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Sport et cinéma : des films en résonance avec la société

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Aujourd’hui les cinéastes abordent volontiers des thèmes de société à travers le sport, ou utilisent celui-ci comme toile de fond ou élément narratif.

 

En 1982, Robert Towne fut un pionnier en osant évoquer dans Personal Best l’homosexualité féminine à travers la rivalité amoureuse de deux championnes d’athlétisme du siècle dernier, avec la jeune Mariel Hemingway dans le rôle principal. Aujourd’hui le sujet n’est plus tabou. Il est volontiers traité sur le registre de la comédie, comme dans Les crevettes pailletées (2019), où un nageur ayant tenu des propos homophobes se voit obligé d’entraîner une équipe de water-polo qualifiée pour les Gay Games, ou sur celui du drame, comme dans La Pampa (2025) où une famille est brisée par la découverte de la liaison entre un espoir du moto-cross et son entraîneur.

On observera également que le catch, discipline virile par excellence, sert de cadre à un film récent qui sort du lot : The Iron Claw (2023), biopic de la famille Von Erich, starring Zac Efron. L’histoire est saisissante : cinq des six fils du catcheur vedette Fritz Von Erich sont décédés avant lui, dont trois par suicide. Le film souligne que la malédiction qui s’abat sur cette dynastie d’hommes forts est causée par l’éducation toxique du patriarche, qui poussait ses fils à la compétition afin qu’ils deviennent professionnels à leur tour.

 

Arrière-plan

Si enclins à représenter leurs personnages sur leur lieu de travail, désormais les cinéastes français n’hésitent pas non plus à glisser un élément sportif dans leur récit, sans pour autant en faire la pierre angulaire du scénario. Vingt dieux (2024), drame rural made in Jura, trouve ainsi son épilogue lors d’une course de stock-car. Autres exemples : dans La Nuit du 12 (2022), enquête policière de Dominik Moll sur un féminicide, et Je verrai toujours vos visages (2023), film de Jeanne Herry sur la justice réparatrice, Bastien Bouillon, qui interprète le policier englué dans l’affaire sordide, et Adèle Exarchopoulos, sœur d’un condamné sortant de prison, enchaînent les tours de piste pour évacuer leurs angoisses et leurs frustrations. L’un à vélo, l’autre en courant, mais tous deux de manière obsessionnelle.

Enfin, l’un des grands succès de ces dernières années est Le Grand Bain (2018) de Gilles Lellouche, où une improbable bande d’hommes au bord de la dépression, ou en plein dedans, interprétés par Benoît Poelvoorde, Philippe Katerine, Mathieu Amalric ou Guillaume Canet, reprennent goût à la vie dans leur équipe de natation synchronisée. « Au quotidien, les gens font de plus en plus de sport. Il est donc normal que les personnages de cinéma en fassent eux aussi, observe Julien Camy. C’est simplement du réalisme, tout comme Ken Loach ne pouvait pas évoquer les classes populaires anglaises sans parler de football. » Enzo Léanni


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