Chef du pôle Haut Niveau à l’Insep, passionné de prospective et co-animateur du blog « Le sport de demain », Patrick Roult a lancé en février l’Université populaire du sport.
Patrick Roult, pourquoi avoir lancé en février dernier l’Université populaire du sport, que vous présidez ?
L’idée de cette Université populaire du sport remonte à une dizaine d’années. Elle est née d’échanges avec mon collègue Benjamin Pichery, qui a produit à l’Insep1 de grands entretiens autour du sport – philosophie, sociologie, anthropologie… –, diffusés d’abord sous forme de DVD puis déclinés en livres. Mais ce corpus n’a pas dépassé le cercle des experts. Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris ont été l’aiguillon pour donner vie à ce projet d’université tournée vers le grand public et pensée comme notre contribution, notre « legs », aux Jeux de Paris et à la Grande Cause nationale 2024. Depuis la leçon inaugurale, en février dernier, nous proposons des rendez-vous mensuels ouverts à tous et retransmis en streaming, puis consultables sur notre site. À titre d’exemple, le prochain rendez-vous est fixé au 4 octobre, où des acteurs interprèteront des textes littéraires choisis par le journaliste Pierre-Louis Basse. Le 18, le sociologue David Le Breton parlera ensuite « marche et vélo ». Puis, le 8 novembre, l’universitaire suisse Anne Marcellini interviendra sur le paralympisme et les pratiques physiques adaptées. Ces conférences se déroulent à l’Insep, mais d’autres seront prochainement délocalisées.
L’Université du sport est-elle une approche complémentaire du blog de prospective « Le sport de demain » que vous animez avec François Bellanger ?
François Bellanger est prospectiviste et travaille avec de grandes entreprises. Il y a une quinzaine d’années, il m’a contacté, convaincu que le sport et le corps seraient des clés de compréhension du XXIe siècle. Nous avons alors entamé une conversation qui se poursuit aujourd’hui et a donné lieu à la création des Rencontres de la Prospective Sportive et des Rencontres Sport Equipement Stratégie, tournées vers les collectivités locales et organisées avec Patrick Bayeux, spécialiste du sujet et animateur de la plateforme Décideurs du sport. Avec François Bellanger, nous avons ensuite créé, avec des financements privés, un Observatoire des imaginaires sportifs qui a produit un document de 500 pages à la veille de Paris 2024. Celui-ci n’a malheureusement pas été publié, nos financeurs n’ayant pas été satisfaits par les conclusions de notre travail… L’Université populaire relève d’une autre démarche, celle de la mise à disposition de connaissances. Tandis que Prospective Sport Lab, qui regroupe les activités menées avec François Bellanger et Patrick Bayeux, est le lieu où nous partageons nos réflexions.
Vous alimentez aussi le débat avec des posts sur LinkedIn. Récemment, vous évoquiez l’idée d’un « nouveau contrat social » pour le sport de haut niveau comme pour le sport dans son ensemble, au nom de la dignité de la personne, de l’intérêt général et de la justice sociale : parce que le sport d’aujourd’hui s’écarte de ces principes fondamentaux ?
J’ai écrit également un post sur les 50 ans de la Loi Mazeaud, qui en 1975 a fondé l’organisation du sport en France avec l’idée d’un sport intérêt général, incarné par l’action de l’État. Or on tend aujourd’hui à s’éloigner de cet intérêt général, avec pour conséquence la crise de sens que vit le sport aujourd’hui. Nos modes de « gouvernance » n’ont pas su s’adapter aux évolutions de l’environnement sportif, que ce soit la façon dont on consomme le sport le sport ou l’irruption de nouveaux acteurs dans le paysage. Où le sport se situe-t-il aujourd’hui, entre intérêt général et enjeux commerciaux ?
À quoi pensez-vous précisément ?
Ce qui m’intéresse, ce sont les politiques publiques, et donc les interactions entre l’État et le mouvement sportif. Depuis 1975, l’État finançait l’intérêt général en subventionnant le fonctionnement des fédérations et des associations. Puis il a commencé à financer des projets qui déclinaient ses politiques : par conséquent, organiser les pratiques physiques et sportives ne suffit plus pour recevoir des subventions. On instrumentalise donc le sport au service de politiques publiques. Cela n’enlève rien à la pertinence de celles-ci, mais cela contribue à une perte de sens, et met en danger le mouvement sportif.
En particulier les associations qui n’ont ni les moyens ni les compétences pour répondre à des appels à projets ou rechercher des financements…
Précisément. L’instrumentalisation des associations les éloigne de leur culture de base : organiser l’activité sportive, permettre à des jeunes et moins jeunes de s’entraîner et de participer à des compétitions ou des activités de loisir. Ce qui est différent de lutter contre la sédentarité, déployer le Savoir Nager ou le Savoir Rouler à Vélo, ou œuvrer à l’insertion sociale et professionnelle… La pratique sportive, c’est une autre chose, qui relève du plaisir, du loisir, du bien-être ensemble, et qui perd de son sens lorsqu’elle est instrumentalisée. Pour moi, la santé, l’insertion, le climat social, etc., sont des externalités qui procèdent naturellement de la pratique sportive associative.
Mais cette pratique ne produit pas les indicateurs que l’État exige à présent pour justifier des subventions…
Exactement. On parle beaucoup du bénévolat et du manque de bénévoles. Mais des bénévoles et des dirigeants bénévoles, j’en vois toujours. En revanche, on tend à faire d’eux des prestataires de politiques publiques. Et pour cela on les transforme en chefs d’entreprise et en gestionnaires qui doivent rendre des comptes. Parallèlement, on les pousse à professionnaliser un encadrement des pratiques qui s’appuyait justement sur le bénévolat…
Mi-septembre, vous êtes intervenu au forum des associations de la ville d’Issoudun sur « l’avenir des associations à l’horizon 2040 ». Quel langage leur avez-vous tenu ?
