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Je me souviens du sport : Bernard Chenez

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Né en 1946, Bernard Chenez est connu comme ancien dessinateur-éditorialiste à L’Équipe, et désormais comme auteur de plusieurs ouvrages aux éditions Héloïse d’Ormesson. À l’occasion de la parution de Les Mains dans les poches (2018), nous l’avons interrogé sur ses souvenirs sportifs. Où l’on apprend qu’il pratiqua la gymnastique en Ufolep et fut co-pilote de rallye semi-professionnel.

Je me souviens de mon premier vélo, gagné à l’âge de dix ou onze ans grâce au « Personnage mystérieux », un jeu de Radio-Luxembourg qui suivait le chapiteau du cirque Pinder, et faisait étape à Dreux ce jour-là. Grâce à la lecture de L’Aiglon d’Edmond Rostand, j’ai démasqué le Duc de Reichtstadt et emporté un vélo trois vitesses, couleur grenat et trop grand pour moi. Pour m’y hisser, je prenais appui sur deux voitures garées côte à côte dans un parking proche de la maison.

Cette passion m’est restée, moi qui préfère les sports individuels, pour ne pas dire solitaires. Plus tard, je me suis offert un vrai vélo de course, monté tout Campagnolo, avec lequel j’ai escaladé le col du Grand Saint-Bernard.

Enfant, je me souviens aussi du Tour de France, de mon favori Federico Bahamontes, « l’aigle de Tolède », de l’élégant Hugo Koblet et de Roger Darrigade, qui gagnait toujours la première étape au sprint. Avec mes copains, nous allions découvrir le nom du vainqueur du jour sur l’ardoise qu’accrochait le vendeur de cycles à la devanture de son magasin. Puis, avec des billes et des cyclistes en plomb, nous refaisions la course dans le bac à sable du square.

Je me souviens avoir fait de la gymnastique pour corriger une scoliose. Mes parents m’avaient inscrit à l’Espérance Drouaise, le club laïque rival du club catholique de Saint-Pierre. J’aimais l’odeur de la sciure, qui amortissait nos roulades et nos réceptions aux barres parallèles.

Je me souviens avoir appris à nager dans la piscine de Châteauneuf-en-Thymerais, distante de 20 km et où je me rendais à vélo. Cinquante ans plus tard, j’ai repris la natation de manière assidue : j’entretien mon dos deux à trois fois par semaine, dans le bassin du Racing Club de France.

Je me souviens du cross au collège, avant de me faire virer en fin de 5e. Le prof de gym, un type formidable, ancien résistant, nous faisait grimper sur les collines par un raidillon très dur, avant de suivre la ligne de crête et de redescendre en passant par les abattoirs. J’adorais ça parce que je prenais de l’avance en montée, avant d’être inéluctablement rattrapé puis dépassé par les meilleurs.

Je me souviens avoir été durant quelques années copilote semi-professionnel de rallye. En 1983, avec René Defour, l’un des pilotes auquel j’ai été associés, nous avons remporté le Monte-Carlo dans la catégorie moins de 1300 cm3, sur une Talbot Samba groupe B. Puis il a fallu choisir entre le sport automobile et le dessin de presse.

Je me souviens être arrivé à l’Équipe par hasard, en 1988, après un crochet par l’éphémère quotidien Le Sport. Auparavant, je n’avais jamais vu un match de football digne de ce nom ! Ce qui m’intéressait c’étaient les à-côtés, les coulisses, avec une totale liberté. Je faisais référence au dopage, à la corruption... Et, à la mort d’Henri Salvador, que j’avais connu par l’intermédiaire d’un ami qui était l’un de ses musiciens, je me suis permis de lui rendre un petit hommage à Henri Salvador en faisant dialoguer deux personnages. « Pourquoi un dessin sur Henri Salvador dans l’Équipe ? », demandait l’un. « Parce qu’il n’y a pas que le sport dans la vie », répondait l’autre. Et personne n’y a rien trouvé à redire.


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