La députée Les Écologistes a présenté en janvier un rapport édifiant sur les manques des fédérations sportives en matière de violences sexuelles et de discriminations. Retour sur la démarche et les réactions suscitées.
Sabrina Sebaihi, pourquoi le groupe Écologiste-Nupes de l’Assemblée nationale a-t-il exercé en juin 2023 son « droit de tirage » pour initier une commission d’enquête sur les « défaillances de fonctionnement » des fédérations sportives ?
J’ai proposé cette commission d’enquête à mes collègues après avoir été alertée par des parents sur les problèmes rencontrés par leurs enfants avec leur entraîneur – plutôt de l’ordre de la brimade. En effectuant alors un travail de recherche et en compilant les articles et enquêtes parus sur les violences sexuelles ou sexistes, les discriminations racistes et homophobes et les questions financières et de gestion, nous avons pu mesurer leur nombre considérable et l’ampleur de ces problèmes. L’autre raison est l’actualité des Jeux olympiques et paralympiques : il nous a semblé que c’était le moment ou jamais d’aborder ces sujets. Enfin, c’était l’occasion d’affirmer que les valeurs du sport sont en lien avec celles que porte l’écologie politique aujourd’hui.
Les défaillances identifiées ont trait à la gouvernance, à la gestion financière et à la prévention et la lutte contre les violences et les discriminations. Pourquoi un périmètre aussi large ?
Nous avons beaucoup débattu de ce périmètre et, progressivement, nous nous sommes davantage focalisés sur les violences sexuelles et moins sur la partie financière, qui aurait bien exigé six mois de plus ! Mais il est apparu que les causes conduisant à ces dérives et ces défaillances sont systémiques et tiennent à la gouvernance : manque de contrôle d’un côté, absence de volonté de certaines fédérations d’avancer sur ces questions de l’autre. Quel que soit le type d’affaire, on retrouve aussi les mêmes mécanismes, dans un milieu où tout le monde se connaît et où l’on se protège l’un l’autre. Même si ça s’est avéré un travail colossal, nous avons donc conservé ces trois champs des violences sexuelles et sexistes, des discriminations racistes et homophobes et des questions financières.
Adjointe au maire d’Ivry-sur-Seine, le sport ne figurait pas parmi vos compétences : quelle connaissance du milieu sportif aviez-vous jusqu’alors ?
J’ai pratiqué un temps le tir à l’arc à l’Union sportive d’Ivry, mais c’est tout ! Cela m’a donc demandé beaucoup de travail pour comprendre le fonctionnement du monde sportif : les fédérations, les ligues, les clubs, le Comité national olympique et sportif, l’Agence nationale du sport, le principe de délégation… Cela fait beaucoup de rouages et d’entités, et j’y ai passé mon été ! Mais ce regard très extérieur m’a permis d’aborder ce dossier de manière moins passionnelle et peut-être plus objective que des personnes qui connaissent trop intimement le milieu sportif et ses dirigeants.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lors de ces 130 heures d’audition, lors desquelles vous avez entendu 193 personnes ?
La puissance des témoignages des victimes. Notre choix a été de commencer par entendre celles-ci, afin d’interroger ensuite les fédérations sur les réponses apportées et ce qui avait conduit à des défaillances. Cela a soudé les membres de la commission d’enquête, qui ont vraiment eu une approche transpartisane, hors de toute posture politique. Nous avons tous pris conscience de la gravité de ce qui s’est passé et se passe encore. Cela nous a poussé collectivement à aller au bout de ces auditions. Si nous avons pu paraître un peu durs auprès de certains dirigeants, nous avons été choqués de constater que certains d’entre eux n’avaient toujours pas pris conscience de la gravité des faits rapportés, ni même pris connaissance des auditions, ce qui interroge de la part de hauts responsables d’une fédération. Parfois aussi les réponses étaient hors sol, ou n’en étaient pas. Cela nous a conduit à faire un certain nombre de recommandations1.
