, avec un responsable pour l’école maternelle et un autre pour l’élémentaire. Il y a aussi Lire et faire lire, qui n’est pas une section à part entière. Les sections sont indépendantes, chacune avec leur compte en banque, à l’exception d’À son rythme, qui pour les finances est rattachée au compte de l’amicale. Chacun est autonome, même si en cas de souci il est possible de s’aider les uns les autres.

 

Avec des cagnottes ?

Aujourd’hui, nous organisons surtout les deux lotos annuels, qui permettent d’aider les écoles, certaines sections, ou d’améliorer les finances de l’amicale elle-même. Le volley-ball et le tennis de table organisent également un tournoi.

 

Quel lien entretenez-vous avec le comité Ufolep de Loire-Atlantique ?

J'assiste le plus possible aux réunions concernant l'affiliation et l'assurance et nous diffusons les informations de la newsletter départementale ou de la revue nationale, notamment pour savoir quel appui peut nous apporter la fédération. Nous sommes toujours plusieurs à assister à l'assemblée générale départementale et, à titre personnel, Bruno et moi sommes aussi bénévoles pour la marche solidaire organisée par le comité dans le cadre d’Octobre Rose : préparation du matériel, installation, accueil de marcheurs…

 

Revenons à l’histoire de l’amicale, apparue au lendemain de la Seconde Guerre mondiale…

Elle a été créée par des instituteurs, initialement sous le nom des Amis de l’école publique, afin de défendre la laïcité dans un contexte local où l’école catholique était très majoritaire. Ce n’est plus le cas : depuis une trentaine d’années, on est plutôt à l’équilibre. C’est aussi à cette époque qu’a été créée la cantine de l’école.

 

Les activités sportives, elles, sont arrivées dans les années 1970…

La section aqualudique a été créée en 1975, celle de tennis de table en 1977 et celle de volley-ball en 1987. Une section billard a également vu le jour, avant de faire scission. À l’époque, tous ceux qui étaient à l’initiative de ses activités étaient plus ou moins dans l’Éducation nationale. Cela a changé depuis, sauf pour l’Usep. Quant à la section À son rythme, elle va fêter ses quatre ans. Pour être exhaustif, il y a longtemps eu une section photo, disparue avec le passage de la pellicule au numérique.

 

Avez-vous envisagé de créer d’autres sections sportives ?

Non, car le tissu de clubs est déjà très dense et l’idée n’est pas de marcher sur leurs plates-bandes. Au-delà, la commune compte plus de 60 associations. Et quand une activité n’est pas présente à La Chevrolière, elle l’est sur l’une des communes voisines. Les licenciés de notre section volley viennent aussi des alentours, et en informatique j’accueille des gens de 15 communes différentes ! Nous n’appliquons pas de tarifs différenciés selon la domiciliation. C’est l’esprit de l’éducation populaire pour tous.

 

L’environnement local a beaucoup évolué en 80 ans. Hier un village, La Chevrolière est devenue un bourg de la couronne urbaine nantaise…

Quand je suis arrivée en 1989, nous étions 1 500, et à part quelques pièces rapportées comme moi il n’y avait que des locaux. Désormais nous sommes presque 7 000, en majorité des gens venus de la ville pour trouver un coin de campagne. Cette forte croissance de la population s’est retrouvée dans nos effectifs. En volley, nous sommes passés d’une équipe masculine et d’une équipe féminine à quatre équipes mixtes, car entre-temps les modes de pratique ont changé eux aussi. Et nous pourrions en engager une ou deux de plus si nous disposions de créneaux supplémentaires au complexe sportif. Idem pour la section aqualudique, pour laquelle on ne peut pas agrandir le bassin, ou ma section informatique, dont je ne souhaite pas élargir les horaires afin de conserver une vie personnelle et familiale !

 

L’amicale continue néanmoins de fonctionner quasi-exclusivement avec des bénévoles…

Oui, même si le bénévolat à longue durée devient rare. Les gens nous aident, mais ponctuellement, et les parents d’élèves mettent moins la main à la pâte qu’avant. Seule l'intervenante de la section À son rythme, qui doit impérativement posséder un diplôme en activités physiques adaptées, est rémunérée. Mais pour la section aqualudique les 20 encadrants sont tous bénévoles. Tout en restant sous la surveillance des maîtres-nageurs ! Propos recueillis par Aurélien Boudet

 

