Dans cinq disciplines, une sélection de films à revoir ou à découvrir.
Football
Coups de tête (1979) de Jean-Jacques Annaud : Patrick Dewaere dans l’un de ses rôles phares alors qu’il ne sait pas taper dans un ballon. Cela ne nuit pas à l’épopée de l’US Trincamp en Coupe de France, avec des scènes de match filmées à la mi-temps d’un choc de D2 Auxerre-Troyes. La même année, l’AJA parvient en finale, pour de vrai !
Le Ballon d’or (1993) de Cheik Doukouré : en Guinée, un enfant rêvant d’une carrière pro ne peut pour l’heure jouer qu’avec un ballon de fortune. Salif Keïta, international malien et gloire de l’AS Saint-Étienne, joue l’éducateur.
Hors-jeu (2006) de Jafar Panahi : le cinéaste iranien, Palme d’Or 2025 à Cannes pour Un Simple accident, illustre la condition brimée de ses concitoyennes à travers le ballon rond. Interdites de stade, ces dernières doivent vivre les matchs par procuration.
Basket
Les Blancs ne savent pas sauter (1992) de Ron Shelton : le meilleur cru du cinéaste américain ayant réalisé et scénarisé le plus grand nombre de films sur le sport. Le duo comique Woody Harrelson-Wesley Snipes fonctionne à merveille dans cette œuvre culte.
Space Jam (1996) de Joe Pytka : Michael Jordan face aux Looney Tunes, tel est le pitch fou de ce film mêlant prises de vue réelles et animation. Un sequel a vu le jour en 2021, LeBron James reprenant le flambeau de son aîné.
He Got Game (1998) de Spike Lee : grand fan de la balle orange, le réalisateur de Do The Right Thing réussit son film de genre. Entre le joueur professionnel Ray Allen et l’acteur iconique Denzel Washington, la relation, entre respect, amour et tension, est parfaite.
Tennis
The Christian Licorice Store (1971) de James Frawley : cet anti-biopic très éloigné du rêve américain critique plutôt Hollywood et le monde du sport professionnel. La balle jaune s’y fait voler la vedette par la poésie.
The Battle of Sexes (2017) de Jonathan Dayton et Valerie Faris : récit de l’improbable match entre la championne Billie Jean King et le tennisman déclinant Bobby Riggs. Un jalon sur le chemin des revendications féministes.
Challengers (2024) de Lucas Guadagnino : Avec son casting XXL (Zendaya, Josh O'Connor et Mike Faist), ce triangle amoureux sur et en dehors des courts est aussi étonnant que savoureux. Les scènes de match sont remarquablement filmées par une caméra virevoltante.
Borg/McEnroe (2017) de Janus Merz Pedersen : un film centré sur la mythique finale de Wimbledon 1980. « La mise en scène des matchs de tennis est, hélas, le point faible de ce biopic solidement interprété », se désole Télérama.
Athlétisme
Comme un homme libre (1979) de Michael Mann : à l’aube de sa carrière, le réalisateur de Heat (1995, avec Robert De Niro et Al Pacino), débute sa carrière en filmant avec talent les pistes d’athlétisme d’une prison.
Les Chariots de feu (1981) de Hugh Hudson : quatre Oscars et une réputation non usurpée, avec au-delà de l’histoire d’une rivalité sportive un éclairage sur l’antisémitisme ambiant dans les années 1920 en Europe.
La Ligne droite (2010) de Régis Wargnier : un athlète non-voyant est aidé par une guide qui sort de prison (Rachida Brakni). Mais les bons sentiments font-ils les bons films ?
Cyclisme
Le vélo de Ghislain Lambert (2000) de Philippe Harel : oscillant entre drame et comédie à l’image du héros joué par Benoît Poelvoorde, ce film est aussi sincère que réjouissant. La difficulté du cyclisme est très bien représentée.
La Petite reine (2014) d’Alexis Durand-Brault : une dénonciation convaincante du dopage et des mafias qui ont pu gangréner le cyclisme. La manière de filmer le corps de la sportive, rongée par des années de mensonge et de triche, est saisissante.
Tour de Pharmacy (2017) de Jake Szymanski : les grands champions seraient-ils tous dopés ? Autant le prendre à la rigolade. Ce faux documentaire complètement absurde suit quatre coureurs aux performances étranges sur le Tour de France. Enzo Leanni