Le président du Comité national olympique et sportif français, David Lappartient, a d’emblée mis en doute la légitimité de votre commission d’enquête2, puis la ministre des Sports a jugé le rapport « militant3 »…
Le premier nous a adressé un courrier avant même que le début de nos travaux : on est là dans l’a priori, et sans doute ignore-t-il que les parlementaires ont pour rôle de contrôler l’action du gouvernement et que nous sommes dans celui-ci dès lors que les fédérations ont une délégation de service public et doivent donc rendre des comptes.
De la part de la ministre, je trouve cela extrêmement grave. C’est balayer d’un revers de main un rapport de 300 pages et des témoignages où le mot qui est le plus souvent revenu est celui d’omerta. Je le répète, ce rapport est transpartisan et j’étais la seule élue écologiste de la commission. Certes, j’avais la plume, mais le rapport a été approuvé par tous les parlementaires qui y ont participé – à l’exception du Rassemblement national, qui a quitté la commission en cours de route et a voté contre à la fin. La ministre nie ainsi la réalité du problème systémique caractérisé par la relation ambivalente entre le ministère des Sports et les fédérations : celui de la faiblesse d’une tutelle qui ne s’exerce pas comme elle le devrait, avec des contrats d’objectifs trop vagues ou trop peu ambitieux et un contrôle insuffisant4. J’observe que la Cour des Comptes, entité peu suspecte de militantisme, pointe elle-même un système de « portes tournantes » entre les fédérations, le ministère et le CNOSF, où les mêmes personnes tournent entre ces trois entités. Pour en revenir aux fédérations, il apparaît que certaines ont envie d’agir mais n’en ont pas les moyens, quand d’autres semblent incapables de se réformer et ne montrent aucune envie d’agir.
Le rapport pointe, entre autres, « une gouvernance caractérisée par l’entre-soi et un défaut de culture démocratique », « des garde-fous insuffisants contre les dérives financières et les atteintes à la probité » et « l’échec de l’autorégulation dans le combat éthique », en pointant sur ce dernier point « l’absence » du CNOSF. Le tableau est-il si noir ?
S’il apparait très noir, c’est parce que nous nous sommes concentrés sur ce qui ne va pas. Or le sport fédéral en France c’est 17 millions de licenciés, 3 millions de bénévoles, 160 000 clubs. Roxana Maracineanu, précédente ministre des Sports, a également donné une forte impulsion à la lutte contre les violences sexuelles. Mais, concernant celles-ci, je continue de recevoir de très nombreux témoignages de victimes sur la difficulté de s’exprimer ou sur les entraves à la menée des enquêtes. Le rapport peut paraître dur, mais après l’écoute des victimes et les réponses de certains dirigeants, qui reconnaissent avoir entendu des bruits de couloirs au sujet de violences exercées par un entraîneur sans chercher à en savoir plus jusqu’à ce qu’elles soient médiatisées, on ne peut qu’être choqué. Le constat est peut-être dur, mais il est à la hauteur des témoignages et des auditions.
Vous pointez les discriminations racistes et homophobes et la haine affichée dans les tribunes des stades : mais que peuvent faire les fédérations ?
La prévention du racisme, il en est question depuis les années 1980. Mais sans grand effet, car comme l’exprime fort bien Lilian Thuram, il faut d’abord « déconstruire » les mécanismes qui conduisent aux discriminations. On a vu les polémiques autour du brassard arc-en-ciel que les footballeurs professionnels – qui, qu’on le veuille ou non, sont des modèles et des relais d’opinion – ont été invités à arborer en soutien à la lutte contre l’homophobie. Mais encore faut-il au préalable expliquer dans les clubs que l’homophobie tue. Et puis il faut aussi des sanctions : vider les tribunes, arrêter les matchs ou les retransmissions en cas de cris de singe ou d’insultes racistes, et interdire de stade ceux qui commettent ces délits – et de tous les stades, pas seulement celui du club dont ils s’affirment supporters. Mais puisque certains voient encore les chants homophobes comme du folklore…
Parallèlement à votre commission d’enquête, un comité co-présidé par Marie-George Buffet et Stéphane Diagana avait été initié par Amélie Oudéa-Castéra « pour renforcer l’éthique et la vie démocratique dans le sport ». Partagez-vous ses conclusions et propositions, présentées le 7 décembre dernier ?