L’Ufolep s’avance vers son centenaire. L’Ufolep entend fêter dignement son centenaire en 2028. Tout en regardant vers l’avenir, la fédération souhaite réunir à cette occasion les traces de son passé et de celui des associations et honorer celles et ceux qui ont fait son histoire. Si vous-mêmes êtes dépositaires d’une partie de cette mémoire collective (documents, journaux, photos et illustrations, récits, etc.), n’hésitez pas à nous contacter : pbrenot.laligue@ufolep.org



En dix ans, Sologne Multisports a pris racine

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Arnaud Latouche, enseignant de 49 ans, anime à Vouzon (Loir-et-Cher) cette association loisir forte d’une trentaine de licenciés jeunes et adultes, qui envisage à présent de s’ouvrir aux enfants.

 

« Le multisport, je connaissais un peu pour enseigner l’EPS à mes élèves de Segpa1 du collège de Lamotte-Beuvron. Mais c’est par hasard que j’ai créé il y a bientôt dix ans l’association Sologne Multisports, que je préside. Une halle sportive venait d’être inaugurée sur la commune et, à la demande du président du club de badminton où jouait mon fils, j’assistais à une réunion pour la répartition des créneaux. Apprenant que celui du mercredi soir était libre, j’ai sollicité des copains et nous nous sommes retrouvés à une dizaine pour jouer au foot, au basket et à d’autres sports, comme quand on était gamins. Puis le cercle s’est progressivement élargi aux amis d’amis et aux habitants de Vouzon et des villages avoisinants, autour d’une offre multisport loisir qui n’existait pas localement. »

 

Profils. « Nous nous sommes affiliés dès le début à l’Ufolep, que je connaissais en tant qu’enseignant. Nous avons débuté avec quelques ballons. Puis les premières cotisations et une subvention municipale ont financé l’achat de divers petits matériels et de cadres de tchoukball, une discipline que je pratiquais ponctuellement avec mes élèves. La stratégie et le sens du placement y priment sur le physique, ce qui met tout le monde au même niveau. Globalement, c’est l’idée ! Au départ, nous étions surtout d’anciens sportifs trentenaires ou quadragénaires qui n’avaient plus envie de faire des kilomètres pour s’entraîner ou jouer en club, et appréciaient de pouvoir s’entretenir physiquement près de chez eux, en s’amusant. Puis les papas ont amené leurs jeunes ados et des gens jusqu’alors éloignés de la pratique sportive nous ont également rejoint. C’est mixte évidemment, même si le masculin l’emporte sur le féminin parmi notre trentaine de licenciés. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que deux ou trois parmi les membres fondateurs et, s’il demeure un creux générationnel entre les collégiens et les adultes, nous avons quelques grands teenagers et de jeunes vingtenaires. »

 

Activités. « Nous nous accordons en début de séance sur les deux ou trois disciplines du jour : des sports collectifs – tchoukball et floorball par exemple –, et individuels quand nous sommes moins nombreux. Ce sont alors souvent des jeux de raquette, en utilisant les tables de ping-pong du club de tennis de table. Récemment nous avons aussi découvert le pickleball, qui plait tant que nous avons ouvert un créneau réservé, partagé le jeudi soir avec les pongistes, qui n’occupent que la moitié de la salle. Nous empruntons rarement du matériel départemental, vu que Blois est à près de 70 kilomètres2. Mais Kévin, le délégué Ufolep, est venu deux ou trois fois présenter des activités comme le kinball ou le poull ball, adoptées depuis. »

 

Enfants. « Nous acceptons les adolescents à partir de 12 ans. Plus jeune, c’est compliqué à gérer. Mais c’est dans l’idée de proposer un créneau spécifique enfant que j’ai participé, avec trois autres membres du club, au stage de formation du brevet fédéral multisport organisé en octobre à Blois. À court terme, l’objectif est d’organiser cette saison un ou deux évènements pour les 4-11 ans. Nous verrons comment cela répond. Outre l’obtention d’un créneau, la question de l’encadrement se posera alors. Aujourd’hui, l’animation de Sologne Multisports repose entièrement sur le bénévolat3. »

 

Formation. « Nous qui avons l’habitude d’un public adulte, ce week-end de formation nous a appris des choses sur la "gamification" des activités, pour accrocher ce jeune public et s’échauffer de façon ludique. Ce n’était pas complètement nouveau pour moi qui, autrefois, a fait de l’animation. Mais jusqu’à présent nous ne nous posions guère la question du déroulement de la séance. Avec un public enfant, il faudra y réfléchir à l’avance, et savoir répondre aux comportements individualistes que nous pourrions rencontrer. »

 

Élu. « J’ai récemment rejoint le comité Ufolep du Loir-et-Cher, pour ne pas être un simple consommateur d’activités et défendre des valeurs que je partage et mets en pratique quotidiennement dans mon métier. L’idée est de promouvoir le multisport et de proposer des rencontres entre associations sur le mode des soirées proposées par le passé par le comité départemental. Nous-mêmes en avions organisé une ou deux. Idem pour le pickleball, discipline émergente pour laquelle on pourrait même imaginer un petit championnat loisir ! »

 

(1) Segpa : section d'enseignement général et professionnel adapté.

