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À Brest, le catch laïque fait le show

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Depuis 18 ans, la section catch du Patronage laïque de Recouvrance accueille les amateurs débutants et organise des galas très populaires.

 

« Quoi, du catch à la Ligue de l’enseignement et à l’Ufolep1 ? » Passé l’étonnement, la nouvelle directrice du Patronage laïque de Recouvrance, à Brest, a vite compris que cette section atypique ne dénotait pas dans la maison. « Les 16 licenciés, dont 3 femmes, sont bénévoles et toujours prêts à donner un coup de main. Deux d’entre eux siègent au conseil d’administration et le catch participe à la vie du patronage comme à l’animation locale avec des galas qui réunissent plus de 200 personnes dans notre grande salle, où pour l’occasion on déplace le ring en installant des chaises autour », résume Géraldine Capelle, qui dirigeait auparavant le centre d’animation Ravel et le Théâtre Douze, à Paris.

La section catch du PL Recouvrance, quartier historique de l’arsenal militaire, a été créée il y a 18 ans par ses deux premiers hommes forts, Vincent Balcon et John Bardin, lequel était allé se former un an au Japon. Les entraînements se déroulaient sur des tapis, puis des planches posées sur des pneus récupérés à la casse en guise d’amortisseurs, avant de se faire envoyer d’Angleterre un ring d’entraînement d’occasion convoyé ensuite depuis le port du Havre. « Il était déjà là à mon arrivée il y a 15 ans », se souvient Alexandre Dekhis, 38 ans, actuel responsable de la section.

 

Apprendre à chuter

« J’étais fan de catch et j’avais lu dans le compte rendu d’un gala dans Le Télégramme qu’ils accueillaient ceux qui voulaient apprendre. J’ai essayé, j’ai aimé, je suis resté » raconte cet ex-pratiquant de judo qui lui avait brièvement tâté de la boxe anglaise avant de vite raccrocher les gants en raison de « la mentalité de l’entraîneur ». Rien à voir avec l’ambiance bienveillante du catch made in Recouvrance, éloigné de tout esprit de compétition et où, à l’image d’Éléonore, 18 ans et benjamine du groupe, les licenciés hommes et femmes sont loin de tous ressembler à des armoires à glace.

Alexandre anime avec son compère Pascal les entraînements du lundi, du mercredi et du vendredi, où les nouvelles recrues apprennent à « chuter et mettre des coups sans blesser ». « On débute par du cardio, des étirements, divers exercices pour échauffer les articulations, des roulades et des roues pour gagner en souplesse, avant d’aborder vraiment la technique catch » précise ce fan du combattant américain The Rock. Sur le ring, lui-même devient « Léon, le dentiste inca », en référence à sa tenue et sa technique du coup de genou dans la mâchoire. « Je possède aussi un personnage caché, à ne pas dévoiler ! » On dira jusque que celui-ci est « tout feu tout flamme » et entretien un certain rapport avec son métier industriel...

Le catch trouve en effet sa finalité dans sa mise en scène. « Ici, ce n’est ni pour la gloire ni pour l’argent, mais pour le plaisir d’organiser des combats selon une trame, en s’y prenant des semaines ou des mois à l’avance. C’est toujours le bon contre le méchant, et comme à Guignol le public doit prendre parti. Au besoin, les catcheurs interagissent avec lui », explique Alexandre. Pas étonnant donc que les sections catch et théâtre d’improvisation fassent parfois scène commune. « La dernière fois, pour le final à trente sur le ring, on était un peu serrés ! » Les quelques centaines d’euros généralement dégagés par la recette viennent alors abonder la caisse commune du Patronage2. Les catcheurs de Recouvrance proposent aussi des exhibitions à la fac – suscitant ainsi des vocations – et participent aux « Marinades » qui animent le quartier en été.

Et les gnons ? « On retient nos coups, tout en les exagérant. Forcément il y a des doigts retournés, et plus rarement des clavicules cassées quand une chute est mal exécutée. Mais on fait tout pour l’éviter », insiste Alexandre.

C’est la moindre des choses dans un patronage laïque qui, de surcroît, accueille une Maison sport santé… « Tous les sports autrement », et c’est peu de le dire. Philippe Brenot

 

(1) En l’absence de code activité dédié, le catch est apparenté à la lutte.

(2) Le PL Recouvrance compte 450 adhérents, dont 360 licenciés Ufolep dans ses différentes sections d’activités de la forme et breakdance, badminton, tennis de table et école de sport.


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