Je leur ai dit que prédire l’avenir est toujours hasardeux. Et aussi que le futur est déjà là : il suffit d’y prêter attention. L’avenir de l’association sportive réside dans son dialogue avec un public qui se renouvelle naturellement. Il s’agit d’entrer en dialogue avec ce public qui a beaucoup évolué. J’ai mis en parallèle deux photos de gymnase, dans les années 1960 et aujourd’hui : la seule chose qui a changé, c’est qu’au plafond des LED ont remplacé les vieux néons. Mais dans l’intervalle nos manières d’être ont évolué. Nous avons tous un smartphone dans la poche, ce qui a permis le développement de nouvelles « économies ». La plus puissante est peut-être l’économie de la paresse : aujourd’hui on peut avoir tout, tout de suite, sans effort. Je commande une pizza, on me la livre dans la demi-heure. Il y a aussi l’économie de la pulsion, dopée par les algorithmes des réseaux sociaux, et qui vient en opposition de la culture de l’effort et du temps long qui caractérise la pratique sportive. À l’inverse, il est apparu une économie de la quête de sens, incarnée par des bifurcations de trajectoires personnelles au lendemain de l’épidémie de Covid. Il y a là une opportunité. Mais comment s’y adapter quand on est une association qui, justement, favorise l’épanouissement des personnes ?
Et les fédérations sportives : à quelles évolutions devront-elles s’adapter ?
Certaines sont en train de s’instituer comme des marques. La Fédération française de judo, aïkido et disciplines associées est devenue France Judo…
Et celle de cyclotourisme se présente désormais comme la FFVélo, ce qui est plus facilement identifiable…
C’est un autre exemple. À mon sens, les fédérations sont face à deux grands enjeux. Le premier concerne leur positionnement : soit elles deviennent une marque, en choisissant de s’inscrire pleinement dans une dimension économique et consumériste ; soit elles s’inscrivent dans une trajectoire d’engagement, au nom des valeurs d’émancipation et d’épanouissement de chacun.
C’est l’un ou l’autre, ou peut-on concilier les deux approches ?
C’est la question. Même les fédérations qui ont fait le choix de devenir des marques ne peuvent pas mettre de côté la question de l’engagement. Mais celles qui, au préalable, ont beaucoup travaillé sur ce qui fonde l’engagement, passeront plus facilement et plus sereinement au stade de marque.
Et le second enjeu ?
C’est la dépendance aux financements publics. Ceux-ci ne sont plus aussi pérennes qu’auparavant, ce qui fragilise considérablement l’édifice du mouvement sportif. C’est pourquoi il faut travailler sur le modèle économique, lequel ne passe pas obligatoirement par le fait de devenir une marque… Mais j’insiste : la dépendance aux financements publics est une drogue dure. Plus on en consomme, plus on en a besoin et plus on en demande. Et quand ceux-ci s’arrêtent, l’effet de manque est terrible.
Propose recueillis par Philippe Brenot
(1) Insep : Institut national des sports, de l’expertise et de la performance.
(2) FSCF : Fédération sportive et culturelle de France ; FSGT : Fédération sportive et gymnique du travail.
Un penseur humaniste au parcours original
Un brasseur d’idées et un pédagogue : tel est Patrick Roult, 63 ans, penseur du sport au parcours atypique. À 16 ans, il devient bénévole à la Société nationale de sauvetage en mer, sur les plages de Saint-Malo puis et sur une vedette. Il s’engage dans la Marine nationale, y conforte son sens des responsabilités et de la solidarité, puis démissionne par goût de la liberté. Instituteur pendant 15 ans en Maine-et-Loire, sa pratique du hockey sur gazon le mène ensuite au concours de professeur de sport afin d’intégrer la fédération comme conseiller technique régional. Il sera responsable fédéral de la formation, manager de l’équipe de France masculine, et pour finir directeur technique national. En 2013, il rejoint l’Insep, où sa compétence et son charisme en font bientôt le chef du pôle haut niveau.
Parallèlement, Patrick Roult alimente la réflexion sur le sport : sur le blog « Le sport de demain », sur son compte LinkedIn et à travers l’Université populaire du sport lancée avec son collègue de l’Insep Benjamin Pichery. Le président d’honneur de l’Université populaire est le grand historien du sport et des pratiques physiques Georges Vigarello, et parmi les premiers intervenants figuraient la philosophe du corps Isabelle Queval, le spécialiste de géopolitique du sport Jean-Baptiste Guégan ou bien encore l’économiste Wladimir Andreff. www.universitepopulairedusport.fr
Quelle place pour l’Ufolep dans le paysage sportif ?
Patrick Roult, l’Université populaire du sport se réclame de « l’éducation populaire », qui fonde aussi la fédération affinitaire qu’est l’Ufolep. Quel regard portez-vous sur son positionnement ?
Je regrette tout d’abord que ce beau vocable d’éducation populaire ait disparu de notre paysage, même si sur le terrain des militants de l’éducation populaire continuent de lui donner du sens. L’expression n’apparait plus que très rarement, ou de manière très fugace, dans les documents officiels. Or il se trouve que j’ai grandi dans les années 1960 entre deux courants de pensée portés, d’une part, par les amicales laïques et, d’autre part, par les patronages catholiques, qui les unes et les autres proposaient des activités sportives et culturelles pour la jeunesse. Personnellement j’ai plutôt grandi du côté des amicales laïques et je me suis construit avec cela. En pensant à l’Ufolep, mais aussi à la FSCF et à la FSGT2, j’ai écrit il y a quelques années que la modernité était peut-être encore là, au sein de ces fédérations affinitaires qui, parce qu’elles ne se sont pas spécialisées et sont restées très ouvertes, accessibles au plus grand nombre, gardent chevillée à leur projet cette idée d’éducation populaire. Ces fédérations affinitaires peuvent éclairer un chemin sensiblement différent : un chemin qui peut permettre de retrouver le sens de l’intérêt général que l’on est en train de perdre en instrumentalisant le sport.