Oui, en particulier concernant la création d’une autorité administrative indépendante. La ministre y est opposée alors que tous les rapports convergent pour demander la mise en place d’une autorité indépendante habilitée à traiter des violences et discriminations dans le sport, sur le modèle ce qui a pu être fait pour le dopage avec l’AFLD. Cela manque cruellement aujourd’hui.
Nous avons été plus loin que le comité sur certains champs, comme le contrôle d’honorabilité, en demandant de contrôler aussi le casier judiciaire et pas seulement le Fijais (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes, NDLR). J’observe d’ailleurs que depuis des efforts ont été faits pour améliorer la visibilité de la plateforme Signal sport, restée jusqu’alors méconnue du grand public. De son côté, le comité a beaucoup travaillé sur le renouvellement démocratique des fédérations. Nos travaux ont été complémentaires – nous les avons d’ailleurs auditionnés et pu échanger avec eux sur les auditions que nous avons respectivement menées – et nos conclusions se recoupent largement.
Propos recueillis par Philippe Brenot
(1) Le rapport en formule 60.
(2) Dans ce courrier du 19 juillet 2023, David Lappartient s’interrogeait sur « les objectifs recherchés » et les « finalités exactes » de la commission d’enquête, sur la proximité temporelle avec les Jeux olympiques et paralympiques, et voyait là une volonté de « porter un nouveau coup au modèle associatif français ».
(3) Le rapport pointait par ailleurs le montant de son salaire de directrice générale de la Fédération française de tennis, poste qu’Amélie Oudéa-Castéra occupait avant sa nomination en mai 2022.
(4) Au premier rang des « défaillances systémiques » ciblées par le rapport figurent celles de l’État dans son rôle de « garant de l’intérêt général ».
L’intérêt marqué pour le sport de l’ancien juge anticorruption Éric Halphen transpire volontiers dans les fictions qu’il a signées depuis une vingtaine d’années. En réunissant actualité sportive et judiciaire dans son dernier roman, il est aussi en prise avec son temps. Le personnage principal, Mehdi Azzam, est un footballeur du Stade de Reims accusé par son épouse de violences conjugales. « Différents acteurs, agente, journalistes, avocats, membres d’associations féministe ou antiraciste, entrent alors dans la ronde », résume la 4e de couverture. En juge d’instruction scrupuleux, attentif à explorer chaque piste, Éric Halphen porte ainsi beaucoup d’éléments au dossier. Un peu trop peut-être. Devant l’épaisseur du roman, le lecteur lutte parfois pour ne pas prendre un peu d’avance et filer directement à l’épilogue, qui lui tient en deux feuillets. Ph.B.
Panard n’est pas l’organe de la société de podologie mais « la revue qui met le sport en récit et les deux pieds dedans ». Fort bien d’ailleurs, au rythme de deux numéros annuels élaborés par un comité de rédaction où l’on identifie notamment la chercheuse ès lettres Julie Gaucher, la sociologue du sport Gaëlle Sempé, l’historien Philippe Tétard, les ex-entraîneurs de foot et de rugby Daniel Jeandupeux et Pierre Villepreux, ou encore l’écrivaine Fanny Wallendorf, auteure d’une biographie romancée de l’inventeur du fosbury flop.
Le dernier numéro prend prétexte de l’« olympiade culturelle » pour explorer la façon dont « l’art et le sport entrent en résonnance ». Par exemple à travers la double personnalité de la lanceuse de disque d’après-guerre, Micheline Ostermeyer, « médaillée olympique l’après-midi, pianiste virtuose le soir », ou le parcours plus actuel d’Omar Hasan, ex-rugbyman devenu chanteur lyrique, qui dialogue ici avec Pierre Rigal, qui lui lâcha les pistes en tartan pour prendre le virage de la danse contemporaine. Le metteur en scène et supporter du RC Lens Mohamed El Khatib analyse pour sa part les « liaisons dangereuses » entre « culture légitime et mépris de classe », tandis que Maxime Taffanel, passé des bassins de natation aux scènes de théâtre, offre un « récit entre deux eaux ». Pour la suite du sommaire, se rendre en librairie. Ph.B.
