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Gouvernance associative : outiller la fonction présidentielle

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La deuxième promotion de dirigeants récemment élus à la tête de leur comité départemental ou régional suivra un parcours en sept étapes alternant distanciel et présentiel.

 

Ils sont une vingtaine d’hommes et de femmes à avoir été élus à la tête de leur comité Ufolep ces derniers mois. Qu’il s’agisse d’une présidence unique ou partagée, toutes et tous étaient conviés le 3 septembre à une visioconférence en forme de rentrée des classes. Au programme : connaître la fédération, son histoire, son affinité, son fonctionnement et ses actions. Ces nouveaux élus sont en effet désormais le visage de l’Ufolep sur leur territoire. Ils représentent la fédération et seront invités à s’exprimer en son nom auprès des représentants des collectivités et des autres acteurs du sport et de l’éducation.

Suivra, mi-octobre, une journée consacrée à la maîtrise des outils numériques, indispensable aujourd’hui pour bien gérer et animer un comité. Ce temps de formation se déroulera en amont des Journées fédérales du Pradet, qui seront ensuite au programme. La promotion pourra y rencontrer dans un cadre convivial les élus nationaux et la direction technique nationale ainsi que d’autres dirigeants, membres de comité départemental, régional, ou d’une commission nationale sportive. Ce sera l’occasion de partager des expériences, de découvrir des façons de faire parfois différentes.

Les visioconférences de décembre et février porteront ensuite sur l’animation des temps statutaires et la gestion des bénévoles, avant deux journées en présentiel mi-mars pour tout connaître de la fonction d’employeur. Enfin, après avoir représenté leur comité et peut-être s’être exprimés à la tribune de l’assemblée générale des 11 et 12 avril 2026 à Brest, les membres de la promotion complèteront leur participation à ce rendez-vous statutaire d’importance avec deux demi-journées consacrées à la « prise de parole » et à la « parole politique », avant de tirer ensemble un bilan de leur formation.

Au-delà des compétences et des savoir-faire que les uns et les autres auront pu acquérir ou renforcer au fil de ce parcours, l’objectif est aussi de favoriser un esprit de groupe. Après avoir partagé ses expériences et ses questionnements durant toute une saison, de retour dans son territoire il sera plus facile de solliciter le conseil d’un ou d’une camarade de promotion pour résoudre un problème de gouvernance. Et à défaut de solution miracle, échanger avec des alter ego sur des problématiques communes permet de se sentir moins seul et d’affronter celles-ci avec davantage de confiance. Ph.B.



« Le monde associatif manque de bénévoles de gouvernance »

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Président du comité du Cher, Mickaël Huet est aussi délégué général du Mouvement associatif, collectif dont l’Ufolep est membre.

 

Mickaël, tu présides depuis mars l’Ufolep du Cher. Mais avez-vous envisagé une co-présidence ?

Non ! En revanche, nous avons mis en place quatre vice-présidences : « sport éducation », « sport société », « sport santé » et « projet fédéral », pour évaluer l’impact de notre action. J’assume pour ma part les relations avec les collectivités et j’accompagne les vice-présidents dans leurs missions.

 

Au-delà du domaine sportif, la co-présidence associative se développe…

J’y vois une réponse au manque de « bénévoles de gouvernance. Nos associations ne manquent pas de personnes prêtes à donner de leur temps pour développer une action ou un projet associatif. Mais si, selon France Bénévolat, les jeunes sont plus enclins à s’engager, on observe une légère diminution de l'engagement des seniors depuis le Covid. Or ceux-ci sont majoritaires parmi les bénévoles de gouvernance. La co-présidence rend la fonction plus « accessible » et permettant de répartir les responsabilités. Or les bénévoles franchiront plus facilement le pas s’ils se sentent compétent. D’où la nécessité de les former à l’exercice de ces responsabilités.

 

Président, il faut s’en sentir capable…

Désacralisons aussi la « fonction présidentielle » ! Quand on propose à un élu de devenir secrétaire, trésorier ou président, la première réponse est : « Je n’y arriverai jamais. » Il est vrai que trésorier d’un comité Ufolep n’est pas une mince responsabilité ! Mais celui-ci pourra s’appuyer sur un comptable et des outils pour se concentrer sur les arbitrages, qui relèvent davantage du politique. Le principe de co-présidence rejoint celui de collégialité et fait sens dans une fédération relevant de l’éducation populaire.