Premier titre paru d’une nouvelle maison d’édition spécialisée dans la bande dessinée, De cuir et d’acier rappelle le rôle pionnier du FC Sochaux-Montbéliard dans l’émergence du football professionnel en France à la fin des années 1920, entre volonté de la famille Peugeot de donner de la publicité à la marque et souci d’offrir un loisir fédérateur à ses ouvriers. L’un de ceux-ci, fou de ballon rond, fait ici office de héros. Après avoir connu de grandes heures, ce club longtemps reconnu pour la qualité de sa formation faillit ne pas survivre au désengagement de la « Peuge » et à la gestion catastrophique de la société chinoise qui prit sa suite en 2015. Descendu en National, il a été sauvé trois ans plus tard grâce à l’engagement financier de « socios » qui, à ce titre, participent à la gouvernance du club. Un épisode résumé dans quatre planches qui font office de postface. PhB.
« La tendresse mêlée à la résistance » : c’est l’esprit de l’association Roses guerrières fondée par Noémie Bédée-Chaomleffel à Bar-le-Duc (Meuse).
Professeure de français-latin, Noémie Bédée-Chaomleffel, 38 ans, n’enseigne plus depuis la récidive de son cancer du sein très agressif diagnostiqué en 2020. Mais cette maladie, elle a décidé de ne pas la vivre seule. Avec Géraldine Louis et d'autres femmes touchées par le cancer, ou non, elle anime l’association Roses guerrières : un nom inspiré du poème éponyme adressé en 1915 depuis les tranchées par le soldat Guillaume Apollinaire à sa muse, Lou.
Combat. Roses Guerrières, c’est à la fois la fragilité et la force, l’épreuve et la solidarité, la tendresse alliée à la résistance. « C’est ce que nous avons vécu en étant malades. Des moments durs, mais aussi des moments positifs où l’on reçoit tout l’amour des gens », confie Noémie. Derrière le symbole de la rose, il y a la donc douleur, mais aussi l'élan de vie. « Nous avons appelé notre association Roses guerrière en partant du principe que nous livrons un combat, une bataille que nous n’avons pas choisie et qui ne se gagnera qu’en sensibilisant le plus possible à la maladie. » L’association regroupe des femmes malades, en traitement ou en rémission, mais aussi des proches ou des « sympathisants », comme par exemple les membres d’une équipe de football masculine. L’idée n’est pas de se refermer sur soi mais de créer du lien par la parole, le partage, l’activité physique et l’action.
Sensibilisation. Chaque automne, les Roses guerrières s’appuient ainsi sur la campagne nationale Octobre Rose pour sensibiliser à la prévention du cancer du sein dans les écoles et collèges, ainsi qu’à l’occasion de manifestations sportives. « Nous avons créé des supports à la fois ludiques et pédagogiques, comme des petits mots croisés, afin de parler de santé sans faire peur, explique Noémie. Car il ne s’agit pas que des enfants repartent en se disant : “Je vais avoir un cancer”. Ce n’est pas du tout l’idée. En revanche, nous voulons qu’ils sachent comment réagir si jamais l’un d’entre eux est confronté aux prémices de la maladie », insiste-t-elle. L’association intervient notamment lors du cross du collège où elle enseignait, en mêlant activité physique et messages de prévention : « Être acteur de sa santé, c’est aussi faire du sport. »
Sport. « Moi qui pratiquais la randonnée pédestre et le step, avec une bonne hygiène de vie, j’ai ressenti comme une injustice d’être touchée par la maladie », confie Noémie, pour qui il allait de soi de faire du sport adapté une activité centrale pour les Roses guerrières. Pas pour la performance, mais pour la reconstruction physique et mentale. « Le sport est aussi un moyen de s’engager dans la lutte contre la maladie et de ne pas se sentir seule », martèle Noémie. Née autour de sorties de marche à pied, l’association propose aujourd’hui des cours collectifs ouverts aussi bien aux femmes malades qu’à celles en bonne santé. Une façon de briser l’isolement et de faire tomber les barrières. « Nous ne voulions surtout pas d’une association constituée uniquement de malades. »
Pour aller plus loin dans ses projets, Roses guerrières s’est affiliée à l’Ufolep : une démarche d’autant plus naturelle que son conjoint, Christophe, est délégué départemental de la Meuse. « Nous souhaiterions pouvoir nous appuyer plus encore sur son réseau à l’échelle départementale », explique Noémie. Parmi les projets déjà mis en place : des sorties sportives conviviales, course d’orientation et vélo-rail. Des moments loin des hôpitaux qui permettent aux adhérentes de se retrouver dans un cadre détendu, et pour certaines de puiser l’énergie qui les aidera à surmonter l’épreuve de la maladie. Antoine Richet
L’Ufolep soutient Octobre rose. À l’instar des Roses guerrières, comme chaque année les associations et les comités Usep se mobilisent tout au long du mois d’octobre pour sensibiliser à la prévention et à la lutte contre le cancer du sein à travers des manifestations sportives et solidaires. En Loire-Atlantique, dimanche 5 octobre la 8e édition de la Marche rose Ufolep attend plusieurs centaines de participant.es sur les deux boucles de 5 et 10 km proposées à Saint-Herblain, près de Nantes. Les fonds récoltés seront reversés à l'Institut de Cancérologie de l'Ouest.
Licenciée à La Tour-du-Pin (Isère), Victoire de Parscau a trouvé une nouvelle motivation en s’essayant sur les agrès masculins au National de Bordeaux : barre fixe, anneaux et cheval d’arçons.
Elles étaient trois : trois filles à avoir répondu à la proposition de la CNS gymnastique d’expérimenter les agrès masculins lors des finales nationales 2025, début juin au vélodrome de Bordeaux. Mais deux d’entre elles étant blessées, Victoire de Parscau, 23 ans et licenciée depuis l’enfance à l’Alerte de La Tour-du-Pin, fut la seule à se présenter le dimanche matin, dans le sillage de l’équipe masculine de Saint-Rambert-d’Albon (Drôme), engagée en niveau 51. « Ce fut ma plus belle compétition. Un moment magique », explique celle qui avait malgré tout « une petite appréhension concernant la façon dont les gens allaient réagir ».