Panard n°6, spécial JO et olympiade culturelle, 162 pages, 19 €. En vente en librairie et en diffusion numérique sur cairn.info, ou sur abonnement
S’il fallait ne choisir qu’une exposition parmi celles qui fleurissent en lien avec le sport et les Jeux, ce serait celle du musée Marmottan : « En Jeu ! Les artistes et le sport 1870-1930 ». Les impressionnistes et ceux qu’ils inspirèrent furent en effet les témoins de l’engouement naissant pour les activités sportives : boxe, lutte, courses de chevaux… À l’image du Match annuel entre la Société Nautique de la Marne et le Rowing club immortalisé en 1883 par Ferdinand Gueldry et choisi pour l’affiche, jeux et joutes nautiques ont aussi inspiré Alfred Sisley, Gustave Caillebotte, Thomas Eakins ou Claude Monet. Mais, de ce dernier, qui connaissait Les Patineurs à Giverny ? La flamboyante Partie de tennis d’Octave Guillonnet est aussi une découverte. Le cyclisme est aussi à l’honneur avec Toulouse-Lautrec, Signac et Metzinger, et le rugby avec André Lhôte.
« En Jeu ! Les artistes et le sport 1870-1930 », musée Marmottan Monet, 2, rue Louis-Boilly, 75016 Paris. Jusqu’au 1er septembre.
Le directeur général de la Fédération internationale d’athlétisme Jon Ridgeon a provoqué un joli mais bref tintamarre en annonçant mi-février dans le podcast Anything but Footy le test d’un nouveau format de saut en longueur qui aurait sonné le glas de l’emblématique planche d’appel. Constatant qu’aux Mondiaux 2023 de Budapest un tiers des sauts étaient mordus, et estimant que cela nuisait au spectacle télévisé, Word Athletics envisageait de mesurer désormais la distance depuis l’impulsion, du moment que celle-ci était prise dans une « zone de saut ». En clair, plus de planche d’appel ni de plasticine pour détecter les sauts mordus, soit une révolution dans la mesure comme dans la technique de la discipline, sans parler des moyens technologiques exigés par cette évolution. « Nous mesurerons depuis l’endroit où l’athlète décolle jusqu’à l’endroit où il atterrit dans le bac à sable. Cela donnera plus de suspense à la compétition », argumentait Jon Ridgeon.
Mais la proposition a aussitôt essuyé un puissant tir de barrage, avec pour artilleur en chef Carl Lewis, quadruple champion olympique et double champion du monde de la discipline entre 1983 et 1996 : « La longueur est l’épreuve la plus difficile de l’athlétisme et cette réforme en ferait disparaître l’élément technique le plus délicat. Est-ce qu’on agrandit le panier de basket parce que beaucoup de joueurs ratent leurs lancers francs ? » a balayé la star. L’hérésie semble donc durablement écartée. Athlètes et entraîneurs auraient préféré que World Athletics se penche sur le problème des nouvelles planches d’appel en synthétique, bien plus glissantes et dangereuses que les traditionnelles planches en bois. Une nouvelle polémique en vue à l’horizon des Jeux olympiques ?
L'UFOSTREET, c'est bien plus qu'un simple événement sportif, c'est un véritable rassemblement national autour du sport urbain et de la citoyenneté !
Cette année, pour l'édition 2023-2024, pas moins de 50 comités départementaux Ufolep se joignent à la UfoStreet League, la toute première tournée multi sports et cultures urbaines dédiée aux adolescent.e.s de QPV et ZRR de toute la France. Avec pas moins de 60 étapes Ufostreet prévues enFrance métropolitaine et Outremer, ça promet d'être une saison palpitante ! Au programme : du foot 5v5, des UFOGAMES, des ateliers citoyens, de la danse, des animations, des démonstrations et des initiatives qui se dérouleront tout au long de la saison sportive dans nos "city-stades" et nos complexes urbains multisports. L'objectif ? Proposer aux jeunes un concept urbain ludique et novateur, articulé autour de trois espaces de jeu inspirés des cultures urbaines telles que le break dance, le panna, le street art, le graff, et bien d'autres encore !