 

Dans quel contexte la co-présidence est-elle la plus adaptée ?

Elle est tout aussi intéressante dans une perspective de passage de relais que d’organisation pérenne. Mais il faut s’accorder en amont sur le fonctionnement et la répartition des rôles. Cela passe par des temps de régulation, ou tout au moins de discussion et d'échange.

 

La co-présidence est-elle plus fréquente dans d’autres secteurs associatifs ?

Elle est très compliquée dans le sanitaire et social mais plus développée dans la culture et parmi les associations engagées dans la transition écologique, la nature et l’environnement.

 

Et la « collégialité solidaire » ?

Je ne suis pas sûr que le tissu associatif y soit tout à fait prêt. Et les autorités administratives encore moins : plusieurs préfectures ont retoqué ce mode d’organisation revendiqué par des associations pionnières. Alors que l’État devrait laisser les associations se gérer comme elles le souhaitent...

 

Sachant que la présidence unique restera longtemps le modèle majoritaire, l’enjeu principal ne réside-t-il pas dans la façon d’exercer la gouvernance, quel que soit le cadre juridique ?

Si, bien sûr. Le président omniscient, omniprésent et omnipotent, cela existe encore souvent. Il faut tourner la page et revoir les modes de fonctionnement, à commencer par la réunion bimestrielle organisée de 18 heures à 22 heures… Cette réunion, il faut la raccourcir, en définir l’objet et mieux répartir les prises de parole. Au-delà du renouvellement de leurs cadres, associations et comités doivent s’interroger sur leur attractivité, en particulier auprès des jeunes adultes.

 

D'autant que, rompus aux outils numériques, ils sont facteur d’innovation…

En cela, le Covid a fait évoluer les mentalités en imposant des assemblées générales en distanciel. Le numérique permet aussi de limiter les déplacements et de réduire l’empreinte écologique : pourquoi faire 200 km pour une réunion régionale qui pourra être plus concise et tout aussi productive devant son écran ? Le numérique peut fluidifier la vie de l'association et favoriser l'implication des jeunes et des femmes.

 

La réduction des subventions décourage aussi des bonnes volontés…

C’est un frein à l’engagement : passer son temps à rechercher des financements rebute le bénévole. Mais cette recherche peut s’effectuer de façon collective, en épaulant le président et le trésorier. Et s’il y a un message à faire passer aux dirigeants des associations Ufolep, c’est que la trilogie président-secrétaire-trésorier ne doit pas être un carcan pour la vie associative. Ne vous mettez pas de barrières ! N’hésitez pas à imaginer un fonctionnement plus collégial, voire plus démocratique. C’est la meilleure façon d’attirer celles et ceux qui ne s'impliquent pas de façon naturelle dans la vie associative, et de les amener ensuite vers la prise de responsabilités. Ph.B.



Gouvernance associative : « Le collège solidaire, ça marche ! »

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Élue nationale de l’Ufolep, Christelle Lacostaz estime que la formule du « collège solidaire », qu’elle a elle-même expérimentée pour un café associatif, est duplicable dans l’univers sportif.

 

« Il y a dix ans, nous avons monté à Martigues (Bouches-du-Rhône) un café associatif, le Rallumeur d’étoiles, au statut d’association loi 1901. Il fonctionne selon la formule du collège solidaire : pas de poste défini président-secrétaire-trésorier, mais dix membres qui tournent sur les fonctions et s’occupent à tour de rôle du secrétariat, des comptes rendus de réunion, des demandes à la mairie… Cela n’empêche pas une certaine spécialisation : deux personnes possèdent la signature à la banque, je m’occupe de l’accueil des artistes et de leurs repas, un autre de la programmation musicale, une autre personne des ressources humaines... Nous employons une salariée à 80 %, qui gère notamment le site internet et la page Facebook, et nous avons une comptable extérieure qui édite aussi les fiches de paie et nous renseigne sur les contrats. L’association compte par ailleurs une vingtaine de bénévoles actifs, mais non membres du collège.