(2) Vouzon est situé au nord-est du Loir-et-Cher, en lisière du Loiret, à 35 km au sud d’Orléans. La ville la plus proche est Lamotte-Beuvron.

(3) Cela permet de proposer une adhésion à 37 € pour les adultes et 20 € pour les adolescents.

 

« Encourager une dynamique départementale »

 

« À côté de nos interventions de nos deux éducatrices sportives auprès de centres de loisirs, nous avions lancé après le Covid un créneau multisport du mardi soir au Cercle laïque blésois, association dont notre co-présidente et un autre élu du Loir-et-Cher sont membres, explique le délégué départemental,Kévin Marchadier. Mais, faute de renouvellement des participants, ça s’est essoufflé et le rendez-vous n’a pas été reconduit cette saison. En parallèle, après une petite prospection sur internet, nous avons aussi organisé deux soirées multisports "open" où quatre associations se retrouvaient. Dont celle de Vouzon, qui elle était affiliée.

Dans la foulée, l’une de ces associations, l’US Sambinoise de loisirs (à Sambin, village disposant d’un gymnase), nous a demandé d’animer du multisport enfant, parallèlement à leur pratique adulte autonome. Depuis quatre ans, deux créneaux du vendredi soir réunissent ainsi une cinquantaine d’écoliers et de collégiens.

Nous prêtons aussi du matériel aux centres de loisirs et aux pôles ados des communes de Saint-Gervais-la-Forêt, Vineuil et Mont-près-Chambord, qui sont affiliés à l’Ufolep, pour les animations qu’ils proposent pendant les vacances. Attention toutefois à ne pas nous retrouver dépourvus pour nos propres animations sport-société ! De septembre à juillet, nous animons en effet 5 créneaux hebdomadaires pour des personnes suivies par des structures sociales ou accueillies en centre d’hébergement (demandeurs d’asile, femmes victimes de violences…), dans le cadre du Dispositif d’inclusion pour le sport (Dips) de la région Centre-Val-de-Loire. Nous encadrons aussi du multisport loisir pour l’École de la 2e chance, le foyer des jeunes de Romorantin, un Institut éducatif et professionnel spécialisé et un hôpital de jour pour adolescents, ou bien encore pour les écoles des QPV de la ville de Blois. »



Assemblée générale de Brest : l’Ufolep Finistère vent portant

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Hôte de l’assemblée générale nationale des 11-12 avril 2026, l’Ufolep Finistère connaît depuis 2021 une croissance ininterrompue qui s’appuie autant sur la pratique associative que le sport-société. Anatomie d’une dynamique départementale.

Tournant jusqu’alors autour des 5 000 licenciés, les effectifs du comité Ufolep du Finistère ont, comme ailleurs, chuté après l’épidémie de Covid, avant de vite se redresser. Depuis la croissance s’est poursuivie, jusqu’à dépasser les 7 000 adhérents la saison passée, les 527 titulaires d’UfoPass délivrés par les structures à objet non sportif s’ajoutant aux 6 716 licenciés des clubs. Soit, en pourcentage, + 33% pour les licences et + 43 % toutes adhésions confondues depuis le creux de 2020-2021.

Comité directeur. Le comité directeur compte 14 élus (plus les membres de droit de la Ligue de l’enseignement et les invités), avec Éliane Brunstein pour présidente : plus de 50 ans de bénévolat au club d’athlétisme KOALA du Relecq-Kerhuon et à l’Ufolep en général, plus de multiples responsabilités, notamment au Patronage Laïque de Recouvrance, quartier historique de l’arsenal de Brest.

Équipe. En 2001, le « délégué » départemental, Olivier Rabin, était épaulé par 10 éducateurs sportifs à temps partiel. En 2026, le « directeur » est entouré de 9 salariés permanents, principalement tournés vers le socio-sport et le sport-santé, plus une alternante en communication et 5 « animateurs techniciens », avec deux postes partagés avec l’Usep.