En début de saison dernière, Victoire avait pourtant hésité à signer pour une année supplémentaire : « Plusieurs filles étant parties pour leurs études, je n’avais plus ni d’équipe ni groupe d’entraînement. Alors je me suis dit que j’allais essayer les agrès masculins. Avec la bénédiction du coach, Jérôme Porteret, qui entraîne indifféremment filles et garçons, je me suis greffée en janvier à l’équipe masculine. Et, quelques semaines après, est tombée la proposition de la commission nationale : la meilleure motivation qui soit ! »
Victoire a ainsi eu le « plaisir » de découvrir la gymnastique « sous un autre angle » : « C’est l’un des seuls sports qui soit aussi strictement divisé en deux selon le genre. Moi qui stagnais depuis quelques années, j’ai retrouvé le goût d’apprendre, l’excitation de venir à l’entraînement. Je savais que j’aimerais la barre fixe, qui comme les barres parallèles ressemble aux barres asymétriques. Pour le sol et le saut, ça ne change pas grand-chose. Le plus compliqué pour nous les filles, c’est le cheval d’arçons, qui exige un maintien et des muscles rarement utilisés. Aux anneaux, discipline de force, j’étais aussi un peu "à la ramasse". Mais ça se travaille ! »
Ceux qui connaissent son goût pour l’innovation et les projets divers et variés n’ont pas été surpris que Victoire se retrouve une fois de plus à l’avant-garde. Titulaire d’un bachelor de design de mode décroché à l’école Bellecour de Lyon, elle crée à partir de matériaux recyclés. À Bordeaux, sa tenue d’échauffement et celle de son coach étaient ainsi du « cousu main ». Victoire a même créé pour son équipe des justaucorps en néoprène taillés dans des tapis de gymnastique mis au rebut, et souhaite donner aujourd’hui à son initiative plus de visibilité, afin de « montrer que la matière qu’on jette possède encore du potentiel ». Sans parler de sa marque de sac à mains upcyclés, inspirée d’une pratique de l’escalade débutée durant ses études, parallèlement à sa découverte de la photo et de la vidéo, domaine dans lequel elle se montre si douée qu’elle d’envisage d’en faire aussi son métier. Le défi sera de rendre cela compatible avec son goût pour l’itinérance à vélo et son idée d’adapter sa « randonneuse » afin d’emporter sa machine à coudre, afin de pouvoir créer où qu’elle soit…
Et la gymnastique dans tout ça ? « J’ai envie de continuer, évidemment ! Après, il faudra réussir à concilier mes projets professionnels et ma pratique sportive, qui exige un cadre et limite la mobilité. Je voudrais repartir avec les garçons de La Tour-du-Pin, en intégrant leur équipe si possible. Sinon, tant pis. La compétition c’est super, mais ça n’est pas tout. La seule certitude, c’est que ma carrière de gymnaste féminine engagée en compétition est terminée. »
Pour le reste, la bien nommée Victoire n’est pas du genre à voir se restreindre le champ des possibles. Philippe Brenot
(1) Notée, mais sans classement.
Sous l’impulsion de Jean-Marc Colon, l’Entente cycliste de Saint-Projet a pris le virage du loisir et de la féminisation sans renoncer à la compétition.
La vie de l’Entente cycliste de Saint-Projet (Tarn-et-Garonne) s’organise autour des deux sorties du mercredi soir et du samedi après-midi. « À tour de rôle, l’un de nos 60 licenciés choisit le parcours, préparé lors de ses virées d’entrainement, et s’occupe aussi du goûter final, explique Jean-Marc Colon, 65 ans, qui préside depuis treize ans ce club né en l’an 2000. Comme beaucoup viennent des environs, ils nous font découvrir des coins éloignés de notre village de moins de 300 habitants. » Et des jolis coins, ce terroir situé entre Quercy et Rouergue n’en manque pas.
Le club organise aussi durant l’année plusieurs rendez-vous, dont le plus couru est la Randonnée autour des châteaux, qui part de celui de Saint-Projet, dit de la Reine Margot, épouse d’Henri IV. Les circuits proposés varient entre 50 et 110 km, avec ravitaillement dans l’un des châteaux en question. L’an passé, il a aussi organisé un championnat régional de VTT Ufolep. « À cette occasion, nous avions invité les enfants des écoles et une cinquantaine avaient pu découvrir le cyclisme : placement sur la ligne, reconnaissance du circuit et tours encadrés par les membres du club, explique Jean-Marc Colon. Sinon, nos sorties hebdomadaires sont ouvertes à tous, pour découvrir l’association. »
À son arrivée à la présidence, Jean-Marc avait vu partir la plupart des « champions » dans le sillage de son prédécesseur, un grand compétiteur qui avait façonné le club à son image. « Moi, j’avais du mal à me retrouver dans ce côté tout compétition et j’ai souhaité réorienter le club vers un cyclisme plus accessible. Nous avons gagné des licenciés, passant d’une vingtaine à une cinquantaine en quelques années. Et, paradoxalement, nous nous retrouvons aujourd’hui avec plus de compétiteurs qu’avant1 ! »
La trajectoire d’une des licenciées illustre bien cette ouverture : « Elle souhaitait participer à la Randonnée des châteaux pour visiter. Elle a roulé avec le groupe des costauds. Dans les bosses, elle avait du retard, mais les gars l’attendaient toujours. » Touchée par cet esprit d’entraide, la néophyte a pris sa licence, puis goût à la compétition. Jusqu’à participer au championnat d’Europe vétéran, terminé à la 3e place dans sa catégorie des plus de 60 ans !