Nous souhaitions éviter un système pyramidal afin que les gens entrent et s’investissent plus facilement. L’un des fondateurs s’était renseigné sur ce mode de fonctionnement sans président ou présidente qui, à l’expérience, ne fait pas souci auprès de nos interlocuteurs. Il faut juste faire un peu de pédagogie auprès des nouveaux contacts, expliquer notre mode de fonctionnement.

Nos décisions sont collectives et il arrive que nous ne soyons pas d’accord. Nous recherchons alors le consensus, tout en s’autorisant un droit de veto si une orientation nous fait vraiment problème. Et ça marche, alors que nous ne sommes pas forcément tous "potes". Juste des gens qui font avancer le projet. Et si ce modèle du collège solidaire se rencontre plus souvent dans le domaine culturel, à mes yeux il est tout aussi viable dans le sport. »



Gouvernance associative : « La co-présidence fait moins peur »

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Co-présidente de l’Ufolep Val-d’Oise depuis plus de quatre ans, Pristile Couvercelle ne voit que des avantages à la formule.

 

Pristile, pourquoi avez-vous mis en place le principe de co-présidence ?

Sans y avoir réfléchi auparavant, l’idée s’est imposée lorsque Jocelyne Loquien, ex-déléguée département tout juste retraitée, s’est présentée comme présidente tout en vivant une partie de l’année en Auvergne. La co-présidence, je la pratiquais déjà dans mon association Ex-Aequo, et assez spontanément je me suis proposée pour devenir co-présidente du comité Ufolep Val d'Oise.

 

Quels sont les avantages de la formule ?

Pouvoir se partager les tâches selon les compétences, les appétences et les disponibilités de chacun. La présidence peut faire peur, la co-présidence beaucoup moins !

 

Avez-vous procédé à des ajustements au fil des ans ?

Venant d’un club de gymnastique, Jocelyne s’est positionnée sur le sport éducation. De mon côté le sport société était une évidence puisque mon association déployait plusieurs dispositifs relevant de ce domaine.

 

 

Tu as aujourd’hui un nouvel alter ego : comment a-t-il été choisi ?

Jocelyne souhaitait céder sa place. Apprenant que le poste était libre, après mûre réflexion Joé Teillé, trésorier et membre fondateur en 1990 de l'Amicale Laïque de Maffliers, s'est présenté pour intégrer le comité directeur. Il en a été élu membre, puis co-président, lors de notre assemblée générale du 5 avril.

 

En quoi êtes-vous complémentaires ?

Un homme et une femme c’est idéal, même si cela n’a pas été pensé à l’avance. Ensuite, Joé, jeune retraité, est issu d’une association d’un village de 1 750 habitants qui réunit activités culturelles, sport loisir, sport famille et sport santé. De mon côté, à 50 ans je co-préside à Osny une association urbaine présente sur l’insertion et l’éducation par le sport en plus du loisir et de la santé. À nous deux, nous sommes assez représentatifs de la palette d’activités du comité et de l’origine géographique de ses associations.

 

La co-présidence a-t-elle favorisé la collégialité et la répartition des responsabilités au sein du comité départemental ?

Nous souhaiterions compter davantage d’élus ! Nous compensons ce manque par des réunions régulières, souvent en bureau à quatre, avec le trésorier et la secrétaire. Recueilli par Ph.B.



Gouvernance associative : « Une co-présidence doit être préparée en amont »

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Natacha Mouton-Levreay, vice-présidente de l’Ufolep, évoque les difficultés rencontrées pour installer une co-présidence dans les Hauts-de-France. 

« Vice-présidente nationale de l’Ufolep et du collectif ID-Orizon, je ne serai pas non plus éternellement présidente du comité du Pas-de-Calais et du comité régional Flandres-Artois-Picardie. C’est pourquoi nous avons expérimenté au sein du Crufap une co-présidence visant à passer le témoin à un successeur pressenti pour reprendre à moyen terme une présidence unique. Mais, après 18 mois, nous avons fait machine arrière et je suis redevenue présidente à part entière.

Cet échec peut s’expliquer par un manque de préparation. Nous n’avions pas suffisamment travaillé sur la répartition des responsabilités et le mode de fonctionnement. Il est aussi apparu qu’une co-présidence ou présidence régionale exige une expérience du management d’un comité départemental.

