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Affinités combatives aux Journées fédérales de l’Ufolep

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Lors des Journées fédérales du Pradet des 17-18-19 octobre, la table ronde Ufolep-FSGT-FSCF-Léo Lagrange a réaffirmé la singularité des acteurs affinitaires multisports et leur volonté de se faire entendre au sein du Mouvement sportif.

 

Une volonté commune de peser davantage dans le paysage sportif : c’est ce que l’on retiendra de la table ronde d’ouverture des Journées fédérales du Pradet, qui réunissait aux côtés du président de l’Ufolep les représentants de la Fédération sportive et gymnique du travail (d’inspiration ouvrière), de la Fédération sportive et culturelle de France (issue des patronages catholiques) et de la fédération sportive Léo Lagrange (sport pour tous).

Chacun a tout d’abord rappelé l’origine de son « affinité ». Françoise Bouvier, vice-présidente de la Fédération nationale sportive Léo Lagrange – sous-secrétaire d’État à l’Éducation nationale, chargé des sports, des loisirs et de l’éducation physique, puis commissaire général de l’Ufolep avant de mourir au combat en juin 1940 – a précisé que celle-ci avait été créée en 1950 par Pierre Mauroy, futur maire de Lille et Premier ministre de François Mitterrand.

Co-président de la FSGT, Antonio Fonseca, a rappelé le contexte de lutte antifasciste qui a présidé à la réunion, en 1934, à la fusion de deux fédérations à l’identité ouvrière et communiste pour l’une, socialiste pour l’autre. Aujourd’hui, la FSGT fédère 200 000 licenciés dans 4 000 clubs, principalement dans les grandes agglomérations, sans toutefois avoir retrouvé ses effectifs d’avant la crise sanitaire.

Julien Mary, directeur de la FSCF, qui fait office de doyenne puisqu’elle émane de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France née en 1898 dans le sillage du « christianisme social », a expliqué que celle-ci s’était « sécularisée » en se distinguant des paroisses à la fin des années 1960, au lendemain du concile Vatican II. Arnaud Jean a ensuite brièvement rappelé ce qui fonde l’Ufolep, qui fêtera son centenaire en 2028.

 

L’affinité peut-elle être un atout ?

Mais en en quoi votre affinité est-elle un atout, et comment fédérer autour de celle-ci ? Antonio Fonseca a mis en parallèle la « démocratisation » des pratiques sportives favorisée au siècle dernier par les fédérations affinitaires et leur capacité à répondre aux aspirations d’aujourd’hui sans être contraintes par les normes et règlements internationaux. Preuve en est du succès du foot à 7 auto-arbitré à la FSGT, qui repose sur la « responsabilisation » des pratiquants. Arnaud Jean a prolongé cet éclairage sur la liberté réglementaire en prenant exemple de l’autorisation du port du legging ou du shorty, à côté du traditionnel justaucorps, dans les compétitions Ufolep de gymnastique : une liberté indissociable de « l’identité multisport qui nous distingue ».  « Notre force réside aussi dans le sens que nos bénévoles, nos salariés et nos licenciés donnent à l’appartenance à notre fédération », a-t-il ajouté.

 

Freins

Interrogé sur les freins propres à l’affinité, Antonio Fonseca a pointé « ceux que l’on s’impose à soi-même » : « Il ne faut pas hésiter à annoncer la couleur, dire qui nous sommes », a-t-il insisté en mentionnant l’engagement de la FSGT contre une réforme des retraites « qui réduit le vivier bénévole », ou son appel à « faire barrage à l’extrême droite » lors des élections législatives de 2024. Outre des faiblesses en matière de « communication », Françoise Bouvier a évoqué au nom de la fédération Léo Lagrange « la baisse des subventions », une répartition des créneaux dans les installations qui se fait souvent au détriment du sport loisir, ou encore « la charge administrative pour les dirigeants bénévoles ». Pour résumer, « on n’est pas aidés ! »

Concernant la FSCF, Julien Mary a confirmé ce « déficit de notoriété » mais surtout pointé les effets délétères de « la loi Lamour de 2003, qui oblige les associations à licencier tous leurs adhérents auprès de la fédération délégataire de l’activité », y compris ceux qui souhaitent se contenter d’une pratique loisir, comme c’est le cas « en gymnastique, en natation ou en judo ».

« Notre principal frein ? Notre nom, Ufolep, même si ce sigle fait sens en faisant référence à notre identité "laïque" et à notre engagement pour "l’éducation physique" », a ironisé Arnaud Jean, tout en se félicitant que l’image un peu « caricaturale » d’une fédération « conviviale », au sens de « pas sérieuse », se soit considérablement estompée.

 

Un avenir commun

Alors, « y a-t-il un avenir commun pour les fédérations affinitaires ? » : la troisième et dernière question appelait d’autant plus une réponse positive que 24 fédérations affinitaires, multisports et scolaires (Famus) sont à nouveau organisées en « conseil » au sein du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Depuis la suppression en 2017 du « collège des affinitaires », elles peinaient à y faire entendre leur voix singulière, à côté des fédérations olympiques et unisports, très largement majoritaires…

Julien Mary a souligné le rôle d’incubateur d’idées du collectif ID-Orizon qui réunit déjà les fédérations affinitaires, ainsi que les synergies à l’œuvre à travers le Club des 300 femmes dirigeantes issues de fédérations affinitaires et caractérisées, en matière de formation, par le nouveau Certificat de formation professionnelle dédié aux activités gymniques (CQP TSARE). Il a aussi avancé l’idée de « rencontres sportives interfédérales ».

« Nos différentes sensibilités enrichissent nos travaux, comme en matière d’éthique » a renchérit Françoise Bouvier pour la fédération Léo Lagrange, et « l’humain est au centre de nos activités », a complété Antonio Fonseca pour la FSGT. « Au-delà de la concurrence qui peut exister sur le terrain entre nos fédérations, notamment en gymnastique ou en cyclisme (respectivement avec la FSCF et la FSGT, ndlr), notre approche de la pratique sportive est la même », a conclu Arnaud Jean. C’est pourquoi « il faut que nous soyons force de proposition pour le plaidoyer que le CNOSF défendra lors des prochaines élections présidentielles. »

Après l’expression orale des Journées fédérales, des travaux d’écriture sont donc à prévoir. Philippe Brenot

Ateliers. Une fois n’est pas coutume, les ateliers étaient réduits cette année à la portion congrue. Organisés en trois groupes (élus des comités, bénévoles des commissions sportives, professionnels), ces ateliers du samedi matin ont permis de « débriefer » la table ronde d’ouverture et l’intervention de Williams Nuytens.


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