Sport-société. L’intermède Covid a été mis à profit pour peaufiner le déploiement progressif des dispositifs sport-société de l’Ufolep : UfoStreet, Toutes Sportives, À Mon Rythme, Maison sport santé et bientôt Primo-Sport. Le comité intervient également pour la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), la Mission locale et l’Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). Le sport-société a été un accélérateur de développement, il a renforcé la notoriété et l’image sport pour tous du comité et été à l’origine de nouveaux partenariats. Dix structures non associatives sont aujourd’hui affiliées, notamment en lien avec la Maison sport santé.

Associations. L’Ufolep Finistère fédère 93 associations, dont 5 recrues de la saison écoulée : Canoë-Kayak Club Brestois, HandiBrest, Parkour Old School, plus les « badistes » du Volant Rochois et les escrimeurs de la toute nouvelle Amicale d’escrime de Cornouailles.

Amicales. La trentaine d’amicales, patronages et foyers laïques regroupent toujours une part notable des licencié.e.s du comité, notamment sur l’agglomération brestoise, forte de sa tradition ouvrière et sociale.

Géographie. La majorité des associations affiliées sont localisées à Brest et au nord-ouest du département, avec aussi un foyer en pays Bigouden, au sud-ouest de Quimper, la préfecture. Ceci avec la volonté de s’implanter davantage dans le reste du département, une dynamique qui d’observe déjà aujourd’hui.

Activités. Les activités de la forme réunissent 2 176 adhérent.e.s, devant le badminton avec 970 licencié.e.s (+ 20 % sur un an) dans 34 clubs, dont nombre de jeunes. Le tennis de table est stable avec 260 licenciés et le basket-ball poursuit son développement avec les 20 équipes (pour 15 clubs) du championnat adulte loisirs mixte, auto-arbitré, avec rencontres en semaine, en partenariat avec la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail). Autre activité notable, le tir à l’arc-sarbacane est pratiqué par 120 licencié.e.s, avec une dimension inclusive illustrée par les six concours organisés en 2024-2025 par sa commission handi-valide.

Gymnastiques. Avec pour vitrine le National individuel 2025 à Landerneau, la GRS fédère 852 licencié.e.s au sein de 5 clubs. Arrivée à l’Ufolep il y a six saisons avec l’affiliation de deux premiers clubs, la gymnastique artistique possède de son côté 478 licencié.e.s, avec un fort potentiel de développement : pratiquée en loisirs, elle souhaite s’ouvrir prochainement à la compétition.

Écoles de sport. Les écoles multisports réunissent 440 enfants dans 11 associations, avec pour devise « Découvrir pour mieux choisir ».

Femmes. Dans le sillage des activités de la forme, de la GRS et de la gymnastique artistique, les femmes représentent les deux tiers des licencié.es.

PJJ. Le partenariat avec la Protection judiciaire de la jeunesse s’est élargi depuis trois ans à l’animation d’ateliers sportifs au sein du quartier des mineurs de la maison d’arrêt de Brest : 4 heures par semaine hors des cellules pour pratiquer cross training, musculation, tennis de table, boxe sur le sac, et échanger avec l’éducatrice départementale. 

Handicap. L’Ufolep intervient chaque semaine auprès du public des foyers Don Bosco et Kerlivet à Brest (lequel relève de l’APF France Handicap).

Communication. L’Ufolep Finistère compte 755 abonnés sur Instagram et 703 sur Facebook, tandis que deux sites internet dédiés au badminton et à la Maison sport santé complètent le site départemental.

Incendie. Au lendemain de la mort du jeune Nahel à Nanterre (Hauts-de-Seine), le 27 juin 2023, les quartiers de Brest se sont embrasés et le siège de l’Ufolep a été incendié. Le comité est hébergé depuis dans des locaux associatifs : ces conditions de travail non optimales n’ont toutefois pas coupé son élan.

Caravane. Conçue au lendemain des évènements de juin 2023 en s’inspirant de celle du comité d’Ille-et-Vilaine, la Caravane du Sport a pris la route en 2025 et fait étape dans les quartiers prioritaires de Brest et des zones de revitalisation rurale. Les deux éducateurs recrutés pour l’animer ont touché 650 jeunes lors de cette première édition organisée en collaboration avec la Ville de Brest et de nombreux partenaires de terrain, en complémentarité avec la Ligue de l’enseignement et des bénévoles des associations Ufolep. La Caravane du Sport et son emblématique camion ont également bénéficié d’un fort soutien de la préfecture, du ministère des Sports et de la Ville de Brest.

