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« Panard » met les deux pieds dans l’exception culturelle de l’Ovalie

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Connaissez-vous Roger Bourgarel, dit « Boubou », 78 ans, maire de Prunet, village de 141 habitants dans le Lauragais ? Ancien trois-quart-aile du Stade Toulousain et du XV de France, il fut le premier joueur de couleur à affronter les Sud-Africains sur leurs terres lors de la tournée de l’été 1971, enfonçant ainsi un coin dans le système d’apartheid entre Blancs et Noirs alors en vigueur. Quatre ans plus tard, on comptait deux joueurs noirs et deux joueurs métis parmi les Springboks opposés aux Bleus…

Le portrait de Roger Bourgarel est l’un des articles du dossier consacré par la revue trimestrielle Panard à « l’exception culturelle de l’Ovalie », du haka maori qui précède les rencontres des Blacks de Nouvelle-Zélande à la troisième mi-temps, fraternisation d’après-match entre ceux qui se sont rudement affrontés sur le champ. Une troisième mi-temps dont les Barbarians britanniques seraient les inventeurs et qui aurait contribué à l’enracinement du rugby sur des terres du Sud-Ouest réputées pour le sens de la fête de leurs habitants.

Mais le mythe tangue, explique Panard dans un article très bien informé du journaliste Sébastien Vaissière, qui cite de savoureuses anecdotes et pointe les excès de cette tradition devenue problématique à l’heure où tout débordement se retrouve sur les réseaux sociaux et où l’usage de la cocaïne va trop souvent de pair avec l’abus d’alcool. Quelques mois après les accusations de viol – classées sans suite – à l’encontre de deux joueurs du XV de France en tournée en Argentine, le sélectionneur de l’équipe de France Fabien Galthié justifiait l’instauration pour ses joueurs d’une charte de la troisième mi-temps interdisant l’alcool dans les vestiaires. « L’ancien prince des nuits blanches devenu gardien du temps, prêche désormais la sobriété avec la ferveur du converti », s’amuse l’auteur de l’article. « Le rugby féminin est-il encore l’avenir du ballon ovale » se demande aussi Panard, sans toutefois répondre de façon tranchée.

On trouve aussi dans cette livraison d’automne des portraits du para-athlète et sauteur en longueur Arnaud Assoumani et d’éducateurs sportifs du quotidien, des articles sur la « padelmania », « l’avenir du ski », « le sexe de la performance sportive » et une présentation de l’East Belfast Gaelic, club atypique qui en Irlande du Nord « rassemble les communautés d’un quartier majoritairement unioniste autour du hurling et du football gaélique, deux sports historiquement rattachés au mouvement nationaliste ». Le sport comme lien entre les humains, tel est bien l’esprit que « la revue qui met le sport en récit et les deux pieds dedans ». Philippe Brenot


Panard n°8, automne 2025, 19 €.
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