Les femmes sont aujourd’hui une quinzaine, soit un quart de l’effectif. Une féminisation née à l’origine d’une question de bon sens : « Quand on part à vélo, cela prend la matinée. Et les épouses, elles font quoi pendant ce temps-là ? » Désormais, elles pédalent avec les hommes grâce au coup de pouce apporté par leurs vélos à assistance électrique, et les sorties commune se terminent rituellement par un repas. « Tout le monde est bien intégré. Cela fonctionne grâce à ces moments de partage », se félicite Jean-Marc.
Comme un symbole, c’est en duo avec Delphine, dont le mari participait au National VTT au lac de Saint-Pardoux (Haute-Vienne), que Jean-Marc a effectué à vélo les 250 km très vallonnés du trajet pour aller soutenir les quatre licenciés du club engagés dans la compétition. Une fantaisie bien dans l’esprit de l’Entente cycliste de Saint-Projet. Antoine Richet
(1) Trois d’entre eux ont notamment participé au National cyclosport 2025 à Heugas (Landes). Par ailleurs, lors de la course qu’il organisait le 19 juillet au moulin de Saillagol, le club a fêté le « jubilé » de John Powell : 17 ans de courses sous ses couleurs !
Il venait du Pas-de-Calais, elle du Nord : René et Françoise Beugin se sont rencontrés en 1978 lors du National de cross en Gironde. Entre coupes et médailles, ils racontent l’athlétisme Ufolep du temps de leur jeunesse.
René et Françoise, vous vous rencontrez à l’âge de 21 et 18 ans lors du National Ufolep de cross-country 1978 à Pauillac (Gironde), où vous représentiez la Ligue Nord-Pas-de-Calais. Comment étiez-vous venus à l’athlétisme ?
René : J’y suis venu par l'école primaire laïque publique de Labeuvrière, où nous habitions un coron, logement de fonction de mon père, employé par les houillères comme électricien dans une centrale au charbon. Le directeur de l’école, René Rouzé, était licencié à l’USA Liévin, le grand club de la région, et nous faisait faire beaucoup de sport à l'école, y compris en Usep. Je me souviens avoir participé, enfant, à des lendits sur la pelouse du stade de Béthune, avant d’y revenir plus tard pour m’entraîner sur la cendrée et participer à des compétitions. Car à Labeuvrière, 1 000 habitants, il y avait seulement un terrain de football, et aussi de basket, en extérieur. En revanche, il y avait dans la cour de l’école un sautoir – avec du sable, le fosbury n’avait pas été inventé – et René Rouzé avait aussi tracé des couloirs de course à pied.
Puis est venu le temps de l’Ufolep…
L’amicale laïque avait été créée en 1960, sous le nom de Foyer de la jeunesse et de l’éducation populaire, avec son siège social à l’école. C’est ainsi que vers 1968 j’ai commencé à courir en Ufolep, catégorie benjamin : cross d’octobre à mars dans tous les villages alentour, puis demi-fond sur piste de mai à juillet, à Lens, Saint-Paul-sur-Ternoise ou Béthune. Mais mes souvenirs sont plus vivaces à partir de la catégorie junior, quand j’ai commencé à noter mes compétitions et à coller dans un cahier des coupures de journal souvent tirées de l’édition du lundi de La Voix du Nord, appelée La Voix des Sports. Dans le sillage de René Rouzé, j’avais pris aussi une licence à l’USA Liévin, dont je défendais les couleurs en FFA. Mais je n’allais m’y entraîner qu’une fois par mois, car c’était à 25 km.
Y avait-il beaucoup de cross en Ufolep ?
Partout ! On pouvait courir chaque week-end : à Saint-Paul, Lillers, Berles-au-Bois, Auchel... Même Labeuvrière organisait une petite course route dans le village. Nous étions 20-25 licenciés en athlétisme, mais avec un bon niveau : en 1975, nous étions cinq qualifiés pour le championnat de France Ufolep de cross ! Dont la fille de René Rouzé, Martine, mon aînée de deux ans, qui l’année précédente était devenue championne de France FFA sur 3 000 mètres !
Jusqu’à quand cela s’est-il poursuivi ?
Presque jusqu’à mon mariage. René Rouzé est tombé gravement malade, et comme c’est lui qui portait l’activité à bout de bras… J’ai ensuite couru une saison pour Aire-sur-la-Lys, puis une fois marié j’ai rejoint mon épouse au Flers omnisport (FOS), club d’un des trois villages fondus au début des années 1970 dans la commune nouvelle de Villeneuve d’Ascq (Nord).
À l’époque, il n’y avait pas de courses sur route…
Très peu. Ce n’était ni des marathons ni des semi-marathons mais des « corridas », sur des distances plus courtes et concentrées sur décembre-janvier.
Et vous, Françoise, comment êtes-vous venue à l’athlétisme à l’Ufolep ?
Françoise : J’ai débuté en 1976, à 15 ans, en entrant au lycée horticole de Genech. J’avais auparavant pratiqué la gymnastique dans un club FSCF, la Saint-Jean-Baptiste et Abeille, comme ma sœur aînée – j’étais la deuxième de quatre filles, et mon père était chauffeur-livreur pour une brasserie. Parallèlement, dans mon lycée catholique je pratiquais l’athlétisme à l’Ugsel. C’est en cadettes 2e année que j’ai intégré le FOS, club Ufolep-FFA devenu depuis le VAFA, le Villeneuve d’Ascq Fretin Athlétisme. À l’occasion, je participais au concours de poids et de marteau pour les interclubs, mais j’étais avant tout coureuse de cross et de demi-fond. Et, un peu comme René avec son directeur d’école, je suis venue au club par un éducateur sportif municipal, Joël Paque, qui organisait des courses interscolaires entre les trois villages d’Annappes, Ascq et Flers.
L’un et l'autre, vous avez continué l’athlétisme tout en travaillant…
René : Dès l’âge de 16 ans, j’ai travaillé dans une quincaillerie à Saint-Venant, à 15 km de chez moi. J’y allais à mobylette et le soir, sitôt rentré je me changeais et je filais à l’école pour l’entraînement, avec une salle de classe pour vestiaire !