Sédentarité. Depuis la rentrée 2023, l’Usep et l’Ufolep du Finistère développent l’action « Intervention Centrée sur l’Activité Physique et la Sédentarité » (Icaps) auprès des élèves de deux écoles du quartier prioritaire de Lambézellec à Brest.

Toutes sportives. En lien avec différentes associations (Mamans 29, Un lieu à elles, CIDFF, Women Safe & Children…), les éducateurs socio-sportifs de l’Ufolep animent des activités hebdomadaires adaptées pour des femmes éloignées de la pratique, avec des objectifs de bien-être, estime de soi, lien social ou d’insertion professionnelle.

Services. Tout en relayant les services proposés à l’échelon national, l’Ufolep Finistère propose à ses associations la mise à disposition gratuite d’une large palette de matériels, met à disposition 16 éducateurs sportifs (intervenant aujourd’hui auprès de 11 structures) et offre son appui pour instruire les dossiers de subvention auprès de l’ANS : l’an passé, les 10 projets retenus ont bénéficié à 8 associations, pour un montant total de 13 000 €. Éliane Brunstein et Olivier Rabin

Show UfoStreet aux Capucins. Associée depuis cinq ans à l’évènement Urban Zone, la finale départementale UfoStreet a fait salle comble pendant sur cinq jours aux anciens ateliers navals des Capucins, à Brest. En février 2025, 45 000 personnes ont pu découvrir différentes disciplines et assister à des exhibitions de double dutch, roller, BMX ou football freestyle, ainsi qu’au tournoi UfoStreet, qui a réuni 180 jeunes dans 30 équipes. Ce rendez-vous devenu incontournable pour les jeunes des quartiers prioritaires est co-organisé avec l’équipe Sports et quartiers de la ville de Brest et différentes associations. 

La Maison sport santé s’étend. Créée en 2021, la Maison sport santé société (Ufo3S) du pays de Brest – sa nouvelle appellation – rayonne à présent sur trois communautés de communes grâce à sa dimension itinérante. Outre les 6 antennes brestoises, l’équipe d’éducateurs intervient en 6 lieux du pays de Landerneau-Daoulas et, depuis février, sur 4 autres en presqu’île de Crozon : gymnase, salle des fêtes, salle du conseil municipal... En 2025, 520 nouvelles personnes en ont bénéficié, pour un millier de bénéficiaires dans les « files actives » (à 69 % des femmes, avec un âge moyen de 60 ans), et 750 bilans sport-santé-bien-être ont été réalisés.



Hexopée accompagne les associations Ufolep employeuses

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L’Ufolep prend en charge l’adhésion de toutes ses associations à Hexopée, syndicat d’employeurs de l’économie sociale et solidaire. Zoom sur les services proposés avec Céline Pastot et Lydia Caro, responsables « animation du réseau » et « ressources ».

 

Qu’est-ce qu’Hexopée, et quels services votre structure apporte-elle aux associations ?

Hexopée est un syndicat d'employeurs du sport, de l'animation, du tourisme social et familial, et, pour être exhaustif, des foyers pour jeunes travailleurs. Nous représentons, informons et accompagnons les structures adhérentes, dont toutes les associations Ufolep. C’est gratuit pour celles qui appliquent la convention collective du sport, en vertu de l’accord signé avec la fédération au plan national. Nous mettons à leur disposition tout l'outillage pour employer et former leurs salariés.

 

Concrètement, en quoi consiste cet « outillage » ?

Ce sont des articles thématiques, des modèles de courriers et de contrats (à durée déterminée1 ou indéterminée), des guides, des foires aux questions ou des kits clés en main, par exemple pour effectuer un recrutement. Ces outils sont disponibles sur le site internet. Les responsables d’associations ou de comités peuvent aussi questionner nos juristes via leur espace adhérent ou par téléphone.

 

Vous conseillez également les associations sur la convention dont elles relèvent…

C’est ce que nous regardons en premier pour un primo-employeur. Notre syndicat est notamment représentatif sur les deux conventions collectives Sport et Éclat (Éducation, culture, loisirs et animation au service des territoires). Comme nous les négocions, nous sommes bien placés pour informer nos adhérents sur les règles qu'ils doivent appliquer ! La plupart des associations et des comités Ufolep relèvent de la convention collective du sport. Mais pour une amicale laïque qui propose aussi des activités culturelles ou de loisirs, ce sera peut-être plutôt la convention Éclat.