Mais ce n'est pas tout ! Ces événements seront aussi l'occasion de sensibiliser les participant.e.s à des thématiques essentielles telles que la santé, le numérique, la citoyenneté, la laïcité etc.
Nous sommes fier.e.s de vous annoncer que cet événement est soutenu par le Ministère en charge des Sports et l'Agence Nationale de la Cohésion des Territoires, en partenariat avec CIDI Events, PlaySports, la Recyclerie Sportive et Home Ball.
Et n'oublions pas le "RELAI UFOSTREET 2024" ! Déjà en route depuis Brest, il traversera toutes les étapes UFOSTREET pour finir son périple à Caen le 25 mai 2024, avant de revenir sur Paris pour la grande finale nationale les 22 et 23 juin.
Au menu : championnat de street soccer, break dance, parkour, street workout, homeball, panna foot, basket 3x3, et bien d'autres encore ! Et pour rendre cet événement encore plus mémorable, des ateliers citoyens sur le secourisme, l'alimentation et les valeurs olympiques seront organisés, ainsi que des shows et des battles de danses !
Ce championnat, gratuit et ouvert à toutes et tous, se déroulera en deux catégories d'âge (12-14 ans et 15-17 ans), avec la possibilité de former des équipes mixtes ou exclusivement féminines.
Préparez-vous à vivre une saison épique pleine de sport, de culture et de citoyenneté avec l'UFOSTREET 2024.
Dans la continuité du 8 mars, journée mondiale de lutte pour le droit des femmes, une journée dédiée à la reconnaissance des acquis et à la lutte pour l'égalité entre les genres à travers le monde, l’UFOLEP propose à son réseau de communiquer tout au long du mois de mars sur les actions en faveur des droits des femmes au sein de la fédération. Parce qu’à l’UFOLEP, ce n’est pas uniquement le 08 mars qu’on se préoccupe des droits des femmes.
Pour ce faire, un kit de communication est proposé pour accompagner les différents axes d’interventions du dispositif Toutes Sportives avec des éléments de langage et des outils à valoriser et mettre en avant sur les actions quotidiennes qui se déroulent localement grâce aux associations Ufolep.
A noter une mise en lumière particulière sur l’axe prévention et lutte contre les violences inscrit dans la stratégie fédérale. Pour ce faire l’Ufolep met à disposition de ses associations, structures, comités et commissions sportives un accompagnement en matière d’information, de sensibilisation, de prévention et de prise en charge des violences sexuelles avec de nouveaux outils tels que :
Le dispositif Toutes Sportives, c’est aussi une pratique sportive avec plaisir et une pédagogie positive ; la réduction des inégalités à la pratique sportive pour des publics éloignés, un levier d’inclusion sociale et professionnelle et un principe d’égalité entre les genres dès le plus jeune âge
Evoqué par Roxana Maracineanu fin février lors de la Convention nationale sur les violences sexuelles dans le sport, le contrôle de l’honorabilité des bénévoles des associations sportives sera mis en place en janvier 2021, a annoncé la ministre. Pour sa part, l’Ufolep engagée depuis plusieurs années dans la prévention et la lutte contre les violences sexuelles, associe à son action en faveur de la place des femmes dans le sport et par le sport au sein de la société.
Certains considèrerons que la pression psychologique exercée par un entraîneur sur de jeunes athlètes n’est pas la même dans une fédération affinitaire et multisport que dans une fédération concernée par le haut niveau. Mais l’Ufolep n’est pas plus immunisée contre les violences sexuelles que les autres fédérations et organisations sportives. En revanche, notre fédération se préoccupe de ces questions depuis plusieurs années. Elle a déployé une stratégie fédérale dédiée à la prévention et la lutte, et mis en place des dispositifs et créé des outils méthodologiques et pédagogiques. L’Ufolep propose ainsi à ses associations, structures, comités et commissions sportives un accompagnement en matière d’information, de sensibilisation, de prévention et de prise en charge des violences sexuelles.