Le départ pour raisons personnelles du délégué régional, en poste depuis longtemps, et la période de latence qui ont suivi n’ont pas aidé non plus. La personne recrutée a ensuite eu tendance à jouer une co-présidence contre l’autre quand elle n’obtenait pas la réponse souhaitée de son premier interlocuteur… C’est pourquoi nous ne l’avons pas prolongée. Sinon, côté ressources humaines, le comité régional s’appuie sur une secrétaire à plein temps, plus une comptable à 50 %. Nous gérons en effet 15 disciplines compétitives et autant de commissions régionales sportives. Cela explique que la présidence du Crufap soit si chronophage.

Pour autant, je suis convaincue de l’intérêt de la formule de co-présidence et j’y songe, pour quand je passerai le témoin à la tête de l’Ufolep Pas-de-Calais. Depuis des années, je consacre 100 % de mon temps à l’Ufolep et ne faut pas que la personne qui prendra ma succession se retrouve noyée. D’où l’intérêt d’une co-présidence complémentaire et partagée. Et aussi d’offrir, au niveau national, les outils permettant aux comités d’adapter leur gouvernance selon leur organisation et leur contexte propres. »



Gouvernance associative : partager les responsabilités

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La « bonne gouvernance » d’une association repose avant tout sur son fonctionnement démocratique. Mais l’alourdissement des responsabilités pesant sur les dirigeants bénévoles exige aussi une meilleure répartition de celles-ci. C’est pourquoi des clubs et des comités Ufolep expérimentent le principe de co-présidence.

 

En octobre 2023, « l’engagement bénévole » était le fil rouge des Journées fédérales de l’Ufolep. Le coup d’arrêt du Covid-19 avait rendu encore plus aigüe cette préoccupation inhérente à la vie associative.L’interruption forcée du printemps 2020 avait en effet incité nombre de militants expérimentés, rouages essentiels de leurs associations, à prendre un peu de distance.

La réflexion collective avait porté sur la diversité des profils (femmes, jeunes, etc.), le recrutement et la fidélisation des bénévoles prêts à prendre des responsabilités au sein d’une association ou d’un comité, sur fond de complexification administrative : normes diverses, professionnalisation des équipes, mais aussi indexation des financements sur des appels à projet et non plus sur la vie associative quotidienne. Autant d’évolutions exigeantes en temps et en technicité. Les dirigeants bénévoles peuvent alors avoir le sentiment de perdre de vue le projet associatif originel, moteur de leur engagement. Sans parler de la réduction drastique des subventions, qui peut achever d’en décourager certains.

 

Les pionniers du Val-d’Oise

À défaut de recette-miracle, le rendez-vous du Pradet avait débouché sur la rédaction d’un Guide de l’association compilant conseils, références statutaires et outils pratiques. Parmi les solutions proposées figurait la co-présidence : une réponse possible aux difficultés rencontrées par des comités et des associations pour assurer à leur tête la succession de militants qui, parfois à leur corps défendant, s’étaient au fil des ans rendus irremplaçables.

Le comité Ufolep du Val-d’Oise n’avait toutefois pas attendu pour expérimenter la formule, avec une répartition des rôles assez claire : depuis 2021, Jocelyne Loquien, ex-déléguée départementale, supervisait plutôt le pôle « sport éducation », et son alter ego Pristile Couvercelle les actions « sport société » (lire page 13). Depuis, Joé Teiller a pris la suite de la première. La formule a également fait ses preuves dans les Hautes-Pyrénées, où c’est la « doublette » entière qui vient d’être renouvelée.

Une co-présidence peut aussi être transitoire. Avant d’assumer pleinement la présidence de l’Ufolep de l’Indre-et-Loire, Jérôme Gibeau a été pendant deux ans co-président au côté Alexandre Pivron, plutôt identifié « sport éducation » et son binôme « sport société ». Actuellement en Loir-et-Cher, il s’agit aussi d’opérer un « tuilage » en douceur, sur une mandature cette fois, entre Jean-Alain Lavige, en fonction depuis quatre décennies, et Pascale Ott Menou, jeune retraitée licenciée en aquagym au Cercle laïque blésois. La répartition des rôles est ici pensée comme une prise de responsabilités croissante de l’une et un désengagement progressif de l’autre. Mais rien ne dit que, lorsque l’indéboulonnable Jean-Alain Lavige cèdera définitivement la place, la formule de la co-présidence ne soit pas finalement reconduite…