 

Et au quotidien ?

Nous proposons des webinaires et des capsules vidéo sur des sujets d’actualité ou telle ou telle disposition de la convention collective. Nous diffusons également une lettre d'information mensuelles sur les nouvelles mesures à appliquer dans le cadre légal et dans celui des conventions collectives. Par exemple l'augmentation des salaires du 1er janvier 2026…

 

Quelles sont les questions les plus fréquentes ?

Celles qui portent sur le choix du contrat, la gestion du temps de travail, les heures complémentaires et supplémentaires, les absences du salariés, les congés payés…  Et tout ce qui est fin de contrat – en ce moment nous en avons quelques-unes pour motifs économiques –, ou rupture conventionnelle. Les arrêts maladie aussi bien sûr, avec la question du maintien ou non du salaire… Plus à la marge, il y a aussi les frais professionnels ou les temps de déplacement, quand un salarié est employé sur plusieurs sites.

 

Les responsables associatifs sont-ils plus aguerris qu’il y a quelques années ?

Dans les structures qui relèvent de la convention collective Éclat oui, ne serait-ce que parce que les salariés eux-mêmes connaissent mieux leurs droits et sont attentifs à leur respect. Les employeurs « sport » sont moins au fait de leurs obligations. Il est vrai que la convention du sport date seulement de 2006, tandis que convention Éclat remonte à 1988. Et puis il s’agit principalement de petites structures, gérées par des bénévoles. Il n’est pas toujours simple pour eux d’entrer dans ce rôle d’employeur.

 

Justement, quelles questions une association Ufolep doit-elle se poser avant de devenir employeuse ?

Avant de lancer tout recrutement, que ce soit le premier ou pas, il est impératif de bien identifier le besoin. Quelles compétences sont-elles requises pour occuper cet emploi ? Quel rythme de travail ? Est-ce un besoin permanent ou temporaire ? Dans quelles conditions le salarié va-t-il travailler ? Parfois ces questions arrivent trop tard. Or il est important d’être au clair sur tous ces points avant de décider d’un recrutement. Si celui-ci est trop précipité, on peut se retrouver avec des contrats mal adaptés. Nous sommes là pour accompagner les associations dans leur démarche, jusqu’à l’entretien d’embauche, et nous continuons une fois la personne recrutée : mise en place du contrat, de la prévoyance, période d’essai, etc. Et rappelons que ces services sont gratuits pour les associations Ufolep ! 

(1) Les contrats à durée déterminée (CDD) sont plus fréquents dans le sport que dans les autres secteurs associatifs et 35 % des salariés sont à temps partiel. (Source : Injep, Chiffres clés du sport 2023)

 

Des formations prises en charge. Hexopée propose des formations par l’intermédiaire de son organisme dédié, Synopée (www.synopee.fr). Celles-ci s’adressent à la fois aux primo-employeurs (BA-Ba de l'employeur, panorama des obligations) qu’aux responsables d’associations ou de comités plus expérimentés mais souhaitant se familiariser davantage avec les contrats et la gestion du temps de travail. Le coût de ces formations peut être pris en charge en totalité ou en grande partie selon l’OPCO (opérateur de compétences) dont ils dépendent, à savoir Uniformation pour la convention Éclat et l’Afdas (Assurance formation des activités du spectacle) pour la convention sport.


www.hexopee.fr

Professionnalisation : « conserver un équilibre entre bénévoles et salariés »

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Référente de la commission nationale gymnastique et présidente du comité de la Loire, Aurélie Pailler propose un double regard sur la professionnalisation à l’Ufolep.

 

Aurélie Pailler, quelle est la proportion d’associations de gymnastique employeuses ?

Nous n’avons pas de statistiques. Mais, au-delà d’une centaine de licenciés, cela devient souvent indispensable. C’est le cas dans la Loire, où quatre clubs fonctionnent encore exclusivement avec des bénévoles tandis que les cinq autres, aux effectifs plus importants, possèdent un, deux, trois ou quatre salariés. Il s’agit généralement d’un éducateur sportif à temps plein, épaulé par des stagiaires en formation BP Jeps et quelques temps partiels. Et toujours avec un directeur technique.

 

Comment s’est opérée la professionnalisation des associations ?