Groupe F.A.I.R. Le groupe F.A.I.R (Femmes en action pour l’inclusion et le respect) a la charge de la question des discriminations faites aux femmes. Sur la base d’une enquête menée au printemps 2019 au sein de notre réseau – et qui a recueilli plus de 4 000 réponses –, ce groupe de travail a rédigé un plan d’action portant sur l’égalité femmes-hommes complémentaire au programme fédéral Toutes Sportives. Il permet notamment de fixer comme objectif la mise en place d’un dispositif de signalement des cas de harcèlement et violences sexuels, et de prise en charge des victimes.
Partenaires complémentaires. Un réseau de partenaires complémentaires à l’action fédérale et venant renforcer la pertinence et l’efficacité de nos actions sur la base de conventions nationales, trouvant leurs déclinaisons au niveau local. On citera notamment :
Référent national et outils pédagogiques. Un référent fédéral « sport et citoyenneté », qui a suivi une formation délivrée par le ministère des Sports, est habilité à former à ces questions des formateurs et formatrices de notre réseau et à intervenir auprès du grand public lors de manifestations sportives ou de conférences. Intégré au réseau ministériel des référent.e.s citoyenneté, il a également pour mission d’alimenter le réseau en outils méthodologiques et productions pédagogiques. Ces outils « clés en main » sont à la disposition des comités et des associations, qui peuvent les présenter sur des stands d’information ou les utiliser pour animer des ateliers en, marge de manifestations grand public ou de rassemblements sportifs.
En 2023, 102 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire. 1 femme sur 2 a déjà subi une violence sexuelle en France. En moyenne, le nombre de femmes âgées de 18 à 74 ans qui, au cours d'une année, sont victimes de violences physiques, sexuelles et/ou psychologiques commises par leur conjoint ou ex-conjoint, est estimé à 321 000 femmes.
Plus d’une femme sur deux en France (53%) et plus de six jeunes femmes sur dix (63%) ont déjà été victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle au moins une fois dans leur vie. L’auteur de ces violences est le mari, le concubin, le pacsé, le petit-ami, ancien ou actuel, cohabitant ou non. 7 femmes victimes sur 10 déclarent avoir subi des faits répétés. 8 femmes victimes sur 10 déclarent avoir également été soumises à des atteintes psychologiques ou des agressions verbales.
L’ensemble de ces données, croisées et corrélées démontrent qu’aujourd’hui le sport n’est pas un espace suffisamment accueillant et bienveillant vis-à-vis du public féminin, qu’il n’est pas suffisamment outillé pour identifier et prendre en charge les faits de violences vis-à-vis du public féminin et qu’il n’est pas suffisamment utilisé comme outil de reconstruction, remobilisation d’une part du public féminin et d’information et d’éducation vis-à-vis de l’ensemble de la population d’autre part.
Le sport doit être vecteur de valeurs et principes autant nécessaires à l’éducation qu’au bien-être de chacun.e : esprit d’équipe, autonomie, connaissance de son corps, confiance et estime de soi… Limiter ou restreindre les expériences sportives des jeunes filles (ou plus marginalement des jeunes garçons) participe à la construction d’une identité normée par la société qui impacte leur bien-être, leur santé et plus largement leur liberté et leur avenir.
La lutte pour l’égalité, précisément entre les femmes et les hommes dans le milieu du sport et par le sport, incarne le cœur de notre projet. L’UFOLEP propose une démarche globale et systémique, visant à toucher et impacter l’ensemble des espaces et des publics les plus concernés par la question de l’égalité entre les femmes et les hommes dans laquelle s’est inscrit le projet de séjours sociosportifs dédiés aux femmes victimes de violences.
Plusieurs outils ont également été créé afin de répondre à ces 3 axes : réduire les inégalités d'accès à la pratique sportive, éduquer à l’égalité entre les sexes par le sport, accompagner les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles vers la sortie des violences et favoriser leur insertion sociale et professionnelle :
- Un kit Femina Sport,
- Un guide UFOLEP de lutte contre les violences faites aux femmes,
- Un baromètre des violences UFOLEP,
- Un livret de suivi Toutes Sportives,
- Une vidéo Toutes Sportives.