 

Difficile succession en Eure-et-Loir

Il arrive aussi que la co-présidence soit un choix par défaut. Par exemple quand aucun membre du comité directeur ne se sent en capacité d’assumer seul la succession. Ce fut le cas en Eure-et-Loir où Hervé Pelletier, qui après vingt ans comme délégué départemental était président depuis six ans, ne se représentait pas. Personne ne s’étant proposé, ni en assemblée générale ni lors des deux réunions suivantes, le comité était fragilisé… « En outre, ces dernières années nous nous étions considérablement développés, avec plus de 4 000 licenciés et désormais 9 salariés », explique Michel Lagarde. Élu du comité, lui-même était déjà fort occupé avec la présidence de son club de tir sportif et ses autres « casquettes » Ufolep : membre de la commission départementale et régionale de tir et de la commission nationale, vice-président du comité Centre-Val-de-Loire… Homme de devoir, il a toutefois accepté d’ajouter une co-présidence départementale à son C.V. À 75 ans, il vient même de repartir pour un nouveau mandat, avec comme « colistière » Jacqueline Baglan, 68 ans, précédemment secrétaire du comité. Une co-présidence paritaire, même si c’est là « le fruit du hasard ».

La répartition des tâches a en revanche été réfléchie. « Plus proche géographiquement du siège du comité à Lucé, Jacqueline assure les entretiens avec les salariés et les rendez-vous institutionnels : préfecture, Conseil départemental, Comité olympique, Ligue de l’enseignement… De mon côté, j’accompagne les commissions techniques en réunion et sur les compétitions. Enfin, nous nous partageons les temps protocolaires des évènements "sport société", tandis que notre trésorier assure le suivi des ressources humaines », détaille Michel Lagarde.

Pour installer et animer cette co-présidence, le président de la Cible Tourysienne explique s’être appuyé sur le Guide national. Avec toutefois encore un caillou dans la chaussure, sous la forme d’un blocage administratif de la part d’un fonctionnaire préfectoral tatillon : « Nos statuts ne prévoyaient pas la co-présidence. Depuis, ils ont été modifiés. Dès qu’ils auront été approuvés en assemblée générale extraordinaire, ce frein disparaitra. »

 

Les treize présidents de Gâtisport

La co-présidence est une formule tout aussi adaptée pour une association, quelle qu’en soit la taille. Forte de 225 licenciés, dont environ 50 enfants en école de sport et 170 adultes répartis entre plusieurs créneaux séniors et une petite section multisport, l’association Gâtisport1 de Parthenay (Deux-Sèvres) expérimente même depuis un an une co-présidence partagée entre les 13 membres du conseil d’administration.

Professeure des écoles retraitée, Laurence Réau a pleinement participé à cette initiative collective, née de sa volonté de se mettre en retrait après être devenue présidente en 2018, sans l’avoir vraiment voulu. « L’association, dont les activités sont encadrées par des éducateurs du comité départemental, était un peu sous tutelle de celui-ci. Il n’y avait pas vraiment de bureau et le comité insistait pour que ce soit désormais le cas. Mon mari et moi étions simples licenciés, mais ça m’intéressait de voir cette association évoluer. J’étais prête à prendre une petite responsabilité. Puis, de réunion en réunion, à force de faire des suggestions, un jour tout le monde m’a regardé : "Laurence, tu ne veux pas être présidente ?" J’ai dit : "D’accord, si on fonctionne en équipe." Mais, dans les faits, les gens se sont beaucoup reposés sur moi. »

Le souci de partage des tâches n’a pas non plus fait disparaître la hiérarchie. « Je commençais à dire "mon association", ce qui est un symptôme grave ! Certes, prendre une décision seule va plus vite, et après tous me disaient "Tu as bien fait". Mais cela allait contre mes principes, alors j’ai dit : "J'arrête." »

