Référente de la commission nationale gymnastique et présidente du comité de la Loire, Aurélie Pailler propose un double regard sur la professionnalisation à l’Ufolep.
Aurélie Pailler, quelle est la proportion d’associations de gymnastique employeuses ?
Nous n’avons pas de statistiques. Mais, au-delà d’une centaine de licenciés, cela devient souvent indispensable. C’est le cas dans la Loire, où quatre clubs fonctionnent encore exclusivement avec des bénévoles tandis que les cinq autres, aux effectifs plus importants, possèdent un, deux, trois ou quatre salariés. Il s’agit généralement d’un éducateur sportif à temps plein, épaulé par des stagiaires en formation BP Jeps et quelques temps partiels. Et toujours avec un directeur technique.
Comment s’est opérée la professionnalisation des associations ?
Elle a été progressive sur ces vingt dernières années, et sans doute plus marquée dans les grandes agglomérations, où les micro-contrats portant sur quelques heures sont aussi plus nombreux, comme en Île-de-France ou dans la région lyonnaise. Le risque est de perdre un peu l'esprit familial d'entraide ou que les bénévoles se désinvestissent en se disant que le ou les salariés vont gérer. Il faut veiller à conserver un équilibre, une osmose entre bénévoles et salariés. Il y aura toujours besoin de petites mains, comme aide-entraîneurs ou comme juges ! Un club comme celui de Castelnau-le-Lez, près de Montpellier, qui compte une dizaine de salariés pour encadrer ses 1 200 licenciés, ne pourrait rien faire sans ses 50 fidèles bénévoles1.
S’agit-il aussi parfois d’un arbitrage financier, afin de limiter le plus possible le coût des licences ?
Oui, mais cet arbitrage peut aussi se faire au bénéfice de l’Ufolep. J’ai en tête l’exemple de l’un de nos très gros clubs, fort de 350 gymnastes : il a renoncé à licencier ses jeunes à la FFG, où la licence est trois fois plus chère, pour les redéployer en loisir Ufolep afin de réaliser une économie permettant de maintenir leur emploi.
À l’inverse, des clubs renoncent-il à devenir employeurs, faute de candidats ?
C’est arrivé au club du Côteau, près de Roanne, qui n’arrivait plus à gérer tous ses licenciés avec ses entraîneurs bénévoles. Ils ont voulu faire appel à un salarié mais ne trouvaient pas de titulaire du diplôme nécessaire pour encadrer… Ce genre de problème se rencontre moins sur l’agglomération lyonnaise par exemple.
Autre question, qui s’adresse à la présidente de l’Ufolep Loire : combien avez-vous de salariés ?
Nous venons de passer à 2,75 ETP, avec un directeur, Mathieu, qui gère un peu tout, et Steven, qui est engagé sur les « parcours coordonnés » visant à amener des décrocheurs scolaires vers l’emploi. Nous avons ensuite une secrétaire partagée avec la Ligue de l’enseignement et qui, désormais, est aussi en charge du développement du programme UfoBaby. D’où la progression « en douceur » de son temps de travail à l’Ufolep. Mais nous pensons rester à trois salariés. Chez nos associations employeuses, à mon sens c’est aussi un maximum. Cela représente une lourde charge en gestion des ressources humaines pour un président ou une présidente bénévole qui s’occupe déjà de beaucoup de choses et n’a pas l’habitude et n’est pas formé à cette relation avec un technicien salarié.
(1) En 2018 le travail bénévole du secteur sportif associatif représentait près de 300 millions d’heures et 180 000 emplois en équivalent temps plein.