Elle a été progressive sur ces vingt dernières années, et sans doute plus marquée dans les grandes agglomérations, où les micro-contrats portant sur quelques heures sont aussi plus nombreux, comme en Île-de-France ou dans la région lyonnaise. Le risque est de perdre un peu l'esprit familial d'entraide ou que les bénévoles se désinvestissent en se disant que le ou les salariés vont gérer. Il faut veiller à conserver un équilibre, une osmose entre bénévoles et salariés. Il y aura toujours besoin de petites mains, comme aide-entraîneurs ou comme juges ! Un club comme celui de Castelnau-le-Lez, près de Montpellier, qui compte une dizaine de salariés pour encadrer ses 1 200 licenciés, ne pourrait rien faire sans ses 50 fidèles bénévoles1.

 

S’agit-il aussi parfois d’un arbitrage financier, afin de limiter le plus possible le coût des licences ?

Oui, mais cet arbitrage peut aussi se faire au bénéfice de l’Ufolep. J’ai en tête l’exemple de l’un de nos très gros clubs, fort de 350 gymnastes : il a renoncé à licencier ses jeunes à la FFG, où la licence est trois fois plus chère, pour les redéployer en loisir Ufolep afin de réaliser une économie permettant de maintenir leur emploi.

 

À l’inverse, des clubs renoncent-il à devenir employeurs, faute de candidats ?

C’est arrivé au club du Côteau, près de Roanne, qui n’arrivait plus à gérer tous ses licenciés avec ses entraîneurs bénévoles. Ils ont voulu faire appel à un salarié mais ne trouvaient pas de titulaire du diplôme nécessaire pour encadrer… Ce genre de problème se rencontre moins sur l’agglomération lyonnaise par exemple.

 

Autre question, qui s’adresse à la présidente de l’Ufolep Loire : combien avez-vous de salariés ?

Nous venons de passer à 2,75 ETP, avec un directeur, Mathieu, qui gère un peu tout, et Steven, qui est engagé sur les « parcours coordonnés » visant à amener des décrocheurs scolaires vers l’emploi. Nous avons ensuite une secrétaire partagée avec la Ligue de l’enseignement et qui, désormais, est aussi en charge du développement du programme UfoBaby. D’où la progression « en douceur » de son temps de travail à l’Ufolep. Mais nous pensons rester à trois salariés. Chez nos associations employeuses, à mon sens c’est aussi un maximum. Cela représente une lourde charge en gestion des ressources humaines pour un président ou une présidente bénévole qui s’occupe déjà de beaucoup de choses et n’a pas l’habitude et n’est pas formé à cette relation avec un technicien salarié.

 

(1) En 2018 le travail bénévole du secteur sportif associatif représentait près de 300 millions d’heures et 180 000 emplois en équivalent temps plein.



Professionnalisation : une association Ufolep sur cinq est employeuse

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La grande majorité des associations Ufolep demeurent exclusivement animées par des bénévoles. Parce que leurs effectifs sont modestes, que cela permet de limiter le coût de l’adhésion et donc l’accès aux pratiques, et sans doute aussi parce que cela répond à l’idéal de l’éducation populaire. L’emploi de salariés devient cependant nécessaire lorsqu’une association prend de l’importance : personnel administratif et éducateurs et éducatrices sportifs.

Aujourd’hui, une association sportive Ufolep sur cinq est employeuse. Elles étaient précisément 1 450 la saison passée (sur un total de 7 100), pour 14 660 ETP (soit quasiment deux fois plus qu’en 2023). Même en décomptant les autres structures affiliées (collectivités, comités d’entreprise, centre social, Scop…), on recense encore 1 395 associations employeuses, pour 9 881 ETP.

Parmi celles-ci, on rencontre beaucoup de clubs de gymnastique artistique, discipline qui s’est considérablement développée à l’Ufolep ces dernières années et qui exige une grande technicité des encadrants, diplômes à l’appui. On trouve aussi des associations proposant des créneaux d’activités de la forme et d’expression : on se souvient du boom de la zumba il y quelques années ! Ces prestations, souvent de quelques heures par semaine, peuvent être effectuées par des auto-entrepreneurs ou des éducateurs-éducatrices départementaux si le comité Ufolep en possède. Cela vaut aussi pour des créneaux multisports, au sein d’une amicale laïque par exemple.