Françoise : Moi j’ai commencé à travailler à 17 ans, comme fleuriste. Cela n’était pas simple pour les compétitions, vu que je travaillais samedi-dimanche…. Je me souviens aussi d’un 1er mai où j’avais passé les nuits précédentes à confectionner des garnitures… Nos vestiaires étaient encore des préfabriqués, mais ensuite nous avons profité de l’élan politique en faveur du sport, dans une ville nouvelle peuplée d’étudiants et de jeunes couples avec enfants. La cendrée est vite devenue un tartan.
Revenons en 1978 : vous vous rencontrez lors du National Ufolep de cross à Pauillac, dans le Médoc…
Françoise et René : Il fallait d’abord se qualifier au niveau départemental, puis régional, en figurant parmi les cinq ou six premiers. Nous étions ainsi une quarantaine d’athlètes représentant la Ligue des Flandres, à savoir le Nord-Pas-de-Calais, en cadets, juniors et seniors hommes et femmes. Plus les accompagnants. Un autocar passait prendre les uns et les autres, puis on filait : voyage aller le samedi, nuit sur place, courses le dimanche et retour après les podiums et les récompenses, en roulant la nuit. C’est sur le retour que nous nous sommes connus, via des amis communs.
Ces déplacements favorisaient les rencontres…
Françoise : Exactement ! Nous sommes devenus quatre couples, qui nous voyons encore. Moi, c’était mon deuxième National de cross, après Le Roche-sur-Yon l’année précédente.
René : Moi, j’avais connu ma première sélection en 1975 à Saint-Brieuc, où j’ai terminé 10e en juniors. À une ou deux reprises, nous avons aussi participé aux Nationaux d’athlétisme. En 1978, après avoir terminé 5e du cross en juniors filles, Françoise est ainsi devenue championne de France du 1 500 m sur la piste de l’Institut national des sports, ancêtre de l’Insep.
Que représentait le fait de participer au National de cross Ufolep ?
Françoise : C'était une récompense, pour l’athlète comme pour l’entraîneur.
René : Honnêtement, j'en avais de la fierté. Nous avons aussi eu la chance de participer à des championnats de France FFA, qui représentaient le haut niveau, l’élite. Mais j’étais très fier de mes podiums Ufolep et nous abordions les courses avec la même motivation.
Françoise : En FFA, la barre était un peu haute pour nous. L’Ufolep, c’était davantage à notre niveau.
Vous souvenez-vous des conditions et du parcours, à Pauillac ?
René : Ce devait être assez plat… Mais nous avons tout connu dans nos championnats départementaux et régionaux : boueux et très accidenté, d’épuisants passages dans le sable des dunes, mais aussi des parcours sur hippodrome. Je me souviens, à Frévent et Auxi-le-Château, avoir couru à flanc de côteau, dans des champs et des labours, avant d’enchaîner sur un championnat national où on nous déroulait le tapis rouge… Françoise et moi, on préférait que ce soit du vrai cross.
Après Pauillac, vous êtes-vous revus sur des compétitions ?
René : On s’est marié dix-huit mois plus tard, parce que c’était compliqué de se voir quand on habite à 50 km l’un de l’autre, sans téléphone, même si je possédais alors une voiture. Pendant cette année et demie, nos compétitions étaient séparées en Ufolep, mais on essayait de se retrouver sur les réunions FFA. Ensuite, nous étions dans le même club.
Jusqu’à quand avez-vous pratiqué ?
Françoise : Jusqu’à la naissance de nos deux enfants, 1980 et 1982. Mais plus tard j’ai repris.
René : Pour moi aussi il y a eu des coupures. C’était difficile à concilier avec le travail : Saint-Venant était maintenant à 50 km. Puis je suis devenu représentant, tout le temps sur la route. Nous sommes toutefois restés licenciés à l’Ufolep jusqu’en 1985 pour moi, et 1987 pour Françoise. Toutefois, devenus ensuite fonctionnaires à la ville de Villeneuve d’Ascq, nous organisions la participation d’une délégation municipale au critérium national des collectivités territoriales et au Marathorial soutenu par la Gazette des communes, en forêt de Fontainebleau. On partait pour le week-end, comme au temps des Nationaux Ufolep !
Et avez-vous transmis le goût de l’athlétisme à vous enfants ?
Françoise et René : Oui ! Il faut dire que, tout petits, nous les emmenions sur les courses quand Françoise a repris. L’hiver, on les emmitouflait dans une combinaison de ski et il y avait toujours une ou deux mamans pour les garder. Catherine a notamment couru sur 400 et 800 m pour le VAFA et l’US Tourcoing. Et la relève est assurée puisque ses quatre enfants font de l’athlétisme, tandis que l’aîné de notre fils commence lui aussi la course à pied.
Et comment regardez-vous l’évolution de la course à pied aujourd’hui ?
René : Je regrette un peu que les cross se fassent plus rares, et aussi que la course sur route – que nous avons pratiquée – soit rattrapée par l’argent. Nous, on pouvait gagnait un service de 6 verres ou un plat à tarte… Je ne me souviens même plus si l’inscription était payante, alors qu’aujourd’hui cela devient un vrai budget. Et puis on court à titre individuel, plus pour un club. Je trouve ça dommage pour la vie associative. On y a perdu quelque chose. Mais avec nos on six petits enfants, âgés de 18 à 6 ans, nous restons dans le bain ! Propos recueillis par Philippe Brenot
Partie intégrante du pôle formation, le secourisme possède ses spécificités. Les Premiers secours civiques relèvent en effet du ministère de l’Intérieur et non des Sports, tandis que les formations s’adressent à la fois aux bénévoles et aux professionnels (il faut posséder le PSC pour s’engager dans un CQP ou un Brevet fédéral). Source de financement lorsqu’ils s’adressent à un public extérieur, les Premiers secours civiques sont une compétence supplémentaire que nos adhérents peuvent acquérir pour renforcer la sécurité de nos pratiques, en club et sur nos manifestations, mais aussi dans la vie quotidienne. L’an passé, 2 604 formations PSC et 279 sessions sur « les gestes qui sauvent » ont réuni respectivement 20 472 et 2 560 stagiaires. Nouveauté 2025 : la mise en place d’une première session de sensibilisation à la santé mentale à l’intention des formateurs aux Premiers secours civiques.