À poursuivre. Les travaux engagés doivent être poursuivis afin que toutes les associations et structures Ufolep soient les lieux d’un accueil bienveillant où chacun.e, en particulier les plus jeunes et les femmes, se sente parfaitement à l’aise et en sécurité. Cela passe par la structuration d’un réseau d’acteurs (compétents en matière d’identification, signalement et prise en charge) et par la mise en place d’un numéro d’urgence et du contrôle d’honorabilité des bénévoles souhaité par la ministre des Sports. Ces actions et ces dispositifs pérennes doivent contribuer, au-delà de la prise en charge des victimes, à mieux combattre et faire disparaître le harcèlement sexuel et les violences faites aux femmes et aux enfants de l’environnement sportif.
Toutes nos associations et tous nos comités sont invités à s’associer à cette ambition. Soyez également attentifs aux signes de mal-être d’un ou une licencié.e, et ne tolérez aucun agissement douteux de la part d’un animateur.rice ou d’un.e cadre dirigeant.e. Mieux encore, montrez-vous pro-actif.ve.s concernant ces questions restées trop longtemps tabou.
Gaëlle Fouret, chargée de mission Egalité / Intégrité.
Son dernier numéro vient de paraître avec son dossier spécial intitulé : La transidentité trouble le jeu ! L’idée : réaffirmer notre engagement autour de "l'égalité" à travers ce thème, qui est une nouvelle pierre à la construction de l’identité affinitaire de l’Ufolep qui se traduira aussi par sa présence à la Maison des fiertés de Paris pendant la durée des Jeux olympiques et paralympiques.
A découvrir toutes les informations relatives à la prochaine Assemblée générale nationale Ufolep qui se déroulera à Lille les 13 et 14 avril prochains. Au cœur de cet évènement, les enjeux liés à Paris 2024 et à l'avenir de l'Ufolep. Le vote des associations pour élire les représentant.e.s nationaux sera la nouveauté statutaire dans le respect de la nouvelle loi sur la démocratisation des fédérations sportives, une manière de faire «participer » le plus grand nombre d’entre elles !
A noter, l’interview de Vincent Roger, l’invité de ce numéro, qui en tant que délégué ministériel à la Grande Cause nationale 2024, répond à cette question "Comment la Grande Cause nationale 2024 dédiée à l'activité physique et sportive va-t-elle se déployer ? »
Au sommaire de ce 60e numéro vous trouverez également la rubrique Initiative avec une mise en lumière du projet de sciences participatives développé par le Muséum national d'histoire naturelle avec l'Ufolep qui s'adresse à tous les « citoyen.ne.s".
A l’occasion de ce numéro de mars, l’Ufolep Ardèche est mise à l’honneur et témoigne de son développement via un projet sportif axé sur sport-santé et le renforcement de ses équipes.
Enfin et non des moindres, la rubrique Histoires : Je me souviens avec Emmanuelle Pouydebat, directrice de recherche au CNRS et au Muséum national d'histoire naturelle du Jardin des Plantes, spécialisée dans l'évolution des comportements animaliers.
Le lien pour consulter la revue 🔗👉 http://tinyurl.com/2numveez
Bonne lecture !
Lors des Journées fédérales d’octobre, 71 dirigeants des comités départementaux ont travaillé sur l’engagement militant et le renouvellement au sein de leurs instances à partir du triptyque « recruter », « valoriser », « transmettre ». De leurs travaux, le comité directeur de l’Ufolep a retenu deux propositions.
La première consiste en la mise en place d’un « autodiagnostic » pour aider les comités à évaluer leur propre dynamique, leurs points forts et les axes d’amélioration en termes de fidélisation et de renouvellement des élus. Cet outil doit favoriser les échanges sur la question, mettre en évidence les enjeux spécifiques à chaque comité et faciliter la mise en place de stratégies personnalisées. Il renverra également vers les ressources déjà à disposition.
Deuxième proposition, la définition d’un « parcours de formation pour les nouveaux présidents ou présidentes », avec des sessions en visioconférence et une journée en présentiel pour renforcer les liens interpersonnels. Ce parcours abordera les aspects techniques liés à la gestion d’un comité et les compétences relationnelles indispensables pour créer un environnement collaboratif.
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