On mentionnera aussi les associations Ufolep ayant obtenu le financement d’un, voire de deux emplois sociosportifs en vertu de la convention signée il y a deux ans avec l’ANS : Olympique Lille Sud et Parkour 59 à Roubaix, la MJC des Clairs-Soleils à Besançon, Up Sport ! à Paris et Unis vers le sport à Strasbourg, ou bien encore quatre déclinaisons départementales du DAHLIR (Dispositif d’accompagnement du handicap vers des loisirs intégrés et réguliers). Quant au Cercle Paul Bert de Rennes, très présent dans la capitale bretonne, il en a profité pour étoffer son équipe salariée de cinq éducateurs supplémentaires ! 



À l’Ufolep, des emplois socio-sportifs bien coordonnés

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En avril 2024, l’Ufolep fut, avec celle de handball et en présence des ministres du Travail, des Sports et de la Ville de l’époque, la première fédération signataire de l’une des conventions visant à créer 1 000 emplois d’éducateurs sociosportifs. Ces emplois pris en charge pendant trois ans par l’Agence nationale du Sport (ANS) s’inscrivent dans le cadre de « l’Alliance pour l’inclusion » souhaitée par le président de la République après les émeutes ayant ébranlé les banlieues au lendemain de la mort du jeune Nahel à Nanterre (Hauts-de-Seine).

L’ambition de ce projet a été depuis revue à la baisse mais, sur les 500 emplois créés, pas moins de 67 l’ont été à l’Ufolep : 35 au sein de comités1 et 32 dans des associations. S’y ajoute depuis septembre dernier un poste de coordination. « J’assure un accompagnement qui passe par le suivi des contrats et de tout ce qui a trait à la formation, notamment les sessions de formation sur trois jours déployées par l’Ufolep pour faire monter ces salariés en compétence, tout en leur transmettant l’approche du socio-sport propre à la fédération, explique Faline Cayrouse, 26 ans, précédemment en charge de dispositifs sociosportifs à l’Ufolep Bretagne. La remontée de données, qui permet de mesurer l’impact quantitatif et qualitatif des actions socio-sportives portées par ces emplois, relève aussi de cet accompagnement. »

Les deux autres aspects du poste concernent le service aux collègues – appui opérationnel, fourniture d’un « pack Anim » et avantages sociaux, dont ceux d’un comité d’entreprise – et la « réflexion stratégique » autour de ces métiers du sociosport. « Travailler sur le développement, l'innovation, en se projetant sur l’avenir », résume Faline, dont le travail de coordination des 67 salariés embauchés avec le soutien financier de l’ANS pourra bénéficier à la valorisation de l’ensemble des emplois sociosportifs existant au sein du réseau Ufolep.

 

(1) La plupart des comités départementaux concernés en ont créé un, et ceux de l’Oise et du Gard en ont créé deux. Deux comités régionaux se sont également positionnés : l’Occitanie et la Bretagne.



Professionnalisation : comment l’Ufolep Côtes-d’Armor s’est relancée

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« À mon arrivée en janvier 2020, l’Ufolep des Côtes-d’Armor était en grande difficulté. Et, pour relancer une dynamique, le national a souhaité que je sois délégué à 100 %, et non plus à 40 % comme le précédent, explique Gwendal Savé. Outre un appui administratif, des éducateurs sportifs animaient alors quelques créneaux auprès d’associations, pour 2 équivalents temps plein. Aujourd'hui, nous sommes 7,6 ETP, dont une éducatrice sportive en charge des dispositifs sport société et un éducateur investi du volet sport éducation. L’équipe compte aussi une éducatrice socio-sportive et deux éducateurs spécialisés en activités physiques adaptées, attachés à notre Maison sport santé de Dinan.

Cette montée en puissance a été progressive. Nous avons profité des opportunités d'aide à l'emploi, via l’Agence nationale du sport et le Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire (Fonjep), en particulier pour nos interventions dans les quartiers prioritaires et en zone de revitalisation rurale (ZRR). Mon poste bénéficie par ailleurs du soutien du conseil départemental dans le cadre du dispositif EAD (Emploi Aide Départementale).

Me concernant, j’ai progressé dans la fonction au fur et à mesure des projets et de la structuration de l’équipe. Éducateur sportif à l’origine – notamment en milieu carcéral –, je me suis formé sur le tas au management, à la fonction RH et à la gestion financière, avec un budget annuel passé de 200 000 à 460 000 €. J’ai profité des conseils de l’échelon national pour la création de notre Maison sport santé et je sollicite aussi ceux de mes homologues bretons. Nous échangeons dans un groupe WhatsApp sur les difficultés rencontrées par chacun. Avec, au-delà du partage d’expérience, une vraie solidarité entre nous quatre. »



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