Pour accompagner l’exigence de parité au sein des instances dirigeantes des fédérations, le Comité national olympique et sportif français a créé le « Club des 300 femmes dirigeantes ». Plusieurs élues Ufolep ont participé aux deux premières promotions. Afin que ce dispositif essaime dans les territoires, le CNOSF a ensuite lancé en début d’année un appel à manifestation d’intérêt auquel l’Ufolep a répondu, en association avec trois autres fédérations affinitaires : la FSGT, la FSCF et l’ASPTT1. Ce dossier commun a été retenu. Il s’appuie sur différents modules : prise de parole en public, leadership féminin, montage de projets, finances… Des groupes de femmes de chaque fédération, déjà dirigeantes ou souhaitant le devenir, seront constitués selon un découpage en cinq zones géographiques. Toutes se retrouveront le 5 décembre au siège du CNOSF pour une journée de lancement qui coïncidera avec la Journée internationale du bénévolat. Après ce premier rendez-vous où l’organisation du sport en France sera abordée par le prisme du multisport affinitaire, la formation se poursuivra à travers des modules en distanciel et des classes virtuelles animées par une personne experte.
(1) Fédération sportive et gymnique du travail, Fédération sportive et culturelle de France, Association sportive des postes, télégrammes et téléphones.
La formation Ufolep se réorganise pour mieux répondre aux besoins des bénévoles et salariés du réseau. Avec de nouveaux parcours et diplômes mis en place dès cette saison.
La formation est aujourd’hui un pôle à part entière au sein de la direction technique nationale, au côté de « sport société » pour le socio-sport et de « sport éducation » pour la pratique en club et les dispositifs éducatifs, tels Kid Bike ou UfoBaby. Cette organisation s’incarne au sein du comité directeur dans une troisième vice-présidence en la personne de Jean-Pierre Gallot. Parallèlement, une équipe a été constituée autour de Noémie Coupeau, DTN adjointe chargée de la formation1.
Éducation et société. Le pôle vient enappui des formations initiées par les deux autres en mettant à leur disposition méthode et outils. Concernant « sport éducation », les commissions nationales sportives (CNS) contribuent aux contenus, tournés vers les pratiquants, bénévoles et officiels. En 2024, 485 formations ont accueilli 5 564 stagiaires2. Plusieurs CNS réfléchissent par ailleurs à des modules « transversaux », comme l’accueil des personnes en situation de handicap. De son côté, le pôle « sport société »a créé des contenus et développé des modules à l’intention des comités pour former les professionnels de leur territoire qui déploient les dispositifs et les actions qui relevant du champ sociosportif3. Certains comités proposent par ailleurs des « parcours coordonnés » permettant à des jeunes de 16 à 25 ans, décrocheurs scolaires de se former aux métiers de l’animation.
Offre élargie. Davantage de formations, de contenus et supports à destination du réseau : telle est l’ambition. Si l’Ufolep offre un large éventail de brevets fédéraux centrés sur une discipline, il faut développer en parallèle des formations transversales : laïcité, éco-responsabilité… Il convient également de renforcer l’information du réseau en faisant davantage de pédagogie sur certaines questions : pourquoi ne pas imaginer par exemple un module fédéral sur les risques psycho-sociaux, ou sur la nutrition, afin d’informer les parents des besoins de leur enfant ?
Certificat de qualification professionnelle. L’an passé, 432 personnes ont obtenu un CQP d’animateur de loisirs sportifs avec l’Ufolep : 211 en activités gymniques, d’entretien et d’expression (AGEE), 201 en jeux sportifs et jeux d’opposition (JSJO) et 20 en activités de randonnée de proximité et d’orientation (ARPO). Une session du CQP d’animateur de mobilité à vélo (AMV) s’est également déroulée en Normandie, en attendant les premières sessions du nouveau CQP TSARE de technicien des secteurs acrobatique, rythmique et d’expression. Au-delà de cette offre de formations, nous devons poursuivre et accroître nos efforts pour accompagner nos associations et nos comités vers la professionnalisation de leurs cadres, avec un enjeu d’insertion des jeunes.
Formation continue. Nous sommes efficacespour identifier un besoin en matière sportive et mettre rapidement en place un brevet fédéral ciblé sur une activité. Mais, au-delà de formation initiale, il manque une formation continue structurée pour s’enrichir des nouvelles méthodes pédagogiques ou apprendre à s’adresser à certains publics. La personne doit souvent le faire elle-même. Certains éducateurs peuvent se retrouver alors en difficulté, se lasser et arrêter.
Présidents et délégués. La saison écoulée a vu la mise en place d’un parcours de formation sur un an destiné aux nouveaux et nouvelles présidentes de comités, qui évoluent aujourd’hui dans un univers beaucoup plus complexe qu’il y a quelques années. Dès janvier 2026, un autre parcours devrait être opérationnel à l’intention des délégués et directeurs départementaux ayant pris leurs fonctions depuis peu, là aussi avec une alternance de journées en présentiel et de modules en distanciel.
Tous publics. En résumé, la formation s’adresse à tous, du bénévole occasionnel au dirigeant dans sa dimension « fédérale », et à tous les salariés (délégués, agents de développement, chargés de missions ou personnel administratif) lorsqu’elle est « professionnelle ». Y compris les membres de la direction technique nationale, pour qui il n’existe pas de formations spécifiques à dimension sportive, autre que celles de la Ligue de l’enseignement. Nous souhaitons notamment permettre aux salariés d’évoluer s’ils le souhaitent vers un diplôme supérieur à celui qui était le leur à leur entrée en fonction : des diplômes de niveau 5 ou 6 plus précisément. Plus largement, l’objectif est que tous les membres de notre réseau puissent renforcer leurs compétences (informatique, bureautique, législation, ressources humaines, communication) et se voient proposer un vrai parcours d’engagement : bien se sentir à l’Ufolep, dans sa prise de poste ou son bénévolat.
