Arnaud Latouche, enseignant de 49 ans, anime à Vouzon (Loir-et-Cher) cette association loisir forte d’une trentaine de licenciés jeunes et adultes, qui envisage à présent de s’ouvrir aux enfants.
« Le multisport, je connaissais un peu pour enseigner l’EPS à mes élèves de Segpa1 du collège de Lamotte-Beuvron. Mais c’est par hasard que j’ai créé il y a bientôt dix ans l’association Sologne Multisports, que je préside. Une halle sportive venait d’être inaugurée sur la commune et, à la demande du président du club de badminton où jouait mon fils, j’assistais à une réunion pour la répartition des créneaux. Apprenant que celui du mercredi soir était libre, j’ai sollicité des copains et nous nous sommes retrouvés à une dizaine pour jouer au foot, au basket et à d’autres sports, comme quand on était gamins. Puis le cercle s’est progressivement élargi aux amis d’amis et aux habitants de Vouzon et des villages avoisinants, autour d’une offre multisport loisir qui n’existait pas localement. »
Profils. « Nous nous sommes affiliés dès le début à l’Ufolep, que je connaissais en tant qu’enseignant. Nous avons débuté avec quelques ballons. Puis les premières cotisations et une subvention municipale ont financé l’achat de divers petits matériels et de cadres de tchoukball, une discipline que je pratiquais ponctuellement avec mes élèves. La stratégie et le sens du placement y priment sur le physique, ce qui met tout le monde au même niveau. Globalement, c’est l’idée ! Au départ, nous étions surtout d’anciens sportifs trentenaires ou quadragénaires qui n’avaient plus envie de faire des kilomètres pour s’entraîner ou jouer en club, et appréciaient de pouvoir s’entretenir physiquement près de chez eux, en s’amusant. Puis les papas ont amené leurs jeunes ados et des gens jusqu’alors éloignés de la pratique sportive nous ont également rejoint. C’est mixte évidemment, même si le masculin l’emporte sur le féminin parmi notre trentaine de licenciés. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que deux ou trois parmi les membres fondateurs et, s’il demeure un creux générationnel entre les collégiens et les adultes, nous avons quelques grands teenagers et de jeunes vingtenaires. »
Activités. « Nous nous accordons en début de séance sur les deux ou trois disciplines du jour : des sports collectifs – tchoukball et floorball par exemple –, et individuels quand nous sommes moins nombreux. Ce sont alors souvent des jeux de raquette, en utilisant les tables de ping-pong du club de tennis de table. Récemment nous avons aussi découvert le pickleball, qui plait tant que nous avons ouvert un créneau réservé, partagé le jeudi soir avec les pongistes, qui n’occupent que la moitié de la salle. Nous empruntons rarement du matériel départemental, vu que Blois est à près de 70 kilomètres2. Mais Kévin, le délégué Ufolep, est venu deux ou trois fois présenter des activités comme le kinball ou le poull ball, adoptées depuis. »
Enfants. « Nous acceptons les adolescents à partir de 12 ans. Plus jeune, c’est compliqué à gérer. Mais c’est dans l’idée de proposer un créneau spécifique enfant que j’ai participé, avec trois autres membres du club, au stage de formation du brevet fédéral multisport organisé en octobre à Blois. À court terme, l’objectif est d’organiser cette saison un ou deux évènements pour les 4-11 ans. Nous verrons comment cela répond. Outre l’obtention d’un créneau, la question de l’encadrement se posera alors. Aujourd’hui, l’animation de Sologne Multisports repose entièrement sur le bénévolat3. »
Formation. « Nous qui avons l’habitude d’un public adulte, ce week-end de formation nous a appris des choses sur la "gamification" des activités, pour accrocher ce jeune public et s’échauffer de façon ludique. Ce n’était pas complètement nouveau pour moi qui, autrefois, a fait de l’animation. Mais jusqu’à présent nous ne nous posions guère la question du déroulement de la séance. Avec un public enfant, il faudra y réfléchir à l’avance, et savoir répondre aux comportements individualistes que nous pourrions rencontrer. »
Élu. « J’ai récemment rejoint le comité Ufolep du Loir-et-Cher, pour ne pas être un simple consommateur d’activités et défendre des valeurs que je partage et mets en pratique quotidiennement dans mon métier. L’idée est de promouvoir le multisport et de proposer des rencontres entre associations sur le mode des soirées proposées par le passé par le comité départemental. Nous-mêmes en avions organisé une ou deux. Idem pour le pickleball, discipline émergente pour laquelle on pourrait même imaginer un petit championnat loisir ! »
(1) Segpa : section d'enseignement général et professionnel adapté.
(2) Vouzon est situé au nord-est du Loir-et-Cher, en lisière du Loiret, à 35 km au sud d’Orléans. La ville la plus proche est Lamotte-Beuvron.
(3) Cela permet de proposer une adhésion à 37 € pour les adultes et 20 € pour les adolescents.
« Encourager une dynamique départementale »
« À côté de nos interventions de nos deux éducatrices sportives auprès de centres de loisirs, nous avions lancé après le Covid un créneau multisport du mardi soir au Cercle laïque blésois, association dont notre co-présidente et un autre élu du Loir-et-Cher sont membres, explique le délégué départemental,Kévin Marchadier. Mais, faute de renouvellement des participants, ça s’est essoufflé et le rendez-vous n’a pas été reconduit cette saison. En parallèle, après une petite prospection sur internet, nous avons aussi organisé deux soirées multisports "open" où quatre associations se retrouvaient. Dont celle de Vouzon, qui elle était affiliée.
Dans la foulée, l’une de ces associations, l’US Sambinoise de loisirs (à Sambin, village disposant d’un gymnase), nous a demandé d’animer du multisport enfant, parallèlement à leur pratique adulte autonome. Depuis quatre ans, deux créneaux du vendredi soir réunissent ainsi une cinquantaine d’écoliers et de collégiens.
Nous prêtons aussi du matériel aux centres de loisirs et aux pôles ados des communes de Saint-Gervais-la-Forêt, Vineuil et Mont-près-Chambord, qui sont affiliés à l’Ufolep, pour les animations qu’ils proposent pendant les vacances. Attention toutefois à ne pas nous retrouver dépourvus pour nos propres animations sport-société ! De septembre à juillet, nous animons en effet 5 créneaux hebdomadaires pour des personnes suivies par des structures sociales ou accueillies en centre d’hébergement (demandeurs d’asile, femmes victimes de violences…), dans le cadre du Dispositif d’inclusion pour le sport (Dips) de la région Centre-Val-de-Loire. Nous encadrons aussi du multisport loisir pour l’École de la 2e chance, le foyer des jeunes de Romorantin, un Institut éducatif et professionnel spécialisé et un hôpital de jour pour adolescents, ou bien encore pour les écoles des QPV de la ville de Blois. »