Après plusieurs réunions et assemblées générales, un adhérent de fraîche date se propose finalement pour prendre sa suite, avant d’y renoncer après quelques mois pour raisons personnelles : retour au point de départ. « J’ai accepté d’assurer la fin de saison et de préparer la rentrée mais refusé de m’engager au-delà. Nous avons pris le temps de réfléchir, et convenu de ne plus raisonner en termes de fonctions traditionnelles – président, secrétaire… – mais de tâches et de missions, et élaboré un organigramme de travail. Parallèlement, nous avons consulté l’amicale laïque de Pompaire, qui fonctionne depuis 2022 selon un mode de gouvernance collégiale. C'est très peu connu, mais tout à fait légal. Nous avons déclaré nos 13 noms en préfecture et sommes ainsi tous coprésidents dans le conseil d’administration ! »

À Gâtisport, chaque dirigeant a une tache : un membre du CA est ainsi chargé de relever tous les mails arrivant sur l’adresse de l’association et de les réexpédier aux personnes en charges pour des relations avec les éducateurs, de la comptabilité, des prestations extérieures... Les postes sont parfois doublés, comme celui de trésorier. « Des personnes qui à l’origine avaient accepté d’entrer au CA sans souhaiter s’investir ont pris des responsabilités. Toutes les missions n’ont pas la même importance, mais chacun fait un petit quelque chose, et souvent plus qu’il ne le pensait au début », se félicite Laurence Réau.

Cette évolution a également été rendue nécessaire par la croissance de l’association, qui sous son énergique présidence a gagné de nombreux adhérents en étendant ses créneaux à plusieurs communes et en élargissant ses activités au multisport adulte et au sport sur ordonnance. Gâtisport a aussi développé des prestations à la demande de structures extérieures, écoles, centres de loisir ou communauté de communes. Outre les éducateurs sportifs mis à disposition par le comité Ufolep, l’association est ainsi co-employeuse d’un salarié.

 

Charge mentale

Avec le recul, Laurence Réau insiste sur le poids de la charge. « J’ai débuté ma présidence avec d’autant plus d'enthousiasme que tout était à construire, explique-t-elle. Monter un site internet et développer la communication interne, ça me passionnait ! Mais ce qui est lourd au bout du compte, c'est la charge mentale. Par exemple, nos éducateurs salariés peuvent appeler à tout moment, parce qu’ils n'ont pas la clé de la salle ou pour une raison plus importante. Il faut aussi répondre à des sollicitations en tout genre, assurer le rôle de représentation... Et puis, il faut tout anticiper : nos organisations, le stage enfant pour les vacances, honorer les échéances de fin de mois, recenser les adhérents souhaitant se réinscrire ou pas pour savoir si des places se libèrent… Je prenais peut-être les choses à cœur, mais j’avais constamment tout cela en tête. Où que je sois, je regardais les messages sur mon téléphone, mes mails… C'était trop. »

Comme d’autres, Laurence Réau a pu observer que, si les gens n’osent pas prendre des responsabilités, c’est souvent parce qu’ils ne s’en croient pas capables. « Les femmes, notamment, ont tendance à se dévaloriser. Et il faut savoir se montrer patient avec les personnes qui découvrent la vie associative. » C’est en revanche l’occasion d’accueillir de nouveaux profils. « Nous venons de recruter au CA deux parents dont les enfants fréquentent l’école de sport. Nous n’en avions jamais eu et ça rajeunit bien, parmi tous ces séniors comme moi ! Les jeunes parents qui travaillent ont moins de temps libre qu’un retraité et, probablement nous quitteront-ils quand leurs enfants ne seront plus en âge de pratiquer chez nous. Mais le temps qu’ils sont là, ils s’investissent et apportent des idées sur le choix des activités ou la communication interne. L’un d’eux nous a même organisé une petite formation informatique sur le partage de documents sur un drive ! »

Encore co-présidente et toujours pratiquante avec son conjoint, Laurence Réau n’a en tout cas aucun regret. La structure qu’elle a contribué à façonner est « une belle association », et elle est « heureuse d’avoir fait partie de l’aventure ».

Puissent tous les président.es et co-président.es d’association ou de comité puissent en dire autant à l’heure de passer le témoin ! Philippe Brenot

(1) Dont le nom fait référence à la Gâtine poitevine, nom historique de la région de Parthenay.