(1) Cette équipe réunit : Stewen Faustin, adjoint de l’organisme de formation (OF) national, chargé de la formation professionnelle ; Marion Mauduit, chargée de la formation fédérale (bénévoles) ; Elsa Syritis, chargée du suivi de l’équipe pédagogique nationale (EPN) qui supervise la formation aux Premiers secours civiques (PSC) et que coordonne Stéphane Lalanne, délégué Ufolep des Pyrénées-Atlantiques ; Vincent Bouchet, conseiller technique et sportif (CTS), en charge du Certificat de qualification professionnelle d’animateur mobilité à vélo (CQP AMV) ; Émeline Lambert, assistante de ce pôle formation.
(2) 60 éducateurs et chargés de mission sociosport des comités ont ainsi été formés en 2025 lors de sessions de trois jours, la dernière début septembre.
(3) Pour un total de 8 184 journées-stagiaires. Parmi les brevets fédéraux, les trois activités ayant réuni le plus de stagiaires sont la gymnastique (1 461), la GRS (1 283) et la moto (445). Le Puy-de-Dôme et la Haute-Garonne sont les deux comités les plus pourvoyeurs de formations fédérales avec 358 journées-stagiaires chacun.
Résiliente, l’Ufolep a dépassé les 325 000 licenciés et poursuivra cette année la déclinaison de son projet fédéral en dépit des incertitudes du moment.
L’Ufolep possède une incroyable vitalité ! Après des années de lente érosion de nos effectifs, la crise sanitaire du Covid nous avait vu perdre brutalement 34 % de nos licencié.es lors de la saison 2020-2021. Qui aurait cru alors que nous saurions inverser le mouvement pour retrouver, et aujourd’hui dépasser, le seuil des 325 000 licenciés ?
Fédérer. À l’entame de ce la nouvelle saison sportive, l’Ufolep doit garder ce cap : fédérer. Il n’est pas question ici de faire du chiffre pour du chiffre mais de partager et de mettre en mouvement. Partager, cela signifie diffuser un projet fédéral qui place nos associations, nos bénévoles et nos sportives et sportifs au centre de nos attentions, et entend contribuer au vivre ensemble : c’est pourquoi nous devons assumer et revendiquer notre affinité, pour une pratique sportive éducative, inclusive et épanouissante. Et mettre en mouvement, c’est s’adresser au plus grand nombre en s’appuyant sur nos associations et nos dispositifs, alors que près de la moitié de la population n’a pas d’activité physique régulière.
Assurance. Entre défis et opportunités, plusieurs grands dossiers marqueront l’année. Le premier concerne l’assurance. La saison passée, nous avons proposé une nouvelle offre assurantielle à nos licencié.es, avec un impact positif au regard du très haut niveau de service, de la grande réactivité et de l’humanité montrée par notre prestataire dans le traitement de cas lourds. L’outil est fonctionnel et adapté à nos pratiques. Mais, de notre côté, il nous incombe de maintenir la sinistralité de nos activités à un faible niveau : cela passe par une attention sans faille portée à la sécurité de nos manifestions et par une fine analyse des données maintenant récoltées, afin d’adapter nos règlements et réduire encore le nombre et la gravité de possibles dommages.
Pass’sport. Autre dossier de rentrée, l’incompréhensible décision du gouvernement Bayrou d’écarter les 6-13 ans des bénéficiaires du Pass’Sport. À l’Ufolep, ce sont plus de 30 000 jeunes dont les familles ne pourront plus compter sur ces 50 euros d’aide à la prise de licence. Cela ne sera pas sans conséquences sur l’adhésion des jeunes des milieux populaires. Cette mesure va à l’encontre de la lutte contre la sédentarité, pourtant présentée comme une priorité, et nécessitera un fort accompagnement de nos clubs et de nos comités, convaincus comme nous tous qu’une pratique sportive régulière doit s’installer dès le plus jeune âge.
Associations. Il est aussi un point sur lequel nous devons être vigilants : l’érosion du nombre d’associations affiliées, commune à beaucoup de fédérations sportives. La direction technique nationale mène une étude pour analyser finement cette tendance qui contraste avec la progression de nos licenciés : est-elle propre à certaines activités, à certains territoires ? résulte-t-elle de la fusion d’associations ou du manque de bénévoles, notamment en milieu rural ? Il convient d’identifier les causes pour trouver des réponses.
Finances. Dans l’attente du projet de loi de finances du gouvernement que Sébastien Lecornu a été appelé à former, nous devons également être attentifs aux choix opérés et à leur impact sur nos dispositifs nationaux. Les décisions budgétaires qui pourraient frapper les collectivités locales ne seraient pas non plus sans effet sur nos comités et nos associations : c’est pourquoi nous avons renforcé le dispositif d’accompagnement de notre réseau fédéral. Enfin, la diversification de nos ressources doit être poursuivie et amplifiée, à tous nos échelons, pour prévenir les risques financiers.
Régions. Par souci d’efficacité, nous allons également repréciser au cours de la saison les compétences de chaque échelon de notre fédération, et proposer en avril à l’Assemblée générale de Brest de nouveaux statuts pour les régions. Nous entendons également développer la formation et améliorer nos systèmes d’information.
Dynamique. Ces objectifs sont d’autant plus réalisables que l’Ufolep est depuis quatre ans dans une dynamique très positive : le nombre croissant de nos licenciés et de nos salariés, et la qualité de nos événements – dont la réussite est reconnue par nos partenaires – va de pair avec une vie statutaire dense. En ce début de saison sportive, restons donc prudents au regard des incertitudes politiques et financières du moment, mais soyons raisonnablement optimistes au regard de la vigueur du projet sportif et de société que nous portons.
Arnaud Jean, président de l’Ufolep
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