« Footboys », dans la solitude des centres de formation

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Avant de suivre des études littéraires et de devenir poète, dramaturge et comédien, Mathieu Tulissi Gabard fut un jeune footballeur talentueux qui, à l’âge de 15 ans, vécut une si douloureuse année 2001-2002 au centre de formation du Montpellier Hérault Sport Club qu’il en partit dégoûté de sa passion. Sous l’étiquette protectrice de « roman », le quasi-quadragénaire en tire aujourd’hui un récit à charge, nourri de souvenirs encore à vif et d’un profond ressentiment, et étayé des témoignages bruts de ses parents, de l’entraîneur de son petit club de Garches, de son compagnon de chambre et d’autres apprentis footballeurs côtoyés à l’époque. Ces éclairages donnent à sa prose une forme et un ton qui laissent à penser que ce texte trouverait sur scène sa pleine dimension. Les jeunes aspirants footballeurs et leurs parents y trouveront aussi matière à réflexion avant de s’engager sur ce chemin, en espérant qu’en vingt ans l’atmosphère, la qualité de l’encadrement et l’attention portée à la psychologie de ces jeunes adolescents éloignés de leur famille se soient bien améliorées. Ph.B.

 


Footboys, Mathieu Tulissi Gabard, Gallimard, 156 pages, 18 €.

La face cachée du tennis

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Quentin Moynet, journaliste à L’Équipe, s’attache ici à pointer les « laideurs » que le tennis professionnel « dissimule aux yeux du plus grand nombre » derrière la vitrine des tournois ATP et du Grand Chelem. Au-delà du 100e ou 150e rang mondial, les « galériens du tennis » naviguent en effet entre des tournois Challengers et Futures où ils peinent à gagner leur vie et s’usent mentalement. « Le tennis est une machine à laver qui ne s’arrête jamais », résume en préface Lucas Pouille, qui a connu cet envers du décor lorsqu’il a accumulé les blessures après avoir été 10e mondial. Suivent une série de témoignages, aussi forts qu’édifiants, de joueurs et de joueuses anonymes – à l’exception peut-être de Laurent Lokoli, ex-167e mondial, qui au faîte de sa carrière réussit à entrer dans le tableau final de l’open d’Australie, de Roland-Garros et de Wimbledon. Sans vouloir décourager les jeunes pousses qui rêvent de faire carrière raquette en main, mieux vaut qu’ils soient informés de ce qui les attend dans la « jungle » des tournois secondaires.


La Face cachée du tennis, Quentin Moynet, Hugo Sport, 230 pages, 19,95 €.

Éloge du tennis

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« Pourquoi est-ce que j’aime tant ce sport ? », s’interroge l’écrivaine, scénariste, dramaturge et réalisatrice Murielle Magellan dans cet Éloge du tennis qui ravira les pratiquants autant qu’il suscitera l’intérêt des béotiens de la balle jaune. L’autrice y entremêle avec une grande finesse les références aux origines et aux évolutions les plus récentes de la discipline avec l’empreinte laissée par les grands champions et championnes et sa dilection pour un sport repris avec passion à la quarantaine, après l’avoir pratiqué en son adolescence. Pedigree oblige, les clins d’œil à la littérature, à la philosophie et au cinéma sont nombreux et éclairants. C’est intelligent et profond, tout en restant léger dans la forme et le ton. Si à la fin de l’ouvrage, Murielle Magellan décroche un honorable classement 15/2 – les spécialistes apprécieront –, elle emporte ici l’adhésion par son magnifique « toucher » face à la page blanche, comparée à juste titre avec la géométrie et les lignes d’un court de tennis.


Éloge du tennis, Murielle Magellan, Rivages, 222 pages, 17 €.

A Fontainebleau, les "25 bosses " en danger

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Avec ses 900 mètres de dénivelé cumulé en l’espace de 17 kilomètres, le sentier des 25 bosses attire chaque année près de 100 000 randonneurs et traileurs au cœur du massif forestier de Fontainebleau. Mais la surfréquentation accélère l’érosion des sols sableux. Le piétinement intensif et répété, combiné aux intempéries, fait disparaître la végétation, expose les racines, déstabilise les rochers, mettant en péril la sécurité des usagers et l’équilibre écologique du lieu. Tout en maintenant le sentier accessible au public, l’Office national des forêts (ONF) a donc lancé un programme de restauration qui s’accompagne d’une campagne de mécénat pour aider à sa sauvegarde.



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